Secours du 5 décembre 1876
Action du poste des douanes de Kérity.
Équipage (huit marins) de la goélette norvégienne Henry sauvé.
Le 5 décembre, le poste de Kerity-Penmarck(1), sous la direction du lieutenant des douanes Cornec, est venu mettre en batterie le canon porte-amarres pour sauver l’équipage de la goélette norvégienne Henry, échouée dans la baie d’Audierne, au lieu dit Kerbavac, commune de Tréguennec, à six kilomètres de la Torche, et à cinq kilomètres de Plovan. Au premier coup, la flèche est arrivée à bord, le va-et-vient a été établi, et les huit naufragés sont descendus à terre sains et saufs.
(1) Kérity-Penmarc’h
Secours du 20 octobre 1879
Action du poste des douanes de Kérity.
Équipage (cinq hommes) du trois-mâts norvégien Irène secouru par les marins de la localité.
Le trois-mâts norvégien Irène, de 343 tonnes, ayant 13 hommes d’équipage, après avoir erré depuis le 17 octobre sans savoir où il était, est venu s’échouer vers 10 heures 30 du matin, à 300 mètres du rivage, sur la grève de Rescours. Avertis de l’événement, à 11 heures, les agents des douanes du poste de Kérity se rendirent avec le matériel de sauvetage sur le lieu du sinistre, à 5 kilomètres du port, où ils arrivèrent à midi, au moment où le dernier homme de l’Irène était mis à terre. 2 marins du navire étaient venus à terre avec une embarcation du bord, et c‘est au moyen de cette même embarcation que les marins de la localité parvinrent à sauver les 11 hommes restant de l’équipage. Quoique dans cette circonstance le matériel du poste n’ait pas été utilisé, les agents des douanes n’en ont pas moins fait preuve d’empressement et de dévouement. Ce sont les nommés Huyard, brigadier, Crozon, sous-brigadier, les préposés Le Goff, Gallo, Malissier et les marins Carro et Riou.
Secours du 22 octobre 1881
Action du poste des douanes de Kérity, de Donnart gardien-chef du phare de Penmarc’h, de Colni Henri, Floch Louis et Stéphan Nicolas.
Assistance à six sardiniers.
Six bateaux de pêche de Saint-Pierre de Guénolé(1), ayant chacun cinq hommes d’équipage, se livraient à la pêche de la sardine dans la baie d’Audierne ; surpris vers une heure un quart du soir par une tempête du sud, mer démontée, ils furent entraînés vers la grève de Porscarn(2), à un kilomètre de la Torche ; cinq d’entre eux parvinrent à atterrir, le sixième préféra prendre le large et se dirigea sur Audierne, mais tout fait craindre qu’il ai(3) sombré. Le brigadier Héliès, du poste de Kérity, accompagné des préposés Crozon, Le Marc, Touller et Riou, s’était empressé de se rendre à la grève de Porscarn ; mais il n’a pas été nécessaire de se servir des engins de sauvetage, les naufragés ayant pu arriver à terre au moment où arrivaient ces secours. Le gardien chef(4) du phare de Penmarc’h, le sieur Donnart et les nommés Colni (Henri), Floch (Louis) et Stephan(5) (Nicolas), munis du fusil de rempart, s’étaient également rendus à Porscarn dans le but de secourir les bateaux en détresse.
(1) Saint-Pierre, de Saint-Guénolé ?
(2) Porzh Carn ou Pors Carn, pour toutes les occurrences
(3) Ait ?
(4) Gardien-chef
(5) Stéphan
Secours du 20 octobre 1882
Action des gardiens du phare de Penmarc’h.
Assistance à la chaloupe Saint Pierre.
Équipage (sept hommes) recueilli par deux bateaux de pêche.
Les gardiens du phare de Penmarc’h se sont porté au secours de la chaloupe le Saint Pierre. Ayant été prévenus, vers dix heures du matin, que ce bateau avait coulé à pic à environ deux milles au sud du port de Saint-Guénolé, le gardien-chef Donnart et le gardien Maubras, accompagnés du sieur Stéphan (Michel), se rendirent sur les lieux du sinistre, où ils arrivèrent vers dix heures un quart, au moment où les sept hommes du Saint Pierre étaient recueillis par deux bateaux de pêche, qui les ramenèrent à Audierne. Quoique ces agents n’aient pas eu, par suite, l’occasion d’utiliser le fusil porte-amarre dont ils s’étaient munis, leur empressement est digne d’éloges et mérite d’être signalé.
Secours du 4 janvier 1886
Action des gardiens du phare de Penmarc’h, en complément de celle du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron.
Secours à la chaloupe La Jeanne, de Guilvinec.
Équipage (onze marins) sauvé par trois embarcations de Saint-Pierre.
En même temps que le canot de sauvetage(1) sortait pour se porter au secours de la chaloupe La Jeanne, ainsi que nous en rendons compte plus haut, les gardiens du phare de Penmarc’h, les nommés Donnart et Colin, se rendaient de leur côté sur le lieu du sinistre, où ils arrivaient à une heure et demie de l’après-midi, munis de fusils porte-amarres et des autres engins de la Société. Montés dans une embarcation, ils ont lancé une flèche qui s’est cassée, puis ont utilisé le hâle à bord(2), qui a servi au sauvetage, effectué par trois bateaux du port de Saint-Pierre.
(1) Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, de la station de Kérity
(2) Hale-à-bord
Secours du 13 décembre 1886
Action de Donnart gardien-chef du phare de Penmarc’h et de Floch Alain, Floch Bernard, Larnicol, Cloarec et Larmeaux. Secours à la chaloupe de pêche Polina, de Guilvinec.
Équipage (neuf hommes) sauvé.
La chaloupe de pêche Polina, en effectuant son retour de la baie d’Audierne à Guilvinec, son port d’attache, fut surprise par la tempête qui soufflait sur la côte et alla s’échouer à Pors-Carn(1), dans l’anse de la Torche près de Kérity-Penmarc’h. Averti à 2 heures du soir de la position critique de ce bateau, un des employés du phare se rendit sur le lieu du sinistre muni des engins de sauvetage, arriva un quart d’heure après et parvint avec l’aide des personnes présentes, en employant du hale à bord(2), à recueillir les neuf hommes d’équipage du Polina ainsi que la chaloupe elle-même.
Le nommé Donnart, gardien-chef du phare, a été aidé dans cette circonstance par les nommés Floch (Alain), Floch (Bernard), Larnicol, Cloarec, et Larmeaux.
(1) Porzh Carn ou Pors Carn
(2) Hale-à-bord
Secours du 29 octobre 1887
Action des gardiens du phare de Penmarc’h.
Secours à la chaloupe de pêche Saint Riagat de Guilvinec.
Équipage, à l’exception d’un homme, sauvé par une autre chaloupe de pêche.
À Penmarc’h (Finistère), ce sont les gardiens du phare qui se portèrent le 29 octobre, à onze heures cinquante du matin, au secours de la chaloupe le Saint-Riagat de Guilomec(1), qui ayant chaviré par une lame, était allée s'échoir à un mille environ de la côte, dans le chenal Cadout, à leur arrivée à midi. Les gardiens du phare pas plus que le canot de sauvetage de Kerity(2), comme nous le mentionnons plus haut, n'ont eu à se préoccuper du sort de l'équipage qui venait d'être recueilli par une autre chaloupe qui le conduisit à Guilomec, à l'exception d'un marin qui s'est noyé.
(1) Guilvinec, pour toutes les occurrences
(2) Kérity
Secours du 26 août 1892
Action de Jégou(1) Jacques et de son équipage.
Secours à un canot de pêche à l’entrée du port de Saint-Guénolé.Quatre marins sauvés.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance l'émouvant sauvetage que vient d'accomplir notre brave patron Jégou(2). Le 26 août, vers trois heures du matin, le patron Jégou appareillait avec son bateau de pêche, en avant de Saint-Guénolé, lorsque des appels de détresse retentirent soudain dans les brisants du côté Sud Ouest. Jégou, avec un marin de ses voisins les plus proches, Yéquel (Pierre), et ses trois fils, se porta aussitôt vers le lieu du naufrage environ à 350 mètres de là, où il aperçut trois hommes accrochés à un mât et un autre engagé dans les filets flottant sur l'eau; il s'approcha d'eux, au milieu des plus grandes difficultés, et, au moment où il recueillait les naufragés, une lame énorme s'abattait sur son canot, qui fut aux trois quarts rempli. Pendant que les uns secouraient les naufragés, les autres vidaient l'embarcation qui menaçait de couler bas; ils réussirent néanmoins à atteindre le port, où les naufragés furent l'objet de soins empressés chez le patron Auffret(3) de la station de Saint-Guénolé. Le canot de cette station est sorti également à la suite des appels de détresse, mais le sauvetage avait été si rapidement accompli et si heureusement exécuté qu'il n'y avait plus qu'à s'assurer qu’aucun autre canot n'avait besoin de secours, le port de Saint-Guénolé étant fréquenté en ce moment par quelques centaines de bateaux de pêche. Le patron Jégou s'est d'autant plus distingué dans la circonstance que les bateaux qui sortaient en même temps que lui n'ont pas osé se porter dans les brisants pour secourir les naufragés; Jégou, lui, soutient énergiquement que l'on doit toujours le faire, quitte à rester avec eux. Le patron Jégou, une fois de plus, a fait honneur à la Société centrale de Sauvetage, dont il commande un des canots.
Veuillez recevoir, Monsieur le Président, etc., etc.
Courtel. Lieutenant des douanes, Secrétaire du Comité.
(1) Également patron du canot de sauvetage de la station de Kérity
(2) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(3) Auffret Louis-Napoléon, patron du canot de sauvetage de la station de Saint-Guénolé
Secours du 3 décembre 1894
Action d’Auffret Louis-Napoléon et de Stéphan Jean.
Un homme sauvé.
Le 3 décembre, vers sept heures du soir, des cris d’appel se firent entendre, paraissant provenir du milieu du port. Le patron Auffret(1), du canot de sauvetage, et le sieur Stéphan (Jean), se débarrassèrent de leurs effets et se jetèrent à la mer, malgré le froid très vif et la nuit noire. Ils virent bientôt un homme inerte, dont la tête sortait à peine de l’eau, ils manoeuvrèrent avec prudence pour le saisir, mais lui se raccrocha à ses sauveteurs en désespéré, et paralysant leurs mouvements ; ils allaient peut-être succomber, car dans l’eau depuis plus d’un quart d’heure, l’engourdissement les gagnait, quand arriva une embarcation qui put tous les recueillir.
(1) Auffret Louis-Napoléon
Secours du 28 mars 1896
Action de Kerloch Alain.
Une personne sauvée.
Monsieur le président,
Le 28 mars dernier, le vent soufflait en tempête ; pendant que votre canot de la station de Kérity sauvait deux personnes montées sur des dromes en détresse, le patron Kerloch (Alain), en sauvait une troisième à laquelle le canot de sauvetage ne pouvait immédiatement porter secours. Il a couru dans cette circonstance un danger sérieux et le grand mât de son embarcation a été cassé.
Veuillez, etc., etc.
Cosmao-Dumenez, Député du Finistère.
Secours du 4 septembre 1898
Action d’Auffret Louis.
Un enfant sauvé.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous apprendre la belle action que vient d’accomplir le fils de notre patron du bateau de sauvetage, un enfant de onze ans et demi, Louis Auffret. Voici dans quelle circonstance : Il se déshabillait dans un bateau du port pour prendre un bain, quand ses camarades lui montrèrent, à quelque distance, un enfant qui se noyait. C’était le jeune Budoc (Guénolé), de 8 ans, qui, parti du bord, avait perdu pied et commençait à disparaître sous l’eau. Louis Auffret, qui sait nager, sauta sur le champ à sa recherche, et fut assez heureux pour le ramener en nageant des pieds et d’une main. Il était temps : le jeune Budoc se trouvait déjà étourdi par l’eau bue et la suffocation. J’ai tenu, Monsieur le Président, à vous informer de cet acte de courage, de décision et de sang-froid, si surprenant chez un enfant de onze ans, mais si naturel chez le fils d’un tel père. Les faits se sont passés ce soir vers 5 heures, entre la jetée et les sables, face à la maison-abri du bateau de sauvetage.
