Rapports d'interventions de la station de Kérity
 
Établis à partir des annales sur le sauvetage maritime et parfois, de comptes rendus, de procès-verbaux... ces documents seront régulièrement mis à jour afin d'y apporter précisions et corrections.
Tous les renvois sont de l'association Papa Poydenot
 
Rapport sur les services rendus le 2 décembre 1868
Secours à la goélette Ange Mathilde.
Six marins sauvés.
Rapport sur les services rendus le 20 janvier 1873
Secours à trois hommes surpris par la marée montante.
Trois hommes sauvés.

Rapport sur les services rendus le 23 août 1879
Assistance à la goélette Jeune Hortense, de Nantes.
Rapport sur les services rendus le 3 décembre 1879
Secours à la chaloupe de pêche Sainte Catherine.
Quatre marins sauvés.
Rapport sur les services rendus le 13 avril 1881
Secours à la chaloupe de pêche Marie Louise.
Huit hommes recueillis par l’embarcation d’un gardien de phare.
Rapport sur les services rendus le 4 janvier 1886
Secours à la chaloupe de pêche Jeanne, de Guilvinec.
Chaloupe secourue par trois bateaux de Saint-Pierre.
Rapport sur les services rendus le 29 octobre 1887
Secours à la chaloupe de pêche Saint Riagat, de Guilvinec.
Équipage, moins un disparu, recueilli par une autre chaloupe de pêche.
Rapport sur les services rendus le 10 décembre 1888
Secours au brick-goélette Petit Louis, de Saint-Nazaire.
Cinq marins secourus.
Rapport sur les services rendus le 16 novembre 1889
Secours au canot de pêche les Deux Frères.
Rapport sur les services rendus le 27 janvier 1890
Secours au canot de pêche Ave Maris Stella, de Saint-Pierre en Penmarc’h.
Action simultanée du canot de sauvetage de Saint-Guénolé en Penmarc’h.
Trois marins sauvés par deux embarcations de Saint-Pierre.
Rapport sur les services rendus le 12 mars 1891
Secours à la chaloupe de pêche La Perle, de Saint-Pierre en Penmarc’h. Action simultanée du canot de sauvetage de Saint-Guénolé en Penmarc’h.
Rapport sur les services rendus le 2 juin 1892
Action simultanée des canots de Kérity et de Saint-Guénolé au secours de la chaloupe de pêche Marie, de Saint-Pierre.
Quatre personnes sauvées, deux par le canot de Kérity, deux autres par des chaloupes de pêche du pays ; quatre disparus.
Rapport sur les services rendus le 5 novembre 1892
Action simultanée des canots de Kérity et de Saint-Guénolé au secours du bateau de pêche  n° 1245, Cuirassier de Reichshoffen, de Guilvinec, patron Cléach (fils).
Huit personnes sauvées par le canot de Kérity.
Rapport sur les services rendus le 12 novembre 1894
Secours au sloop Noé, d’Audierne. Équipage secouru.
Rapport sur les services rendus le 18 octobre 1895
Secours à la chaloupe de pêche n° 958, de Guilvinec.
Rapport sur les services rendus le 28 mars 1896
Secours à une drôme de goémon et à un canot.
Quatre hommes secourus.
Rapport sur les services rendus le 26 mars 1897
Secours au trois-mâts goélette Sancta Maria, de Dunkerque (Cf. rapport sur les services rendus le 26 mars 1897 par la station de Saint-Guénolé).
Huit marins sauvés par le canot de sauvetage de Saint-Guénolé.
Rapport sur les services rendus le 8 août 1898
Secours à une chaloupe de pêche.
Deux mousses sauvés.
Rapport sur les services rendus le 4 novembre 1898
Secours à la chaloupe de pêche n° 1514, de Lesconil.
Équipage sauvé par un canot de Saint-Pierre, patron Le Clech François.
Équipage du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Jacques et le canotier Jégou Joseph.
Rapport sur les services rendus le 25 décembre 1898
Assistance au vapeur La Marie, du Havre.
Rapport sur les services rendus le 7 février 1899
Secours à la chaloupe de pêche La Biche, de Kérity.
Huit marins sauvés.
Rapport sur les services rendus le 25 mai 1899
Secours à un dundée en difficulté.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Jacques.
Rapport sur les services rendus le 28 décembre 1899
Secours au canot Dieu du Pays.
Trois marins secourus.
Rapport sur les services rendus le 30 décembre 1899
Secours au vapeur Saint Jean du Havre.
Neuf marins sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
Rapport sur les services rendus le 14 mai 1900
Secours à la chaloupe de pêche Saint Joseph, de Guilvinec.
Sept marins sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
 