Veuillez, etc.
Aug. Dupouy, fils(1)
(1) Professeur et écrivain.
Secours du 1er novembre 1898
Action de Jégou Joseph, Le Gall Alain et de leurs équipages.
Secours au canot de pêche Ave Maris Stella.
Six marins sauvés.
Monsieur le président,
Hier à 11 h. 45, un sinistre est arrivé en face du port de Saint-Guénolé, à l'endroit appelé P.L.M. Le canot de pêche « Ave Maris Stella » n° 1660 du quartier de Quimper composé de cinq hommes et un mousse, patron Tanniou (Jacques), venant de la baie d'Audierne faire la pêche à la sardine, allait rentrer au port de Saint-Guénolé, vendre le produit de sa pêche, lorsque, tout à coup, en passant le P.L.M. une grosse lame tombe sur le malheureux canot et l'engloutit. Le bateau sombré, les hommes composant l'équipage sont à l'eau, chacun d'eux cherche à se raccrocher aux épaves en attendant les sauveteurs. La mer était très grosse, le vent était Nord-Ouest, c'est vous dire qu'à Saint-Guénolé la mer était démontée. Le patron Jégou (Joseph), de la chaloupe « Saint-Joseph », n° 1376 du quartier de Quimper, attaché au port de Kérity, sortait de la baie d'Audierne avec de la sardine, qu'il allait vendre à Concarneau, se trouvant déjà à un mille ½ de Saint-Guénolé et en avant d'autant du canot de pêche « Ave Maris Stella » lorsque tout à coup, tournant la tête du côté de Saint-Guénolé pour voir si d'autres bateaux faisaient même route que lui, il aperçoit une lame qui venait de couvrir complètement un canot, il n'aperçoit plus rien de l'embarcation, elle avait disparu. Jégou (Joseph), qui ressemble beaucoup à son père et dont le courage ne faiblit pas, dit tout de suite à son équipage : « Un bateau sombre à l'entrée du port de Saint-Guénolé, au P.L.M., il faut virer de bord et aller sauver les hommes. Aussitôt dit, aussitôt fait et en moins de dix minutes Jégou (Joseph), est arrivé à temps pour dégager le mousse qui était déjà entortillé dans les filets. Grâce à l'habileté de Jégou(1) et de son équipage, l'enfant qui allait périr a pu être dégagé et embarqué dans la chaloupe. Jégou (Joseph), avait déjà sauvé le mousse et deux matelots, quand Le Gall (Allain(2)), patron de la chaloupe 1689, sortant de la baie d'Audierne, avec de la sardine et se dirigeant sur Concarneau, aperçoit aussi le canot chaviré, il change de direction et fait cap sur le canot sombré. Le Gall (Allain) et son équipage ont sauvé le reste de l'équipage du canot sombré. Les deux sauveteurs, certains qu'ils avaient tout l'équipage du canot submergé à bord, font route tout de suite vers le port de Saint-Guénolé, où ils déposent les naufragés qui étaient encore sous l'influence de la fièvre, se dirigent vers deux ou trois maisons où on leur fait prendre quelque chose de chaud et revêtir d'autres effets. Les sauveteurs ont été acclamés par les personnes qui ont vu le courage et le dévouement de ceux-ci pour sauver leurs semblables.
Veuillez, etc., etc.
Le Président du Comité local, Collin.
(1) Jégou Joseph
(2) Alain, pour toutes les occurrences
Secours du 26 juillet 1900
Action du chef guetteur Salou, de son fils Jérôme et de Caoudal.
Quatre mousses sauvés.
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que jeudi 26 juillet, à trois heures du soir, quatre mousses, Lucas (Yves), âgé de neuf ans; Stéphan (Jean-Marie), âgé de neuf ans ; Loussouarn (Adolphe), âgé de huit ans, et Calvez (François), âgé de huit ans, profitant de l'absence de leurs parents occupés au travail de la récolte, trouvèrent au port de St-Pierre un canot à flot avec ses voiles hissées, larguèrent le câblot et partirent au large faire la pêche. Ils allèrent mouiller près de la balise « Méan-Guen » où la mer est toujours houleuse, et où tant de marins du pays ont perdu la vie. Tout à coup, une forte brise du nord-ouest s'éleva et la mer se fit très grosse, les menaçant de les engloutir à chaque instant, Le chef guetteur surveillait leurs manœuvres. Les voyant faire des signaux de détresse, et voyant le grand danger qu'ils couraient il prit au plus vite un canot, et aidé de son fils, Jérôme SALOU âgé seulement de neuf ans, et de M. Caoudal propriétaire de l'Hôtel du phare, se porta à leur secours. Ce n'est qu'en courant de grands dangers que le canot réussit à les accoster, étant à chaque moment couvert par les lames. Il était temps, car les pauvres enfants allaient disparaître avec leur embarcation qui était remplie d'eau et dérivait sur les roches. Je vous prie, Monsieur le Syndic, de signaler cet acte de sauvetage à qui de droit.
Le Moigne, gardien de phare et Riou, second guetteur, témoins du sauvetage.
Secours du 25 mars 1902
Action de Mantelet François, quatorze ans.
J. Salaün, neuf ans, sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le 25 mars dernier un jeune enfant de neuf ans nommé J. Salaun(1), habitant Saint-Pierre Penmarc'h jouait avec une plate à environ vingt mètres de la cale lorsque son aviron venant à lui échapper, il perdit l'équilibre et tomba à la mer ; l'enfant ne savait pas nager. Par bonheur le jeune Mantelet (François), fils du maître du phare d'Eckmühl, voyant le danger et n'écoutant que son courage, se jeta résolument à l'eau, parvint à sauver le petit naufragé qui allait couler et à le ramener sur la cale où les soins nécessaires lui ont été donnés par les femmes des guetteurs et des gardiens de phare. Le jeune Mantelet est âgé de quatorze ans et a obtenu un témoignage officiel du Préfet Maritime du 2e arrondissement.
Veuillez agréer, etc., etc.
Le chef guetteur, Secrétaire-Trésorier du Comité local, Y. Salou.
(1) Salaün
Secours du 30 mai 1903
Action de Briec Sébastien et de ses enfants.
Trois pêcheurs sauvés.
Monsieur le président,
Samedi, 30 mai 1903, le nommé Briec (Sébastien) et ses deux fils allaient essayer de lever leurs paniers à homards au large Saint-Guénolé. La mer était très grosse; il ventait tempête de l'O.N.O. Ces trois pêcheurs, bien que très courageux, ne purent atteindre l'endroit où se trouvaient leurs engins, leur gagne-pain; aussi ces pauvres malheureux furent-ils obligés d'abandonner leur projet et de revenir, car la mer grossissait de plus en plus, et le vent redoublait de force. Arrivés à environ deux milles du port, Briec(1) aperçut une masse noire qui montait et baissait avec la grosse houle, qu’ils reconnurent bientôt pour un canot. Des hommes étaient cramponnés au bateau chaviré. Briec dit alors à son jeune fils : « viens et prends la barre, écoute ce que je te recommanderai, et pas de fausse manoeuvre. » Sautant à l'avant de son canot, il se mit à crier : « Courage, camarades, nous arrivons. » Une minute après, il amenait sa misaine et accostait le canot chaviré. Un des naufragés dit en reconnaissant Briec : « Viens vite nous sauver, nous sommes à bout de force, nous n'en pouvons plus, voilà plus d'une heure que nous sommes là; viens vite, les camarades ont perdu tout espoir et ont déjà fait leur dernière prière. » Avec la grande houle et le grand vent qu'il faisait, Briec eut beaucoup de peine, aidé de son fils aîné, à embarquer les trois hommes, qui furent changés de vêtements et ramenés à terre au plus vite.
Le Président du Comité local, Collin.
(1) Briec Sébastien
Secours du 1er juin 1903
Action des enfants Bariou Nonna, Garrec Corentin, Floc’h Nonna, Larnicol Vincent, Biger Pierre, Loussouarn Adolphe.
Trois enfants sauvés.
Lundi, 1er juin à six heures trente du soir, trois mousses, Calvez (Laurent), cinq ans, Calvez (Pierre), sept ans, Lay(1) (Pierre), neuf ans, s’amusaient avec une plate dans le port de Saint-Pierre-Penmarc'h ; tout à coup l'aviron leur échappe des mains, et les pauvres enfants, poussés par un fort vent du N.-E., partent en dérive. Ils veulent mouiller une pierre frappée sur un câblot, mais malheureusement la pierre se détacha et le câblot leur resta dans les mains. Tous les marins se trouvaient sortis pour la pêche. Heureusement six mousses arrivent, s'emparent d'un canot au plus vite et vont à sept heures du soir à la recherche de leurs camarades en danger. Ce sont Bariou (Nonna), treize ans, Garrec (Corentin), quinze ans, Floc’h (Nonna), treize ans, Larnicol (Vincent), douze ans, Biger (Pierre), douze ans, Loussouarn (Adolphe), treize ans. Ces courageux enfants atteignent la plate à trois milles, dans le sud-ouest du phare ; il était temps, un des mousses, Lay (Pierre), resté sourd après une maladie s'était dévêtu, et bien que ne sachant pas nager, il allait se jeter à l’eau. Les deux autres étaient cramponnés à la plate, épouvantés, et on ne put leur faire lâcher prise qu'avec de grandes difficultés. Les vents étant très forts et debout pour revenir, ces six courageux sauveteurs n'étaient rentrés au port qu'à neuf heures trente-cinq du soir, très fatigués. Ils furent acclamés par les personnes présentes et les parents des enfants.
Le Chef Guetteur, Secrétaire du Comité local, Y. Salou.
(1) Le Lay, pour toutes les occurrences
Secours du 4 juin 1903
Action de Jégou Jacques(1), âgé de douze ans et demi.
Trois fillettes sauvées.
Monsieur le président,
Le 4 juin, vers quatre heures et demie du soir, le jeune Jégou (Jacques), fils de l'ancien patron et frère du patron Jégou (Joseph), se trouvait sur la grève ouest à environ 500 mètres de la cale de Kérity, lorsqu'il fut surpris tout à coup par un cri de voix « au secours ! » qui venant de dessus un rocher appelé « Kernéhué », distant de la grève de 200 mètres. La mer était très grosse et il soufflait tempête du N.-O. Le jeune Jégou(2), qui tient de famille, a l'ouïe très fine et les yeux d’une grande vivacité, aperçoit sur le rocher Kernéhué trois fillettes qui appelaient et faisaient des signaux avec des mouchoirs. La mer montait très vite et les trois fillettes très occupées à ramasser des coquillages, avaient été surprises par la mer qui les avait entourées. Le jeune Jégou (Jacques) courut immédiatement vers le quai de Kérity, prit une plate et s'en vint à la godille suivant la grève, luttant contre le vent et la mer pour atteindre le rocher. Après beaucoup d’efforts et de fatigue il arrive près du rocher qui était déjà couvert et fait embarquer avec précaution les trois fillettes dans son frêle esquif qui menaçait à chaque moment de se remplir. Jégou (Jacques) s'empresse de quitter ce mauvais endroit, reprend son aviron pour godiller et conduit la plate vers la grève où il débarque les trois enfants en pleurs. Il est fier de la belle action qu'il vient d'accomplir et oublie la fatigue et les peines ressenties. Si le petit sauveteur ne s'était pas trouvé sur la grève à cette heure et s'il n'avait pas agi comme il l'a fait, les trois fillettes certainement seraient devenues des victimes de la mer. La grève de ce côté-là est rarement fréquentée. Ce petit mousse, qui n'a que douze ans et demi, sera un brave comme son père et ses frères.
Le Président du Comité local, Collin.
(1) Fils de Jégou Jacques, ancien patron du canot de sauvetage de la station de Kérity
(2) Jégou Jacques
Secours du 24 septembre 1903
Action de Souron Louis.
Un mousse sauvé.
Monsieur le Président,
Le 24 courant, le bateau Saint Guénolé rentrait de la pêche et venait prendre son corps-mort, lorsque le mousse Tannière (François), âgé de 14 ans, fut précipité à la mer. Le nommé Souron (Louis), âgé de 19 ans, se jeta à l’eau tout habillé, sans penser au danger, et, après avoir nagé une vingtaine de mètres, réussit à rejoindre le pauvre mousse, qui disparaissait déjà entre deux eaux. Souron plongea et réussit à le saisir et à le maintenir sur l’eau, jusqu’à l’arrivée d’un bateau. Souron était exténué, lorsqu’il fut sorti de l’eau.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Secours du 19 octobre 1903
Action de Carval Alain et Lelgouach Jean.
Équipage (cinq hommes) de la chaloupe de pêche Souris sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous informer que, le 19 octobre dernier, à 9 heures 30 du soir, par tempête du Sud, nuit noire, mer très grosse, la chaloupe de pèche « Souris », du port de Saint-Guénolé montée par 5 hommes d'équipage, patron Jégou, a chavirè à l’entrée du port sous la violence de plusieurs coups de mer. Le bateau coulé entre deux eaux, allait se jeter sur les récifs de l'île Conq lorsque les sieurs Carval (Alain), canotier de sauvetage de la station de Saint-Pierre-Pennmarc'h, et Lelgouach (Jean), entendant des cris, prirent à la hâte leur petit canot et, n'écoutant que leur courage, sans tenir compte du danger qu'ils allaient courir, se dirigèrent sur le lieu du sinistre. Après avoir essuyé plusieurs coups de mer, ils réussirent à sauver, non sans peine, les 5 personnes du bateau naufragé : les pauvres marins se trouvaient tous dans l’eau se maintenant sur des filets parmi les brisants. Malheureusement le brave Carval (Alain), en pêchant le dernier des naufragés est projeté par une lame qui le projeta de l'avant à l'arrière de son canot sur le collier en fer qui sert à maintenir le mât. Il en résulte pour lui une horrible plaie à la jambe gauche, qui le force à garder le lit pendant six semaines au moins. Le patron Carval Alain, canotier dévoué de notre station, père d'une nombreuse famille, se trouve par suite dans la gêne pour ne pas dire dans la misère.
Le Chef Guetteur, Secrétaire du Comité local, Y. Salou
Secours du 23 septembre 1904
Action de Tanniou Vincent.
Équipage (dix hommes) de la chaloupe de pêche n° 1668 de Lesconil, sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous faire connaître que vendredi 23 courant, à 5h. ½ du soir, la chaloupe de pêche « 1668 » de Quimper, patron Le Cap, du port de Lesconil, en revenant de la baie d'Audierne, s'est jetée sur une roche dite « La Truie » à un mille environ du port. Le bateau chavira aussitôt et l'équipage fut précipité à l'eau. Tanniou (Vincent), sous-patron du canot de sauvetage de Saint-Pierre-Penmarc'h, qui se trouvait sur le rivage, à proximité de l'accident, prit immédiatement son canot et, malgré le danger et.de grandes difficultés (ces parages étant très dangereux), se rendit seul sur le lieu du sinistre. Il réussit à sauver les dix hommes composant l'équipage qui se trouvaient dans l'eau, cramponnés à la quille du bateau. Les naufragés furent ramenés à terre dans le canot du brave Tanniou et reçurent les soins nécessaires à leur état.
Le Secrétaire du Comité local, Yves Salou, Chef guetteur.
Secours du 30 avril 1905
Action de Gourlaouen Louis.
Assistance à la chaloupe de pêche Saint Antoine de Padoue.
Monsieur le président,
J’ai l'honneur de porter à votre connaissance le fait suivant : le 30 avril, vers 3 heures du matin, par forte tempête de S-O, le patron de chaloupe Gourlaouen (Louis), canotier de la station, revenait de la pêche lorsqu'il entendit crier dans la direction des Etocs(1).Il mit cap sur ces rochers et trouva la chaloupe « Saint-Antoine-de-Padoue », patron Tannion(2), complètement désemparée. Gourlaouen(3), qui avait des voiles de rechange à son bord, les passa à l’embarcation en danger qui put ainsi regagner le port par ses propres moyens.
Le Maire, Membre du Comité local, Poirier.
(1) Étocs
(2) Tanniou
(3) Gourlaouen Louis
Secours du 15 mai 1905
Action de Stéphan Jean-Louis.
Un homme sauvé.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous signaler l’acte de dévouement suivant. Le 15 mai, vers 8 heures du soir, un sieur Béchennec (Jean-Louis) étant en état complet d’ébriété, embarqua dans une plate dans le port de Saint-Guénolé et s’en allait à la dérive. À environ 300 mètres du môle, il tomba à la mer et resta accroché à la plate par ses vêtements. Il avait la tête à moitié sous l’eau et, vu son état d’ivresse il lui était impossible de remonter à bord. Près d’une centaine de personnes étaient sur le môle et au nombre de celles-ci se trouvait le jeune Stéphan (Jean-Louis), dix-neuf ans, excellent nageur, très courageux qui se jeta vaillamment à la mer . Au bout d’un quart d’heure, il accostait la plate et réussissait non sans peine à monter à bord. Après beaucoup d’efforts, il parvint à rembarquer Béchennec qui avait déjà absorbé une assez grande quantité d’eau de mer. Quelques secondes de plus, il était trop tard.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Secours du 14 août 1905
Action de Calvez Charles, Tanter Henri, Tanneau Pierre-Marie et Cossec Guillaume.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le 14 courant vers 2 heures du soir, un nommé Gallo (François), marin-pêcheur à Saint-Pierre-Penmarc'h, quittait le port avec une plate pour visiter ses filets au large de la pointe ; arrivé près de l'île Nonna, à environ un mille du port, il reçut un paquet de mer qui fit chavirer sa plate et précipita le matelot Gallo(1) à l'eau. Ne sachant pas nager, ce marin poussait des cris désespérés, demandant du secours. Ayant aperçu le sinistre, je me mets en devoir de faire sortir le canot de sauvetage ; mais tous les marins étaient partis, soit pour Audierne ou Concarneau, chercher la sardine qu'ils ne trouvent malheureusement pas. Heureusement le bateau « n° 2094 Q », patron Calvez (Charles), canotier de sauvetage de notre station, rentrait au port compléter sa provision de rogues et, au premier avis, s'est rendu sur les lieux du sinistre et a réussi, non sans danger, à sauver le pauvre Gallo qui, fatigué, avait quitté sa plate et coulait à pic. Voici les noms des sauveteurs : Calvez (Charles), patron, canotier de sauvetage de notre station ; Tanter (Henri), marin ; Tanneau (Pierre-Marie), marin ; Cossec (Guillaume), marin.
Le Secrétaire du Comité local, Y. Salou, Chef guetteur.
(1) Gallo François
Secours du 12 février 1906
Action de Buannic Jean-Joseph et de son équipage.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
Ce matin, vers 9 heures, par forte brise de Nord et grains de neige, Jégou (Jacques), ancien patron du bateau de sauvetage, naufragé il y a huit jours, se trouvait près de Ar Veorch, rocher situé au Nord des Etocs(1), en train de relever ses casiers à homards lorsqu'il chavira par suite d'une rafale. Personne n'avait vu l'accident. Heureusement qu'il put s'accrocher à la pointe du mât et que le canot resta entre deux eaux, car il dériva dans le Sud des Etocs et allait s'engloutir sur le Petit Bervette qui brisait. Buannic (Jean-Joseph), patron du « Notre-Dame de la Pointe du Raz n° 2383 », posait ses filets près de Men-pen-Bleis; en levant la tête, il aperçut le naufragé et courut aussitôt pour opérer le sauvetage. Il était temps, car Jégou(2) était presque sans connaissance ; il fut dix minutes sans pouvoir parler. Buannic(3) le déshabilla et l'habilla de vêtements secs. Il revint immédiatement conduire le naufragé à Kérity et retourna aux Etocs pour sauver le canot chaviré. Équipage sauveteur : Buannic (Jean-Joseph), patron ; Buannic (Yves), Buannic (Joseph), Gourlaouen (François), et Balc'h (Adolphe).
Le Maire de Penmarc’h, Président du Comité local, Poirier.
(1) Étocs, pour toutes les occurrences
(2) Jégou Jacques
(3) Buannic Jean-Joseph
Secours du 15 mai 1906
Action de Jégou Thomas et de son équipage.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
Hier vers 7 heures du soir, le nommé Le Roux (Sébastien), marin du 2018, « Dieu protège son équipage », se trouvait en retard pour embarquer à son bord . Il essaya de rejoindre sa chaloupe à l'aide d'une plate . Arrivé dans le chenal de la Jument par le travers du « Runier(1) », il perdit son aviron. La mer était très clapoteuse et il ventait forte brise de N.-E. : la plate allait en dérive vers le large . Ne voyant aucune embarcation près de lui et ne pouvant se faire apercevoir de Kérity distant d'un mille au moins il se déshabilla, se jeta à l'eau et nagea vers le port, la mer était haute à ce moment . Heureusement pour le naufragé que le « Souvenir » n° 1925, patron Jégou (Thomas), arrivait vent arrière. Il lança au naufragé une bouée que celui-ci ne put atteindre. Jégou(2) vira de bord, mais il ne put se rapprocher de Le Roux(3). Ce ne fut qu'au troisième bord que le « Souvenir » passa à proximité du naufragé à bout de force. Voyant cela Jégou donna la barre à un de ses hommes et se lança à l'eau tout habillé en commandant de mettre, un aviron à la mer ; il nagea vers l’infortuné et put le mettre sur l’aviron en attendant que le « Souvenir » ait manœuvré pour prendre les deux hommes. Jégou (Thomas) fit vêtir le naufragé et vint le débarquer à Kérity. Sans le dévouement du patron du 1925, la mer eût certainement compté une victime du plus. Équipage du « Souvenir » : Jégou (Thomas), patron, ancien canotier de sauvetage ; Le Corre (Robert), Le Gall (Joseph), Le Gall (Alain), Coïc (Jean), Le Goff (Pierre), Le Pape (Jean) père, Gloaguen (Jacob) et Le Pape (Jean) fils, mousse .
Le Maire de Penmarc’h, Président du Comité local, Poirier.
(1) Runiec
(2) Jégou Thomas, pour toutes les occurrences
(3) Le Roux Sébastien
Secours du 14 septembre 1906
Action de Kerloc’h Yves-Joseph, Le Floc’h Nonna, Le Roux Vincent, Tanneau Thomas, Canévet René, Tanniou Alain, patrons, et de leurs équipages .
Sept marins sauvés.
Monsieur le président,
Le 14 septembre, vers 6 heures et demie du matin, deux bateaux furent remplis par une lame et coulèrent. Les équipages jetés dans les brisants du chenal de Gourmilly(1) doivent la vie à l'assistance d'un groupe de bateaux de pêche qui se sont réellement dévoués. Les bateaux coulés sont le « Saint Nicolas » n° 2203, de Guilvinec, patron Prat (Jean), et « Aventure », de Guilvinec, patron Monfort (Pierre-Jean). Les hommes sauvés sont au nombre de sept . Les bateaux sauveteurs sont : « Boer » n° 2429, patron Kerloch(2) (Yves-Joseph), patron du canot de Saint-Pierre et ses 5 hommes. « Saint-Nonna » n° 1579, patron Le Floch(3) (Nonna) et ses 5 hommes d'équipage . « Espérance » n° 2165, patron Le Roux (Vincent) et ses 6 hommes d'équipage. « Adolphe-Augustine » n° 1850, patron Tanneau (Thomas) et ses 5 hommes d'équipage . « La Biche » n° 2204, patron Canevet(4) (René) et ses 5 hommes d'équipage . « Marie-Augustine » n° 1797, patron Tanniou (Alain) et ses 5 hommes d'équipage . (Ce dernier, paraît-il, a été plus exposé que les autres.) Notre canot est arrivé trois minutes trop tard, comme je l'ai indiqué dans l'autre rapport ; il était en surveillance à l'entrée de la grande passe. J'ai félicité tous ces gens en votre nom et en mon nom personnel, et ai avisé l'autorité supérieure maritime.