Rapport sur les services rendus le 19 octobre 1901
Assistance au brick René par les trois canots de sauvetage de Penmarc’h.
Équipage sauvé par les douaniers de Plovan.
Rapport sur les services rendus le 13 novembre 1901
Assistance au brick-goélette morutier Saint Nicolas par les trois canots de sauvetage de Penmarc’h.
Rapport sur les services rendus le 16 décembre 1901
Secours au trois-mâts, de 3000 tonneaux, Prisia, de Bremen.
Équipage (vingt-deux marins) porté disparu.
Rapport sur les services rendus le 25 novembre 1902
Secours à la chaloupe de pêche Angélique 1654, de Kérity.
Cinq marins sauvés.
Rapport sur les services rendus le 7 janvier 1903
Secours au trois-mâts Breteuil, de Fécamp.
Rapport sur les services rendus le 21 février 1905
Secours à un petit canot en détresse.
Deux hommes sauvés.
Rapport sur les services rendus le 30 avril 1905
Recherche d’une épave.
En fait, il s’agissait d’un énorme cétacé.
Rapport sur les services rendus le 26 décembre 1905
Secours à un vapeur en détresse.
Équipage secouru par le canot de sauvetage de Guilvinec.
Rapport sur les services rendus le 14 décembre 1908
Secours au canot de pêche Notre Dame de la Joie.
Deux hommes secourus par le canot de pêche Eugénie.
Rapport sur les services rendus le 26 mai 1909
Secours des trois stations à la chaloupe de pêche Albertine, de Guilvinec.
Un marin sauvé par Maman Poydenot. Trois disparus.
Rapport sur les services rendus le 15 avril 1910
Action simultanée des trois canots de sauvetage de Penmarc’h au secours du canot de pêche Piquer, vers la Jument.
Deux marins sauvés par le Santa Lucia de Léchiagat ; un disparu.
Rapport sur les services rendus le 25 décembre 1911
Secours aux chaloupes de pêche Princesse Alice, Saint Joachim et au canot P.T.
Onze hommes sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
Rapport sur les services rendus le 6 janvier 1912
Secours des trois canots de sauvetage de Penmarc’h et du poste des douanes de Kérity au  trois-mâts Antoinette.
Équipage sauvé par un va-et-vient terre-navire.
Rapport sur les services rendus le 31 mai 1912
Secours au canot de pêche Yole.
Un homme sauvé.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné.
Rapport sur les services rendus le 20 mars 1914
Secours aux chaloupes de pêche Cyclamen et Sainte Catherine, de Kérity.
Deux marins du Cyclamen et l’équipage du Sainte Catherine sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
Le canotier Le Cloarec Jean-Marie, non cité, est titulaire d’un diplôme.
Rapport sur les services rendus le 13 février 1915
Secours au canot de pêche le Tamerlan.
Trois marins sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph, rédacteur du rapport.
Rapport sur les services rendus le 23 mai 1925
Secours des canots de sauvetage des stations de Kérity et Saint-Pierre aux bateaux de pêche  Saint Louis et Berceau de Saint Pierre.
Vingt-sept victimes dont quinze canotiers (sept de Kérity et huit de Saint-Pierre).
Rapport sur les services rendus le 27 février 1929
Secours à la goélette à moteur Édith.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le sous-patron  Briec Noël.
Rapport sur les services rendus le 29 décembre 1929
Secours au trois-mâts Pomorze avec les canots des stations de Saint-Pierre, Saint-Guénolé, Guilvinec.
Équipage sauvé.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Loussouarn Jean.
Le Cloarec Jean-Louis, non cité, est titulaire d’un diplôme.
Rapport sur les services rendus le 3 octobre 1938
Action simultanée des canots de sauvetage des stations de Kérity et Saint-Pierre, au secours du canot de pêche Blandine.
Deux marins sauvés par la pinasse Marie Roger.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf Tanniou Jean-Guillaume faisant fonction de patron.
 