Le Syndic des gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
(1) Groumilly
(2) Kerloc’h
(3) Le Floc’h
(4) Canévet
Secours du 14 septembre 1906
Action de Canévet René et de son équipage.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
Le 14 septembre, à 8 h. ½ du matin, le nommé Canévet (René), patron du bateau « la Biche » n° 233, du port de Kerity(1), se trouvait à aller à la pêche vers la pointe de Saint-Guénolé auprès des roches au passage Louarn, lorsque tout à coup il vit deux bateaux de pêche du Guilvinec chavirer et couler à pic. Aussi le patron Canévet(2) donna l'ordre à ses hommes de mettre le cap sur les naufragés et, arrivés au bout de quelques instants sur le lieu, ils eurent la chance de saisir un des naufragés, Le Tallec, marin à bord d'un bateau de Guilvinec. Le Tallec allait disparaître à bout de force, n'en pouvant plus. Voici les noms des marins qui ont pris part au sauvetage : Canévet (René), patron ; Le Pape (Henri), Le Pape (Hervé), Liguier (Pascal), Cloarec (Jean),
Tauter(3) (Sébastien), marins.
Le Président du Comité local, Poirier, Maire.
(1) Kérity
(2) Canévet René
(3) Tanter
Secours du 15 septembre 1906
Action de Tanniou Alain et de son équipage.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
Le nommé Tanniou (Alain), patron du bateau « Marie-Augustine » n0 1797, du port de Kerity(1), allait à la pêche vers 8 h . ½ du matin et se dirigeait vers la passe dite Louarn, lorsqu'il vit un bateau de Lesconil qui coulait à pic ; il fit diriger son bateau immédiatement sur les lieux de l'accident et eut la chance de sauver un homme qui ne donnait presque plus signe de vie. Il le fit déshabiller, frictionner et réchauffer. Arrivé à terre, il le fit transporter dans un bon lit ; il déclara alors qu'il se nommait Monfort de Lesconil. J'ai l'honneur de vous signaler la conduite du patron Tanniou(2) et des hommes qui l'accompagnaient qui, au péril de leur vie, ont sauvé cet homme . Voici la composition de l'équipage de la « Marie-Augutine » : Tanniou (Alain), patron ; Drézen (Corentin), Guiniec(3) (Guillaume), Lautredan(4) (Jean) père, Nona(5) et Lautredan(6) fils.
Le Président du Comité, Poirier, Maire.
(1) Kérity
(2) Tanniou Alain
(3) Guirriec
(4) Lautrédou
(5) Nonna
(6) Lautrédou
Secours du 26 mai 1907
Action de Gal Sébastien et Gourlaouen Adolphe.
Un enfant sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous signaler le fait suivant : Dimanche 26 mai, vers 3 heures du soir, le jeune Nonna Drézen, âgé de cinq ans, jouait à bord du sloop « La Ville d’Is », en déchargement dans notre port, lorsqu'il tomba à la mer, haute à ce moment. Les mousses Gal Sébastien (14 ans) et Gourlaouen Adolphe (15 ans) accoururent aux cris du naufragé ; ils se jetèrent à l'eau tout habillés et furent heureux de remonter le gamin sur le quai et de le remettre entre les mains de son père.
Dr Plouzané, Médecin de 1re classe de la marine de réserve, Conseiller général, Président du Comité de sauvetage.
Secours du 28 octobre 1907
Action de Correc Félix et de son équipage.
Six marins sauvés.
Monsieur le président,
Dans la soirée du 28 octobre, la chaloupe de pêche « Saint-Pierre », patron Calvez, de Kérity, revenait de la baie d'Audierne. Le vent « soufflait avec violence du S.-O. et la mer était affreusement démontée. En passant près des « Villers », plateau rocheux qui se trouve à un mille à l'Ouest de Kérity, une lame brisa sur le Saint-Pierre ; l'embarcation coula immédiatement. La chaloupe « Anna-Marguerite », patron Correc(1), passait dans ces parages en même temps ; se porter au secours des naufragés était dangereux, car ils se trouvaient au milieu d'une mer d'écume. Correc n'hésita pas, en passant il jeta aux hommes du « Saint-Pierre » des avirons et des poutres ; il vira de bord et, après une demi-heure d'efforts, ayant manqué de couler plusieurs fois, il embarqua les six naufragés à son bord. L'« Anna-Marguerite » avait à peine quitté l'endroit du naufrage, qu’une lame énorme déferla sur le bateau et le remplit à moitié. Les deux cents spectateurs qui suivaient les péripéties du sauvetage du quai de Kérity croyaient bien que les deux équipages étaient au fond de la mer. Il était pénible d'entendre alors les lamentations déchirantes de celles qui se croyaient déjà veuves et de leurs enfants ! Pendant une minute, l’« Anna-Marguerite » resta invisible, minute bien longue... Enfin elle reparut sur les flots et arriva à Kérity une demi-heure plus tard. Grâce au courage et au sang-froid de Correc et de son équipage, six personnes ont été sauvées d'une mort certaine, car la mer était tellement grosse que les naufragés, cramponnés aux espars, en étaient enlevés à chaque coup de houle. Équipage de l’« Anna-Marguerite » : Correc (Félix), patron ; Talbot (Eugène), Boënnec (Charles) ; Correc (Sébastien), Le Coz (Michel), matelots, et Jégou (Gustave), mousse .
Le Président du Comité local, Dr Plouzané, Conseiller général.
(1) Correc Félix, pour toutes les occurrences
Secours du 4 novembre 1907
Action de Floch Bernard.
Un enfant sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le 4 courant, vers deux heures du soir, un enfant de quatre ans, nommé Bouguéon Henri, en jouant sur la cale de Saint-Pierre Penmarc'h tomba à l'eau, profonde d'environ 2 mètres, et disparut aussitôt. Heureusement, un nommé Floch (Bernard), patron du canot « France et Russie », rentré au port quelque temps avant, se trouvait sur la route et s'aperçut de la disparition subite de l'enfant . Il s’empressa de se rendre sur les lieux et plongea sur l'enfant qu'il parvint à ramener à la cale. L'enfant était inanimé, et ce n'est qu'au bout d'une heure de soins qu'il put être ramené à la vie après avoir vomi une grande quantité d’eau. L'action de ce brave patron est d'autant plus louable qu'il sortait de déjeuner; ce sauvetage a été signalé à la marine.
Le Secrétaire du Comité, Yves Salou, Chef guetteur.
Secours du 21 janvier 1908
Action de Le Roux Étienne et Tirilly Alain.
Deux marins sauvés.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous signaler les faits suivants : Le 21 janvier à 4 h. 30 du soir, Stéphan (Jean), patron de la « Philomène », revenait avec son frère de lever ses casiers à homards . Il ventait forte brise du S.-E. et la mer était démontée. Une saute de vent fit chavirer la « Philomène » au lieudit Penvidik(1), à 500 mètres de la côte entre Kérity et Guilvinec. Le Roux (Étienne) et Tirilly (Alain) qui chargeaient du goémon virent le naufrage se produire ; ils mirent à l'eau une plate qui se trouvait à leur portée ; n'ayant pas d'aviron ils pagayèrent à l'aide d'une pelle. Lorsqu'ils arrivèrent sur le lieu du naufrage, les deux malheureux engagés dans la voile coulaient. Il fallut les appréhender par les cheveux pour les hisser dans la plate . Grâce au sang froid de Tirilly(2) et de Le Roux(3), deux hommes ont été arrachés à la mort.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.
(1) Penvidik ?
(2) Tirilly Alain
(3) Le Roux Étienne
Secours du 26 février 1908
Action de Guéguen Alain, Stéphan Jean, Cosquéric Jean.
Deux hommes sauvés, au moins.
Monsieur le président,
J’ai l’honneur de vous signaler, au nom du Comité, l’acte de dévouement accompli par les patrons Guéguen (Alain), 67 ans, inscrit n° 3051 ; Stéphan (Jean), 63 ans, inscrit n° 5077 ; Cosquéric (Jean), 48 ans, inscrit n° 10108 . Voici les faits : Le 26 courant, vers 11 heures du matin, Guéguen qui se trouvait sur la grève vit une plate chavirer près du Louarn, dans les brisants de Saint-Guénolé. Il court aussitôt vers la grève, trouve Cosquéric et Stéphan qui n’hésitèrent pas à mettre une plate à l’eau et aller au secours de leurs camarades. Ce n’est qu’au bout de vingt-cinq minutes de nage qu’ils parvinrent à les trouver cramponnés sur la quille de la frêle embarcation et transis de froid. Vers midi, les sauveteurs et les sauvés étaient à terre sains et saufs. La mer n’était pas bien grosse, mais très clapoteuse pour une si frêle embarcation, mais vu le grand âge de Guéguen et Stéphan, leur conduite mérite tout éloge ainsi que celle de Cosquéric. Stéphan a déjà trois médailles de la Marine et n’est pas à son coup d’essai, aussi le Comité est heureux de signaler ces braves à votre attention.
Le Président du Comité local, Miroux.
Secours du 7 mai 1908
Action de Ropars Armand et de Stéphan Nonna.
Un enfant sauvé.
Monsieur le président,
J’ai l’honneur de vous signaler le fait suivant : Le 7 mai 1908, vers 10 h. 30 du matin, le jeune Tanniou, âgé de 6 ans, s’amusait avec deux petits camarades, les jeunes Ropars (Armand), âgé de 8 ans et demi, et Stéphan (Nonna), âgé de 9 ans, sur le bord d’un réservoir qui sert pour l’alimentation d’une usine à Saint-Guénolé. À un moment donné, le jeune Tanniou glisse et tombe dans de réservoir, profond d’environ un mètre, la tête la première et les pieds hors de l’eau . Les deux enfants, voyant cela, au lieu de s’épouvanter, de se sauver pour chercher du secours, eurent la présence d’esprit et le sang-froid de se coucher à plat ventre sur les rebords du réservoir et de saisir leur petit camarade l’un par les pieds et l’autre par la tête. Non sans peine, ils réussirent à le tirer de sa fâcheuse position. Le jeune Tanniou était suffoqué et aurait infailliblement péri sans la présence d’esprit de ces deux jeunes enfants.
Le Syndic des Gens de mer, Le Calvez, Secrétaire du Comité local.
Secours du 19 mai 1908
Action de Le Pape Hervé.
Une fillette sauvée.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous informer que samedi soir, vers 4 h. 30, la petite Jeanne Béchennec, âgée de deux ans, jouait sur la grève à 100 mètres du môle de Kérity. Il y avait forte houle, une lame roula et emporta l'enfant au large. Le Pape (Hervé), qui ramassait ses filets sur le quai, vit un morceau de vêtement flotter sur l'eau. Vite, sans se déshabiller, il se jeta à la mer, nagea vers la petite et la ramena inanimée sur la cale. Après quelques minutes de soins, la petite Jeanne revint à la vie. Sans le courage de Le Pape (Hervé), la mer eût compté une victime de plus.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin.
Secours du 18 juin 1908
Action de Simon Pierre, de Lesconil.
Un enfant sauvé.
Monsieur le président,
Je suis heureux de vous signaler un acte de dévouement accompli par Simon (Pierre), de Lesconil, dans le port de Saint-Guénolé. Vers 4 heures du soir, le jeune Seuiller(1), âgé de 7 ans, est tombé d’une plate au milieu du port de Saint-Guénolé. Simon, qui sortait avec l’équipage du Buves Mad de Lesconil, n’a pas hésité à se jeter tout habillé à l’eau et nager vers l’enfant qu’il a pu saisir. Il était temps, car il commençait à perdre connaissance. Ce fait s’est passé le 18 juin. L’équipage s’est dirigé de son côté et les a ramenés sains et saufs à terre.
Le Syndic des Gens de mer, Le Calvez, Secrétaire du Comité local.
(1) Scuiller
Secours du 23 août 1908
Action de Gourlaouen Yves et de Buannic Jean.
Un enfant sauvé.
Monsieur le président,
J’ai l’honneur de vous informer que le 23 août, à Saint-Pierre Penmarc’h, les nommés Gourlaouen (Yves) et Buannic (Jean) se sont jetés à l’eau, de la cale, tout habillés, et ont sauvé un enfant de rois ans qui se noyait. Sans leur courageuse intervention, cet enfant aurait certainement péri.
Le Syndic des Gens de mer, Le Calvez, Secrétaire du Comité local.
Secours du 2 novembre 1908
Action de Gourlaouen Yves et de Le Gall Henri.