Rapport sur les services rendus le 2 décembre 1868
Secours à la goélette Ange Mathilde.
Six marins sauvés
Il a été question dans le dernier numéro d’un sauvetage opéré par le canot de Kérity et dont le rapport officiel n’était pas encore parvenu au Comité central.
C’est le 2 décembre qu’a eu lieu cet événement. La goélette française Ange Mathilde, de 104 tonneaux, partie d’Espagne à destination d’Anvers avec un chargement de minerai, sombra à la suite d’une voie d’eau à quatre milles dans le sud-ouest de Penmarc’h. L’équipage, composé de six hommes, n’eut que le temps de s’embarquer dans les canots, mais le vent soufflait avec force, la mer était grosse, et ils eussent infailliblement péri en cherchant à aborder si le canot de sauvetage n’eut été à leur rencontre. Mis à la mer au point du jour, ce dernier recueillit les naufragés à neuf heures et revint faire côte avec eux à trois milles du port, que la marée basse ne lui permettait pas d’atteindre.
Le canot de sauvetage était monté par Riou(1), patron ; Gauliquaire(2), Jigou(3) (Daniel), Jigou(4) (Louis), Cloarech(5) (Yvan), Talhat, Cloarech(6) (Marie), Carel, Pachique, Legall(7) (Jean), Cloarech(8) (Jean), Legall(9) (Henry), Garel, canotiers, Hutz, volontaire.
(1) Riou Henri
(2) Gouliquer Vincent
(3) Jégou
(4) Jégou
(5) Cloarec ?
(6) Cloarec ?
(7) Le Gall
(8) Cloarec ?
(9) Le Gall

 

Rapport sur les services rendus le 20 janvier 1873.
Secours à trois hommes surpris par la marée montante.
Trois hommes sauvés.
La fin du mois de janvier et celle de février ont été les périodes les plus tristes de ce trimestre ; c’est le moment où sur tous les points du littoral nos canots ont dû redoubler d’efforts. Le 20 janvier, le canot de Kérity-Penmarc’h est allé par très gros temps sauver trois hommes qui, de terre, paraissaient en danger sur un amas de roches où les avait surpris la marée montante.
Le canot de Kérity-Penmarc’h était armé par les nommés :
Riou(1), patron ; Jegou(2), sous-patron ; Riou (Allain(3)), Garrec(4) (Guillaume), Tanneau (Joseph), Stephan(5) (Henri), Salaun (Paul), Corre (Jean), Le Pape (Eugène), Cloarec (Bernard), Cloarec (Jean),
Le Moigne (Pierre).
(1) Riou Henri
(2) Jégou Jacques
(3) Alain
(4) Le Garrec
(5) Stéphan

 