Un enfant sauvé.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous signaler un sauvetage accompli par Gourlaouen (Yves) et Le Gall (Henri) dans le port de Saint-Guénolé. Le jeune Bariou, mousse, âgé de douze ans, puisait de l’eau à bord de son bateau mouillé en rade de Saint-Guénolé, lorsqu’en montant sur le bord il tomba à l’eau et coula. Les deux sauveteurs, témoins de l’accident, s’empressent de sauter dans une plate et réussissent à sauver l’enfant qui avait déjà bu pas mal d’eau. Gourlaouen(1) a encore participé à un autre sauvetage dernièrement à Saint-Pierre Penmarc’h.
Le Syndic des Gens de mer, Le Calvez, Secrétaire du Comité local. (1) Gourlaouen Yves |
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Secours du 2 novembre 1908
Action des douaniers Kerserho et Le Doll.
Trois marins sauvés.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance le fait suivant : Dans la nuit du 2 au 3 novembre, vers 11 heures du soir, le préposé des Douanes Kerserho se trouvait de service sur le môle de Saint-Guénolé ; la nuit était sombre. Trois marins du Guilvinec, Le Goff, Cleach et un autre marin prirent une plate pour regagner leur bateau qui était mouillé au large . Ces hommes, pris de boisson, étaient à peine arrivés à une dizaine de mètres environ que la plate chavira et nos trois hommes furent précipités à l'eau. La mer était haute, et le bout du môle était couvert d'environ 1 m. 80 d'eau . Jeter la ligne Brunel eût été peine inutile ; Kerserho quitte sa grande capote et son revolver et se met à l'eau jusqu'à la hauteur de la poitrine, puis lançant la ligne, peut en raccrocher un qu'il ramène à terre. Pendant ce temps, il appelle à son aide, et le sous-brigadier Le Doll vient pour lui prêter main-forte, et le deuxième marin est ramené à terre. Le troisième, moins ivre probablement, réussit à nager jusqu'au môle ; Kerserho descend l'escalier en fer et aide ce marin à monter. Après s'être réchauffés un peu au poste, ces marins ont regagné leur bord, en remerciant le brave employé à qui ils doivent la vie, se promettant à l'avenir de boire un peu moins. Je me suis empressé d'aller féliciter le brave préposé.
Le Syndic des Gens de mer, Le Calvez, Secrétaire du Comité local.
Secours du 14 décembre 1908
Action de Tanneau Jean et de son équipage.
Deux marins sauvés.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous signaler l'acte de courage accompli par le patron Tanneau (Jean), du canot « Eugénie » et par ses deux hommes d'équipage Béchennec (Guillaume) et Le Goff (Guillaume). Lundi 14 décembre, vers 8 heures du matin, par forte brise de S.-O., mer démontée, le canot 1513, « Notre Dame de la Joie » fut chargé par un brisant près du Cribec, à un mille et demi de Kérity. Le patron du 1513, Drézen (Baptiste), fut enlevé au premier coup de mer ; le bateau coula au second coup avec le matelot qui était resté à bord. Le patron Tanneau(1) de 1'« Eugénie » cherchait ses filets non loin de là ; voyant le danger il arma ses avirons pour venir au secours des naufragés qu'il put retirer de l'eau. Il était temps, car Drézen(2) était presque évanoui. Les hommes de l'« Eugénie » ont réellement risqué leur vie, car leur embarcation est lourde et vieille et elle eût là de la peine à se relever si par malheur elle eût reçu un mauvais coup de mer.
Le Président du Comité local, Dr Plouzané, Conseiller Général.
(1) Tanneau Jean
(2) Drézen Baptiste
Secours du 6 mars 1909
Action de Gourlaouen Louis, de Gourlaouen François et de leurs équipages.
Deux marins sauvés.
Monsieur le président,
Le 6 mars, vers 7 heures du matin, le canot « Gracchus n° 2581 » relevait ses filets à 3 milles de terre, à l'Ouest de la Jument. Le vent soufflait très fort du S.-O. avec grains de grêle et la mer déferlait. Une lame sourde remplit le « Gracchus », qui coula. Le canot « Volonté de Dieu » se trouvait à 1 mille de là, occupé à relever ses filets et dans une position assez difficile, lorsque le mousse aperçut la quille du « Gracchus » en l'air. Vite, le patron Gourlaouen (Louis) mit le cap, avec quatre ris dans sa misaine, sur le bateau naufragé et arriva juste à temps pour saisir le matelot Buannic (Louis) qui coulait. Au même instant arrivait le «Petit Louis », qui prit à son bord le patron Garrec, du « Gracchus », qui était resté cramponné à une épave. En venant au secours des naufragés une rafale faillit faire chavirer le « Petit Louis », dont l'équipage ne doit son salut qu'à l'habile manœuvre du patron Gourlaouen (François). Les naufragés furent immédiatement ramenés à Kérity, où les soins nécessaires leur furent donnés. Équipage de la « Volonté de Dieu » : Gourlaouen (Louis), patron ; Palud (Jean), Balch (Louis), canotiers et Gourlaouen (Jacques), novice.
Équipage du « Petit Louis » Gourlaouen (François), patron ; Gourlaouen (Yves) et Gall (Alain), matelots.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.
Secours du 7 février 1910
Action de Calvez Jacques et Gallo Joseph.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que, le 7 courant, vers midi 30, étant à la pointe auprès du sémaphore je vis la plate « Jean Bart » montée par Floch (Bernard), patron, et Floch (Thomas), son gendre, venant de cueillir du goémon noir sur un plateau de roches situé à environ un demi-mille de terre. Le temps était pluvieux et sombre et la mer agitée par suite de la marée montante et des vents d'Ouest soufflant assez fort en ce moment. Tout à coup la plate sombra non loin de la roche dite le « Cheval » par environ 3 mètres d'eau. Le patron, sachant très bien nager, s'était sauvé aussitôt qu'il vit ne pouvoir ramener son bateau à terre, mais il n'en fut pas de même de son matelot qui, pour ne pas rester engagé dans le goémon, chercha à le suivre mais fut obligé, après avoir fait une dizaine de mètres, de se reposer, n'en pouvant plus. Heureusement il trouva pied sur une pointe de roche et put attendre les secours de Calvez (Jacques) et de Gallo (Joseph), qui avaient été eux-mêmes témoins de l'accident .
Le secrétaire-trésorier du Comité local, F.-M. Lazennec, Chef guetteur.
Secours du 24 avril 1910
Action de Fontaine Paul, Briec Sébastien, Peigné Jules, Le Maout Henri et Béchennec Guillaume.
Un marin sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous informer que, le 24 avril, vers 3 heures de l'après-midi, le matelot Le Guen, en état d'ébriété, est tombé à l'eau de son canot mouillé en dehors du môle de Kérity. Fontaine (Paul), canotier de notre station, témoin de l'accident, se jeta à la mer tout habillé pour secourir le naufragé ; malheureusement, ses forces ne lui permirent que de soutenir la tête de Le Guen hors de l'eau. Sans le secours d'une embarcation montée par Briec (Sébastien), canotier de la station, Peigné Jules, Le Maout (Henri) et Béchennec (Guillaume), sauveteur et naufragé eussent infailliblement péri.......................
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.
Secours du 24 avril 1910
Action du douanier Kermorvant et de Stéphan Joseph, Cloarec Alain et Correc Félix.
Un mousse sauvé.
.......................Le même jour, à 4 h. 30 du soir, le mousse Balch (Louis), âgé de douze ans, monté dans sa plate, naviguait dans le port de Kérity ; un faux mouvement fit déraper la godille et le lança à l'eau. Le douanier de service, M. Kermorvant, lui jeta la ligne Brunel. Un canotier de la station, Stéphan (Joseph), voyant que l'enfant ne pouvait saisir la ligne, se laissa tomber tout habillé à la mer et ramena le mousse sain et sauf sur la berge. Deux matelots, Cloarec (Alain) et Correc (Félix), se sont également mis à l'eau pour venir en aide au naufragé.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.
Secours du 26 avril 1910
Action de Tanniou Vincent et Tanniou Alain.
Un homme sauvé.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous signaler le sauvetage accompli aujourd'hui à 2 h. 30, par notre brave sous-patron Tanniou Vincent et son fils Tanniou (Alain), du nommé Le Lay (Pierre), qui revenait de la pêche du goémon, sur une drome qu'il avait faite . Ce dernier était arrivé à quatre encablures environ du sémaphore et par sept mètres d'eau, lorsque la drome vint à se défaire ; le susnommé se serait infailliblement noyé, étant engagé dans les cordages, sans le prompt secours qui lui a été donné ; il soufflait en ce moment une jolie brise de Nord-Ouest, mer agitée.
Le Président du Comité local, Lazennec (François-Marie), Chef guetteur.
Secours du 26 septembre 1910
Action de Lazare Eugène et de son équipage.
Six marins sauvés.
Monsieur le président,
Le 26 septembre, à 11 heures du matin, la chaloupe de pêche « Saint-Joseph », patron Stéphan, s'est échouée sur une roche près de la « Jument ». Il y avait très forte brise du Nord-Ouest. Le patron de cette chaloupe a hélé plusieurs embarcations qui passaient à côté. Personne ne répondit à son appel, car on craignait de rester échoué et d'être pris dans les brisants . Le patron du « Demain j'aurai Milan », Lazare (Eugène), s'arrêta à l'appel de son camarade et après deux heures d'efforts parvint à embarquer à son bord les six hommes de l'équipage du « Saint Joseph ». Ce dernier est resté sur la roche et n'a pu être renfloué que le surlendemain. Équipage du « Demain j'aurai Milan » : Lazare (Eugène), patron ; Pochu(1) (François), Cloarec (Jean-Guillaume), Pochu(2) (Charles), Montfort (Jean-Louis), Bouannic(3) (Jean), matelots, et Le Faou (Jacques), mousse .
Le Secrétaire-Trésorier du Comité local, Coquelin.
(1) Pochic ?
(2) Pochic ?
(3) Buannic ?
Secours du 19 décembre 1910
Action de Gloaguen Louis et de son équipage.
Sept marins sauvés.
Monsieur le président,
Je suis heureux de vous signaler un acte de solidarité qui a pu éviter un sinistre. Le 19 décembre, à 7 h. 30 du matin, par assez gros temps, mer descendante, le canot de pêche « Kergadec » s'échoua sur une tête de roche isolée : le Firbichon, située à l'accore du chenal de la Jument. Cette embarcation ne put se dégager ; sa situation devenait critique, car elle pivotait sur la roche comme une toupie. Le patron n'avait pas assez de matériel pour épontiller et la mer était houleuse ; elle eût certainement chaviré à marée basse sans le secours que lui a porté l'équipage du canot « Sainte Anne n° 2660 », en lui donnant du matériel et en aidant à l'installer. La « Sainte Anne » recueillit les sept hommes du « Kergadec » et l'équipage, au lieu de se rendre sur le lieu de pêche, revint à Kérity avec les sept naufragés .
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments tout dévoués.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin.
Armement du canot de sauvetage « Sainte Anne » : Gloaguen (Louis), patron ; Gloaguen (Louis) père, Carrot (Nonna), Calvez (Pierre), Pape (Hervé), Coïc (Thomas), Guichaoua (Louis), matelots ; Carrot (Jean-Louis), mousse .
Secours du 3 avril 1911
Action de Garrec Adolphe et de Le Goff Guillaume.
Un homme et un enfant sauvés.
Monsieur le président,
J'ai l'honneur de vous faire connaître que le 3 avril à 6 heures du soir, mer haute, temps très froid, le canotier Garrec (Adolphe), de la station de Kérity, et Le Goff (Guillaume), marin pêcheur, se sont jetés à la mer pour atteindre une embarcation afin d'aller au secours de Tanneau (Jean) et de son fils, âgé de cinq ans, dont le canot avait chaviré en dehors du port de Kérity. Sans l'empressement de Garrec(1) et de Le Goff(2), la mer eût compté une victime de plus, car l'enfant était sans connaissance et ce n'est qu'après les soins d'usage qu'il est revenu à la vie.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, Instituteur.
(1) Garrec Adolphe
(2) Le Goff Guillaume
Secours du 31 mai 1912
Action de Le Palud et de Lazarre Jacob.
Un marin sauvé par le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron.
Le 31 mai, dans l'après-midi, le nommé Cossec (Yves) relevait ses casiers à homards avec son embarcation « Yole » lorsqu'il fut projeté sur un des cailloux du Sud-Est des Etves (groupe Réor Egen). L'embarcation fut broyée et Cossec(1) eut de la peine à se cramponner à la roche. Le patron Le Palud du « Daniel » et Lazarre (Jacob) du « Saint Pierre » virent l'accident se produire ; ils se rendirent sur le lieu, mais ils ne purent approcher du naufragé tant le vent et la mer faisaient rage. Voyant l'inutilité de ses efforts et le danger croissant pour le naufragé (la mer et le rocher étaient balayés à chaque lame), Lazarre(2) se décida à venir demander l'assistance du canot de sauvetage de Kérity. Le canot « Comte et Comtesse Foucher de Saint Faron » fut lancé à 2 h. 20. Le vent était à grain du Sud-Sud-Ouest, la mer houleuse avec du ressac près des roches......
Le secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.
(1) Cossec Yves
(2) Lazarre Jacob
Secours du 30 septembre 1912
Action de :
* Jégou Joseph, de son équipage, de Bariou Pierre-Jean, André Pierre-Jean et Nédélec Thomas.
Quinze marins sauvés.
* Cloarec Alain.
Huit marins sauvés.
* Salaün François.
Sept marins sauvés.
J'ai l'honneur de vous signaler la magnifique conduite de notre brave patron Jégou (Joseph), dans la triste tempête du 30 septembre qui anéantit presque complètement la flottille de pêche de Kérity. (Extrait du rapport de mer du patron Jégou (Joseph), à propos de la perte de sa chaloupe « Charles Roux ».) ...À peine avions-nous rétabli nos voiles que la vergue du dundee cassa. La tempête augmentait toujours. Tout l'équipage(1) se mit à la manœuvre pour remplacer la vergue quand le mousse me cria : « Patron, des hommes sous le vent font des signaux de détresse ! » La mer était furieuse, la pluie nous aveuglait ; il me fallut prendre des précautions en accostant le bateau naufragé, désemparé de sa voilure, rempli d'eau, la pompe ne fonctionnant pas et balayé par chaque lame. II nous fallut au moins une heure et demi d'efforts pour tirer ces malheureux de leur triste position et arracher à une mort certaine les sept hommes du bateau Éole, patron Normand. Il était 4 h. 30, je pensais toujours arriver au port de Saint-Guénolé ; mais la tempête faisait tellement rage que rien de mon matériel ne put résister. La vergue que je venais d'installer cassa de nouveau, après ce fût celle de la misaine, puis le mât de misaine ; il m'a fallu installer un mât de fortune avec ma grande vergue de misaine . À 5 h. 30, je mouillai dans l'anse de Pors-Carn(2). Avec son canot annexe, je pus débarquer mon équipage et les sept naufragés....................... Je revins à ma chaloupe et nous installâmes nos chaînes, grelins, amarres et grappins de façon à mouiller solidement le « Charles Roux » . Je restai dans ma chaloupe jusqu'à 8 h. 30, ne voulant l'abandonner qu'à la dernière extrémité. Le vent sauta à l'Ouest, la mer devint épouvantable. Jugeant notre situation dangereuse, j'appelai mes hommes et nous embarquâmes une seconde fois dans notre petit canot armé de quatre avirons ; la mer descendait, il nous fallut un quart d'heure de lutte pour gagner la terre. De la flottille de bateaux mouillés à Pors-Carn, il restait encore en mer l'équipage du « Juif Errant ». Cet équipage regagnait la terre dans la baleinière « Marguerite » qui, à l'aide d'un va-et-vient, avait aidé toute la soirée à mettre les équipages à terre, lorsque la filière qui formait le va-et-vient cassa. La baleinière n'était armée que par deux avirons ; poussée par le vent et entraînée par le courant elle dériva au large avec les huit hommes qui la montaient. Des cris de détresse retentirent de toutes les poitrines, car le bateau de sauvetage de Saint-Guénolé était échoué et il était impossible de le remettre à flot. La mer alors était déchaînée. Vu ce danger, rien ne m'aurait retenu ; je fis remettre mon canot une troisième fois à l'eau et avec trois volontaires de Saint-Guénolé Barion(3) (Pierre-Jean), Audra(4) (Pierre-Jean) et Nédélu(5) (Thomas), nous partîmes avec le bout du va-et-vient et, au moyen de nos quatre avirons, nous pûmes ramener sains et saufs, sur la plage, les huit hommes de la « Marguerite »...................................... À une heure, je trouvais mon « Charles Roux » ensablé, cassé en deux, inutilisable..... Je dois aussi vous signaler la belle conduite du canotier Cloarec (Alain), qui a dû, au plus fort de la tempête, larguer son canot annexe pour sauver les huit hommes du « Notre Dame de Penhors » dont l'embarcation était désemparée, à demi coulée, voguant à la dérive . Le même jour, le patron Salaun(6) (François), de la « Kerityenne », a lâché son canot pour sauver les sept hommes de l'équipage « Petit Noël », qui allait se jeter sur le « Men Hir » par suite d'une avarie de gouvernail .
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.
(Tous ces magnifiques faits de sauvetage ont été confirmés par M. l'administrateur de la Marine à Quimper, à la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés qui a accordé à ces braves de nombreuses récompenses.)
(1) Dont Le Cloarec Jaen-Louis, titulaire d’un diplôme
(2) Porzh Carn ou Pors Carn, pour toutes les occurrences
(3) Bariou
(4) André
(5) Nédélec
(6) Salaün
Secours du 20 juillet 1913
Action de Séven.
Une fillette sauvée.
Le 20 juillet, la petite Drizen(1) (Anne-Marie) jouait avec sa sœur lorsqu'elle tomba à la mer, haute en ce moment, par une des coupures du parapet où se terminent les échelles qui donnent accès aux quais. Personne ne se trouvait aux environs. Aux cris de sa sœur Séven accourut, demanda ce qu'il y avait, et immédiatement piqua une tête tout habillé. Après avoir saisi la naufragée par les cheveux il nagea vers l'échelle, mais ne pouvant la remonter avec elle, il se dirigea toujours à la nage vers une embarcation mouillée à une vingtaine de mètres de l'endroit, y hissa son fardeau, dérapa l'ancre et vint déposer la petite Anne-Marie entre les bras de sa mère.
Le Secrétaire-Trésorier du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.
(1) Drézen
Secours du 22 septembre 1915
Action de Drézen Michel, 14 ans.
Quatre femmes sauvées.
J'ai l'honneur de vous signaler la courageuse attitude du jeune Drézen (Michel), quatorze ans, écolier, habitant Saint-Pierre-Penmarch, qui vient de sauver d'une mort certaine quatre femmes dont trois mères de famille. C'était hier 22 septembre, vers 11 heures, quatre femmes : Le Coz (Marie), femme Boënnec, trente-deux ans, deux enfants; Le Coz (Françoise), femme Monfort, vingt-six ans, un enfant; Le Coz (Catherine), vingt-trois ans, un enfant (trois sœurs) et Gloaguen (Anna), dix-huit ans, belle-sœur de la précédente, étaient occupées à couper du varech sur le plateau de Beg ar Viler, à environ un kilomètre dans le sud-est du sémaphore. Ces femmes, absorbées par leur travail, ne s'aperçurent que trop tard qu'elles étaient cernées par la mer qui montait rapidement (nous sommes en grande marée). Elles voulurent traverser le chenal qui les séparait de la côte, mais elles avaient de l'eau jusqu'au cou. Voyant le danger qu'elles couraient, ces malheureuses se mirent à appeler au secours. Le jeune Drézen(1) entendit leurs appels et, sautant dans une plate, se porta courageusement à leur secours. La force du courant retarda le jeune sauveteur et lorsqu'il arriva près des malheureuses, celles-ci avaient déjà de l'eau jusqu'aux aisselles, sur le sommet du plateau. Dix minutes plus tard, elles étaient emportées par le courant et aucune d'elles ne sachant nager, elles se seraient infailliblement noyées.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Hervé, Chef guetteur.
(1) Drézen Michel
Secours du 26 septembre 1915
Action de Le Borgne, gardien du phare.
Un enfant sauvé.
Hier, vers 17 heures, plusieurs enfants s'amusaient sur la cale, près du phare, lorsque tout à coup le jeune Le Floch (Eugène), âgé de cinq ans, tomba à l'eau. La mer était haute et très houleuse. Aux cris poussés par les camarades du petit imprudent, le gardien Le Borgne accourut et sauta immédiatement à l'eau, profonde de dix mètres environ. Il fut assez heureux pour saisir le jeune Le Floch, qui avait déjà coulé et le ramener sain et sauf sur la cale ; après avoir reçu des soins énergiques, l'enfant fut hors de danger; mais, sans la prompte intervention de M. Le Borgne, il se serait certainement noyé, aucun de ses petits camarades n'étant à même de lui porter secours par suite du mauvais état de la mer. Le gardien Le Borgne, en sautant à l'eau, s'est blessé à la jambe, écorchée contre les rochers.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Hervé, Chef guetteur.
Secours du 1er juillet 1917
Action de Bouguéon Michel.
Équipage (onze hommes) du voilier anglais Neotsfield sauvé.
Dimanche 1er juillet courant à 14 h. 30 ayant aperçu une baleinière à environ 7 ou 8 milles dans le sud-ouest du sémaphore, je fis armer le « Léon Dufour » car je ne doutais pas qu'il s'agissait de naufragés dont le navire avait été détruit par un sous-marin ou une mine et je craignais qu'ils ne pussent atterrir avant la nuit. Le temps était beau : petite brise de N.N.E., mer un peu clapoteuse, la marée haute. L'opération de lancement ne dura pas plus de 5 minutes et à 14 h. 35 le « Léon Dufour » se dirigeait à force rames vers les naufragés. Mais en même temps le bateau de pêche n° 2.289 Q. patron Bouguéon(1) appareillait également et favorisé par la brise il arriva près de l'embarcation en détresse quelques minutes avant nos vaillants canotiers. Il prit à son bord les onze naufragés, et un torpilleur, arrivé sur les lieux l'ayant remorqué sur une partie du trajet de retour, les déposa à 20 heures à la cale de Saint-Pierre. Nos canotiers arrivèrent à 21h. 20. Le canot a été remisé à son abri hier matin sans avarie. Les naufragés exténués de fatigue faisaient partie de l'équipage du voilier anglais « Neotsfield » coulé à coups de canon par un sous-marin allemand.
Le Secrétaire-Trésorier du Comité de Sauvetage, Jacob Hervé, Chef guetteur.
(1) Bouguéon Michel
Secours du 7 juillet 1917
Action de Jégou Jean, Bouguéon Michel, Cossec et Tanter Henri.
Onze marins anglais sauvés.
J'ai l'honneur de vous signaler la belle conduite d'un de nos canotiers : Jean Jégou. Dimanche dernier les guetteurs du sémaphore signalaient un canot en perdition à l'horizon, Jégou(1) sauta à bord du premier bateau venu et aidé de Bouguéon(2), Cossec et Tanter (Henri), hissa les voiles et fit route sur le point signalé. À 16 heures il atteignit l'embarcation en détresse; c'était une baleinière à demi remplie d'eau montée par 11 marins anglais dont le navire anglais avait été coulé le 28 juin à 10 heures du matin. Il embarqua les naufragés à son bord, leur donna à boire, car l'eau leur manquait depuis 24 heures, et leur prodigua les premiers soins. À 18 heures, les 11 hommes étaient débarqués à la pointe de Penmarc'h et remis aux autorités.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin.
(1) Jégou Jean
(2) Bouguéon Michel
Secours du 8 juillet 1917
Action de L’Elgouac’h Vincent et de son fils Jean.
Deux marins sauvés.
J'ai l'honneur de vous signaler l'acte de sauvetage effectué hier après-midi par le canotier L’Elgouac’h (Vincent) de notre station, et son fils L’Elgouac’h (Jean). Vers 14 heures L’Elgouac’h(1) et son fils se trouvaient dans leur canot de pêche près du phare du Men-hir à un mille Ouest du sémaphore. Tout à coup un violent grain d'orage éclata accompagné d'une très forte bourrasque d'Est. Les mousses Bouguéon (Michel) âgé de 14 ans et Tinily(2) (Michel) âgé de 15 ans étaient occupés à pêcher à la ligne près du Men-hir; ils voulurent revenir à terre, mais la violence du vent les entraîna vers le large. Voyant le danger que couraient les deux mousses, L’Elgouac’h n'hésita pas, malgré qu'il eût lui-même de quoi faire pour revenir à terre, à faire route vers ceux-ci et à les prendre à son bord ; puis il mouilla l'embarcation des mousses à l'abri du Men-hir avec un fort grelin. L'orage dura environ 1 h. ½ et une fois le grain passé L’Elgouac’h reprit le large afin de ramener à terre l'embarcation. Sans son intervention les jeunes Tinily et Bouguéon(3) couraient de sérieux dangers car, n'ayant pas de filin solide ni d'ancre pour mouiller leur embarcation, ils auraient été entraînés au large rapidement et aucune autre embarcation ne se trouvait dans les parages. J'ai donc jugé utile de vous signaler la belle conduite du canotier L’Elgouac’h et de son fils.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Hervé, Chef guetteur.
(1) L’Helgouarch Vincent, pour toutes les occurrences
(2) Tirilly, pour toutes les occurrences
(3) Bouguéon Michel
Secours du 20 juillet 1917
Action de Péron Henri.
Un enfant sauvé.
Le 20 juillet dernier, le nommé Minou (Hervé), âgé de 13 ans, domicilié à Saint-Guénolé Penmarc’h, se baignait à la grève de la « Joie » en Penmarc’h, en compagnie d’autres écoliers de son âge, lorsque, ayant perdu pied, et ne sachant presque pas nager, il allait disparaître entraîné par les vents et courants contraires. Son camarade d’école Péron (Henri), âgé également de 13 ans, demeurant à Saint-Guénolé, témoin de l’accident, et sachant lui aussi à peine nagé, n’hésita pas un instant à se jeter à l’eau, profonde alors à cet endroit de 2 mètres environ, et réussit à saisir le naufragé et à le ramener à terre sain et sauf. Sans son intervention l’enfant Minou était en grand danger de se noyer.
Le Syndic des Gens de mer, Trésorier du Comité de Sauvetage, Menou.
Secours du 17 août 1917
Action de Boënnec et Loussouarn.
Un marin du vapeur anglais War Patrol sauvé.
Vers 5 heures du matin Boënnec et Loussouarn sortaient du port pour relever leurs filets placés à environ 1 mille du sémaphore, lorsqu’arrivés près de leurs bouées, ils aperçurent un homme seul dans une baleinière à 150 ou 200 mètres des brisants de l'île Nonna. Il ventait, jolie brise du Sud, temps à grains, mer houleuse. Voyant la position critique du malheureux qui se trouvait juste au vent des récifs, Boënnec et Loussouarn forcèrent la nage et furent assez heureux pour ramener sain et sauf le malheureux naufragé qu'ils débarquèrent à la cale vers 6 heures. Cet homme ne parlait pas français. Après lui avoir donné des vêtements de rechange et un cordial (il n'avait sur lui que sa chemise et son caleçon et grelottait de froid) je fis appeler un jeune collégien qui l'interrogea en anglais. Nous apprîmes alors que son navire, le vapeur anglais « War Patrol » avait été coulé par une mine la nuit précédente vers minuit, il était couché au moment de l'explosion et coula avec le navire ; revenu à la surface il eut le bonheur de trouver à sa portée une baleinière dans laquelle il monta ; il vit d'autres naufragés nageant parmi les épaves du navire mais ne put les secourir. Il resta ainsi seul toute la nuit au gré du vent et des flots et allait faire naufrage une deuxième fois sans l'arrivée des sauveteurs. Je me fais donc un devoir. Monsieur le Président, de vous signaler la belle conduite de Boënnec et de Loussouarn en cette circonstance.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Hervé (Jacob).
Secours du 17 août 1917
Action de Kerloc’h Yves-Joseph et de son équipage.
Équipage (vingt-quatre hommes) du vapeur norvégien Tuddal sauvé.
À 15 heures j'aperçus 2 baleinières à environ 7 milles dans le S. 30 E. du sémaphore faisant route N.-W. Ne doutant pas qu'il s'agissait de naufragés, j'avertis le patron Kerloc’h(1) qui se trouvait sur la cale près du sémaphore, occupé, avec son équipage, à mettre les filets à bord de son bateau de pêche pour la sortie de nuit. Le temps était beau et clair, petite brise du S.W., mer agitée. Pour gagner du temps, Kerloc’h ordonna aussitôt de hisser les voiles de son bateau le « Boër » et se dirigea vers les embarcations qui faisaient toujours route au N-W. et s'approchaient des rochers des « Etocs(2) ». Le « Boër » arriva près des naufragés à 16 h. 45 à ½ mille dans le S.-E. des « Etocs ». Il prit à son bord les 24 hommes et les baleinières à la remorque. À 20 heures il accostait la cale de Saint-Pierre avec les naufragés. Aucun de ceux-ci ne parlait le français mais grâce à un jeune collégien en vacances, Berrou Michel, nous pûmes obtenir les renseignements suivants : Les naufragés provenaient du vapeur norvégien « Tuddal » de Tonsberg coulé à coups de canon et de bombes par un sous-marin allemand. Les malheureux dont aucun n'était blessé étaient exténués de fatigue et de faim, le pirate ne leur ayant pas donné le temps de prendre de provisions. Conduits à l'hôtel où ils furent hébergés et restaurés ils ont pris le train ce matin à destination de Brest. Je suis heureux, Monsieur le Président, de vous signaler la vaillante conduite du patron Kerloc’h et de son équipage dont je vous donne ci-dessous la liste. Quoique le temps fût beau les naufragés qui ne connaissaient pas la côte couraient encore les risques de faire naufrage une deuxième fois.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Hervé (Jacob), Chef guetteur.
(1) Kerloc’h Yves-Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Étocs, pour toutes les occurrences
Secours du 28 juin 1921
Action de Gourlaouen Adolphe et de son équipage.
Récupération d’une mine.
J'ai l'honneur de vous signaler la belle conduite du canotier Adolphe Gourlaouen, déjà titulaire d'un prix Gabrielle Lemaire. Le 28 juin, dit Gourlaouen(1) dans son rapport de mer, nous allions pêcher le maquereau. Nous faisions route dans l'W-S-W. du feu de Penmarch. À une dizaine de milles, nous aperçûmes un objet droit devant nous. Nous nous en approchâmes et reconnûmes une mine. Je dis à mon équipage : « Nous allons faire notre possible pour l'envoyer à terre, car elle se trouve dans les parages fréquentés par les vapeurs et nous sauverons peut-être la vie de plusieurs personnes ». Il était 11 heures, le vent soufflait du N.W., bonne brise avec clapotis. J'ai pensé qu'il n'était pas prudent d'accoster la mine avec mon bateau et que le meilleur moyen était de la contourner à la nage avec un câble. J'étais le meilleur nageur du bord; aidé d'un de mes matelots, Pierre Berron(2) qui s'est mis à l'eau avec moi, j'ai réussi à contourner la mine, à l'amarrer et à la prendre à la remorque. Il était alors 1 h. ½ , nous avons fait cap sur Kérity où nous arrivions à 8 heures, après avoir mouillé la mine et pris toutes les dispositions pour qu'il n'arrive pas d'accident et nous avons prévenu les autorités.
Coquelin, Secrétaire du Comité de Sauvetage.
(1) Gourlaouen Adolphe
(2) Berrou
Secours du 21 juillet 1922
Action de Lucas René, 9 ans.
Un enfant sauvé.
Aujourd'hui, 21 juillet 1922, vers 1 h.30 de l'après-midi, des gamins s'amusaient sur la cale de Saint-Pierre-Penmarch. Tout d'un coup, l'un d’eux, le jeune L’Helgouach, Albert, âgé de 4 ans et demi, se trouve précipité à la mer par suite d'un faux mouvement. La mer était à ce moment très haute, il y avait en cet endroit environ 2 m.50 de profondeur et, comme ce gamin ne savait pas nager, il allait infailliblement se noyer, déjà il disparaissait. À ce moment tragique, un de ses camarades, le jeune Lucas, René, âgé de 9 ans, également de Saint-Pierre-Penmarch, n'écoutant que son courage, se jette à l'eau tout habillé et est assez heureux pour ramener au rivage son jeune camarade sain et sauf. Cet acte de courage est des plus méritoires, vu le jeune âge du sauveteur et mérite une bonne récompense.
Le Chef guetteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Yven.
Secours du 6 juin 1924
Action de Stéphan Jean-Marie, Savina Jacques, le Donge Jean, Stéphan Vincent, Bellet Jean et Kerloch Henri.
Deux marins sauvés.
Le 6 juin 1924, un canot de faible tonnage, Marie Anne n°4289, Guilvinec est sorti du port dans la matinée pour se rendre sur les lieux de pêche à la ligne, à deux milles environ à l’ouest du port, mer belle. Lorsqu’il voulut rentrer le soir, vers 17 heures, la mer était devenue mauvaise dans la passe et les lames brisaient par moment sur tout le travers, presque pas de vent, en un mot des lames de fond, le canot en entrant a été rempli par une lame déferlant sur lui et jetant le patron Charlot Jean-Louis hors du canot ; son frère, Charlot Sébastien, est resté cramponné au canot, pendant que le patron, après le passage des trois lames, a pu regagner son canot à la nage et y est resté cramponné en attendant l’arrivée d’une embarcation qui s’est portée à leur secours aussitôt qu’on a eu connaissance de l’accident. Ladite embarcation était armée par des volontaires, il n’y avait pas de patron ; ce sont les dénommés Stéphan Jean-Marie, Savina Jacques, Le Dauge(1) Jean, Stéphan Vincent, Bellet Jean, Kerloch Henri, aussi méritants l’un que l’autre. Après avoir installé leurs avirons par un moyen de fortune quelconque (car il manquait des dames ou tolets) ils se sont portés sur les lieux du sinistre et ont été assez heureux, grâce à leur courage et à la rapidité du mouvement, d’amener avec eux leurs deux camarades naufragés sains et saufs à terre, une vingtaine de minutes après l’accident. Le canot ayant subi une légère avarie, a été retrouvé le soir même par une autre embarcation.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du comité de sauvetage, Velly.
(1) Le Donge
Secours du 10 juillet 1924
Action de Gourlaouen Louis et Talbot.
Un enfant sauvé.
Le 10 juillet 1924, vers 11 heures, trois gamins de 11 ans, Louis Gourlaouen, Talbot et Roger Le Brun, jouaient avec une plate à 300 mètres dans le S. E. du môle. La mer était haute. Le Brun(1) godillait debout sur le banc, il perdit l'équilibre et tomba à la mer avec le seul aviron du bord. Louis Gourlaouen ne perdit pas la tête. Il se déshabilla à la hâte et nagea vers son camarade car la plate avait avancé avec son aire(2). Le naufragé cramponna son sauveteur et paralysa ses mouvements. Ils allaient couler tous les deux, Gourlaouen(3) réussit à faire lâcher le naufragé et le reprit d'une autre façon puis regagna le canot. Le petit Talbot, qui y était resté, les aida à embarquer à bord. Il n'y avait plus d'avirons pour regagner le port, Gourlaouen se jette de nouveau à l'eau, va chercher l'aviron à la dérive, puis ramène les deux compagnons à la cale, félicité par les nombreux pêcheurs qui avaient assisté de loin aux diverses péripéties du sauvetage.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, Instituteur.
(1) Le Brun Roger
(2) Erre
(3) Gourlaouen Louis, pour toutes les occurrences
Secours du 12 juillet 1925
Action de Bouguéon Pierre-Marie, novice.
Un enfant sauvé.
Le 12 juillet, vers 18 heures, alors que de nombreux enfants jouaient sur la cale de Saint-Pierre, un d'entre eux, Le Floch (Hervé), âgé de 4 ans et demi, poussé par ses camarades, tomba dans le port. Il y avait environ 1 m.40 d'eau et tous ses jeunes camarades ne pouvant lui porter secours, il se serait certainement noyé sans l'intervention d'un jeune novice du canot de pêche Vainqueur-des-Jaloux, Bouguéon (Pierre-Marie), qui se jeta à la mer et fut assez heureux de le ramener à terre, sans qu’il soit trop fatigué.
Le Chef guetteur, Secrétaire-Trésorier, Famchon.
Secours du 9 juin 1926
Action de Larnicol, patron du André Jeanne de Kérity, et de son équipage.
Assistance au yacht anglais Curlew.
Je soussigné, Larnicol, patron du bateau de pêche André-Jeanne, du port de Kérity-Penmarc'h, certifie que, le 9 juin 1926, me trouvant à 2 milles environ dans le Sud-Ouest de la tourelle de la Jument, j'aperçus un petit bateau désemparé ayant sa voilure déchirée. Voyant que ce voilier se trouvait dans une position critique, j'ai commandé la manœuvre à mon bord, de façon à attendre l'arrivée de ce bateau. C'était un petit yacht anglais, le Curlew, appartenant à M. Owen Richards, monté par trois hommes d'équipage tous exténués de fatigue. Ils croyaient se trouver devant Bénodet, mais le vent soufflait avec rage et ils allaient vers le large. J'ai laissé mon bateau avec mon équipage et embarqué à bord du yacht. Après bien des difficultés, j'ai réussi à le conduire dans le port de Loctudy, où j'accostais vers 19 heures.
(Rapport transmis par M. Jouin, Secrétaire du Comité de Sauvetage.)
Secours du 8 février 1927
Action de Bariou Pierre-Jean, Tirilly Alain Marie, Buannic Louis et Stéphan Jean-Louis.
Deux hommes sauvés.
Le 8 février 1927 vers 16 H 1/2, dans le port de Saint-Guénolé, les dénommés ci-après : Bariou Pierre-Jean, 46 ans, patron du canot de sauvetage, Tirilly Alain Marie, 56 ans, patron pêcheur, Buannic Louis, 32 ans, marin pêcheur, Stéphan Jean-Louis, 24 ans, marin pêcheur, ont armé précipitamment un canot annexe pour se porter au secours d’un canot chargé de goémon venant de l’île Conq, et chaviré par une lame par le travers de la Grande Passe en rentrant au port. Le canot naufragé était armé par les dénommés : Hélias Ambroise, 46 ans, son fils Alain, âgé de 18 ans, qui étaient cramponnés à la coque de leur embarcation en attendant du secours. Le canot sauveteur est arrivé sur les lieux de l’accident 20 ou 25 minutes(1) environ et a été assez heureux de recueillir les naufragés et de les ramener à terre sains et saufs ainsi que leur embarcation. Sans l’intervention du canot sauveteur, les naufragés se seraient certainement noyés vu qu’ils étaient dans l’eau tout habillé et transis de froid.
Veuillez agréer Monsieur le Président mes salutations respectueuses.
Le Syndic des Gens de mer Velly
(1) Il manque un mot ?
Secours du 2 avril 1927
Action de Coïc Corentin et de son matelot Palud.
Un marin et un mousse sauvés.
Le 2 avril, vers midi moins le quart, nous relevions nos hameçons dans le chenal du Branquet, quand mon matelot Palud crut entendre des cris. La mer étant très houleuse je ne percevais rien tout d'abord, mais étant monté sur l'arrière du bateau j'aperçus à 400 mètres, direction de la Jument, deux têtes qui émergeaient. Nous mîmes immédiatement à la voile et arrivés près d'Enes Fallett, nous prîmes à bord le jeune mousse Loussouarn, Michel, âgé de quinze ans, qui ayant pris pied sur une roche en avait été chassé par la vague et allait périr, car il ne savait pas nager. La mer brisait fortement, nous ne pouvions approcher des roches et ce n’est qu'au bout de vingt minutes que nous pûmes saisir l'autre naufragé, Le Lec, Marc, âgé de trente-cinq ans, qui, sachant nager, avait réussi à se maintenir sur l'eau. Nous reprîmes la route de Kérity. Les naufragés furent débarqués à la cale vers 2h. 15 et purent regagner leur demeure. Partis le matin pour couper du goémon, leur plate à moitié remplie de goémon avait été chavirée par une lame et les deux occupants précipités à la mer. Notre intervention a sauvé d'une mort certaine ces deux pêcheurs, car tous les bateaux étaient rentrés et nous-mêmes avions presque fini de retirer nos hameçons, quand les cris de détresse ont été entendus.
Coïc Corentin, Ancien sous-patron du canot de sauvetage.
(Rapport transmis par M.Jouin, Secrétaire du Comité de Sauvetage.)
Secours du 1er septembre 1928
Action de Le Floc’h Vincent et Cossec Louis.
Une femme et son enfant sauvés.
Le samedi Ier septembre, à 18 heures, au moment de la pleine mer, Mme Drézen, ayant sur les bras sa petite fille âgée de 16 mois, a traversé le port de Saint-Pierre dans une plate. En voulant débarquer sur la cale, elle est, par un faux mouvement, tombée à la mer, dont la profondeur à cet endroit atteignait environ trois mètres. Cette personne avec son enfant se seraient certainement noyées sans la prompte intervention de deux marins pêcheurs : Le Floc’h Vincent, canotier de sauvetage de notre station, qui a sauvé Mme Drézen, et Cossec Louis qui a sauvé l’enfant.
Le Maître de Phare, Président du Comité de Sauvetage, Houchouas.
Secours du 29 mars 1929
Action de Le Floc’h Vincent.
Un goémonier sauvé.
Le 29 mars 1929, le goémonier Le Floch, Joseph, était à la pêche au goémon, aux abords de l'île Nonna située dans l'ouest, à un mille environ de la pointe de Penmarc’h, quand une forte lame brisa sur la plate qui coula et Le Floch(1) fut projeté à la mer. Le Floc’h, Vincent, canotier de la station, pêchant à proximité, avait aperçu l'embarcation chavirée: il fit force de rames pour se porter au secours du naufragé et le recueillit; il s'était cramponné à l'embarcation mais ne pouvait se mouvoir, ayant les jambes entourées de goémon. Cet homme se serait certainement noyé sans la prompte intervention du canotier Le Floc’h(2). Le Floc’h, Vincent, est père de dix enfants et a plusieurs sauvetages antérieurs.
Le Chef guetteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Emile Audrezet.
(1) Le Floch Joseph
(2) Le Floc’h Vincent
Secours du 10 avril 1929
Action de Calvez Pierre et Le Floch Alain.
Une victime.
Le 10 avril, à 6 h. 30, le marin pêcheur Loussouarn Adolphe, relevait des casiers à proximité de l'île Nonna, dans une plate, quand une forte lame chavira l'embarcation. Loussouarn fut projeté à la mer. Calvez Pierre, canotier de la station et Le Floch Alain, se trouvant sur les lieux, se sont portés au secours du naufragé, l'ont recueilli et ramené à terre: malgré tous les soins qui lui ont été prodigués, Loussouarn n'a pu être ramené à la vie.
Le Chef guetteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Emile Audrezet.
(1) Loussouarn Adolphe, pour toutes les occurrences
Secours du 10 avril 1929
Action de Bariou François.
Cinq marins sauvés.
À 11 h.30, le bateau de pêche La Victoire, 923, Audierne, se trouvait à 1 mille environ de la pointe de Douch, baie d'Audierne, chargé de goémon et monté par cinq hommes. L’embarcation trop chargée allait couler : la mer était agitée par vent de N.-W. Le bateau de pêche Amphitrite, de Saint-Pierre-Penmarc’h, patron Bariou, François, canotier de la station, ayant aperçu l'embarcation en détresse et les signes désespérés des naufragés, se porta à son secours et recueillit les naufragés qu'il déposa à terre, à Plouhinec. Sans l'intervention du bateau Amphitrite, ces naufragés se seraient certainement noyés.
Le Chef guetteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Emile Audrezet.
Secours du 4 juillet 1929
Action de Calvez Alain, 11 ans.
Un enfant sauvé.
Le 4 juillet 1929, à 5 heures du soir, un groupe de jeunes enfants se baignait dans le port de Saint-Pierre ; s'apercevant que le jeune Calvez Pierre, 7 ans, ne remontait pas à la surface, ses camarades crièrent « au secours ! ». À ce moment, Calvez Alain, 11 ans, fils du canotier Calvez Charles, descendait la cale en tenue de bain ; il plongea sur l'enfant et le ramena à la surface par les pieds ; aidé par quelques camarades, ils le remontèrent sur la cale et le reconduisirent chez lui.
Le Chef guetteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage,
Andrezet(1).
(1) Ou Audrezet ?
Secours du 24 septembre 1930
Action de Talbot Louis.
Un enfant sauvé.Le 24 septembre, vers 15 heures, le jeune Varlet Henri, 7 ans, jouait dans un canot, au port de Kérity quand par suite d'un faux mouvement, il tomba à la mer, par 2 m.50 de fond, et coula aussitôt. Aux cris poussés par d'autres enfants, le marin Talbot Louis, patron du bateau Momp Von Deï qui était occupé à son bord au nettoyage du moteur, monta rapidement sur le pont et, voyant le danger couru par l'enfant qui dérivait, un bras seulement émergeant à peine, se jeta à l’eau tout habillé, nagea rapidement vers le jeune Varlet(1) qu'il put saisir et hisser ensuite dans un canot avec l'aide du préposé des Douanes Le Morger accouru sur les lieux. II n'est pas douteux que le petit imprudent doit la vie à l'énergique et courageuse intervention du patron Talbot(2).
Le Président du Comité de Sauvetage, Kerivel, Capitaine des Douanes E.R.
(1) Varlet Louis
(2) Talbot Louis
Secours du 4 avril 1931
Action de Cariou Thomas et de Tirilly Michel.
Un marin sauvé.
Le 4 avril 1931, à 12 h.30, par beau temps, mer un peu agitée, les marins pêcheurs Cariou Thomas, Tirilly Michel et Loussouarn Nonna, se trouvaient dans les parages du phare de Menhir et regagnaient le mouillage de Saint-Pierre-Penmarc'h avec leurs plates chargées de goémon. Soudain, la plate montée par Loussouarn(1) chavira; ce dernier réussit néanmoins à s'accrocher à son embarcation et à s'y maintenir suspendu la tête hors de l'eau. Les marins Cariou Thomas et Tirilly Michel se portèrent aussitôt à son secours, réussirent, de leur plate, à embarquer Loussouarn dans celle de Cariou(2) et remorquèrent la plate chavirée au port de Saint-Pierre. Loussouarn, sachant à peine nager, se serait infailliblement noyé sans la prompte intervention de Cariou et de Tirilly(3).
Le Chef guetteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage, Louis Audren.
(1) Loussouarn Nonna, pour toutes les occurrences
(2) Criou Thomas, pour toutes les occurrences
(3) Tirilly Michel
Secours du 14 août 1931
Action de Chaffron Corentin, de son fils Corentin et de Jégou Jean-Marie.
Trois marins sauvés.
Le 14 août, vers 14 h.15, par fort vent du S.-W. et mer très houleuse, le canot de pêche Kerguélen G.V. 5554, se trouvait dans le chenal du Men Guen, à environ 1 mille au S.-W. de la Pointe de Penmarc'h, lorsqu'il talonna sur un rocher et chavira aussitôt. Deux des hommes s'accrochèrent au canot et le troisième au mât; ils se trouvaient dans une situation très critique, lorsque le canot de pêche Germaine GV 5265, monté par le patron Corentin Chaffron, le matelot Jean-Marie Jegou(1) et le matelot Corentin Chaffron, fils du patron, qui, suivait la même route que le canot Kerguélen, arriva sur les lieux du sinistre et réussit par une manœuvre hardie et délicate à sauver les trois naufragés ; il les ramena sains et saufs à la cale de Saint-Pierre-Penmarc'h. Le canot de pêche GV 5152, patron Bouguion(2), qui appareilla du port de Saint-Pierre dès qu'il eut connaissance de l'accident, prit le bateau sinistré à la remorque et l'échoua au port.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, L. Audren.
(Rapport transmis par M. Houchouas, Maître de phare, Président du Comité de Sauvetage.)
(1) Jégou
(2) Bouguéon |
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