Rapport sur les services rendus le 23 août 1879
Assistance à la goélette Jeune Hortense, de Nantes.
La goélette la Jeune Hortense, de Nantes, de 400 tonnes environ, ayant dix hommes d’équipage, venait d’Espagne avec un chargement de minerai pour Dunkerque ; surprise par une brume très intense et poussée par des vents sud-ouest mer très grosse, le capitaine égaré de la route et se croyant dans le voisinage des Glenans(1) ou de l’île de Sein, elle s’engagea dans les récifs à 2 milles sud de Kérity, vers 7 heures du soir. Prévenu immédiatement, le Comité fit lancer le canot, qui arriva à 7 heures 30 sur le lieu du sinistre. Le patron Riou(2), qui s’était embarqué avec trois hommes dans un autre canot, arriva non sans danger à bord de la Jeune Hortense un instant avant l’embarcation de sauvetage. Ce navire se serait infailliblement brisé sur les rochers si le capitaine n’eut pas fait couper immédiatement son câble de mouillage, dès qu’il sut, par Riou, le danger auquel il était exposé, et put ainsi se dégager de la position critique dans laquelle il se trouvait.
Le canot de sauvetage était monté par les nommés Jegou(3), Le Brun(4), Lochouarn(5), Le Corre, Cloarec(6), Le Gall (Joseph), Le Gall (Alain), Stéphan(7), Le Goff(8), Salaun(9), Le Garrec(10) et Lenormand(11).
Comme nous le disons plus haut, le patron Riou, qui n’avait pu arriver à temps pour prendre le commandement du canot avait pris passage avec trois hommes dans une autre embarcation pour aller au secours de la Jeune Hortense.
(1) Glénan
(2) Riou Henri, pour toutes les occurrences
(3) Jégou Jacques
(4) Le Brun Corentin
(5) Loussouarn ?
(6) Cloarec Alain
(7) Stéphan Nonna
(8) Le Goff Pierre
(9) Salaun Paul
(10) Le Garrec Guillaume
(11) Le Normant Alain

 

Rapport sur les services rendus le 3 décembre 1879
Secours à la chaloupe de pêche Sainte Catherine.
Quatre marins sauvés.
La chaloupe de pêche de 6 tonneaux la Sainte Catherine, ayant 4 hommes d’équipage, assaillie par une tempête de neige, vent d’est, mer très grosse, est drossée vers 4 heures 30 du soir sur la côte, à 2 milles environ à l’est de Kérity. Sur l’ordre du Comité, le canot de sauvetage fut envoyé, à 4 heures 45, au secours de la chaloupe. Un des hommes de l’équipage avait été embarqué, en rade de Guilvinec, sur le canot du bord, pour aller à terre ; mais le mauvais temps ne lui avait pas permis de débarquer, la Sainte Catherine avait pris à la remorque cette embarcation, qui se trouva bientôt, par suite de la rupture des amarres, exposée à la merci des flots. Le canot de sauvetage put heureusement recueillir d’abord ce marin, puis ensuite atteindre la Sainte Catherine, recueillir le reste de son équipage et les amener tous à Kérity.
L’armement du canot de sauvetage était ainsi composé : Riou(1), patron ; Gouliquer(2), Lonouarn(3), Stephan(4), Cloarec (Bernard), Kerloch (Henri), Pichavavan(5), Pon, Le Gall(6), Pinau, Le Pape(7), Kerloch (Allain(8)), Gandedoange et Cloarec (Allain(9)), canotiers.
(1) Riou Henri
(2) Gouliquer Vincent
(3) Loussouarn ?
(4) Stéphan Nonna
(5) Pichavant ?
(6) Le Gall Alain
(7) Le Pape Jean
(8) Alain
(9) Alain

 

Rapport sur les services rendus le 13 avril 1881
Secours à la chaloupe de pêche Marie Louise.
Huit hommes recueillis par l’embarcation d’un gardien de phare.
La chaloupe la Marie Louise, qui allait de la baie d’Audierne à Guilvinec fut assaillie vers les midi par un coup de mer qui la jeta sur les récifs de la pointe de Saint-Pierre. Le canot de Kérity, sur l’ordre du comité, fut lancé à la mer à midi et demi, et arriva à une heure un quart sur le lieu du sinistre, au moment où les huit hommes de la Marie Louise venaient d’être recueillis par une embarcation appartenant au gardien du phare de la pointe Saint-Pierre. – Le canot est alors revenu à Kérity, où il est rentré à deux heures de l’après-midi.
L’équipage du canot comprenait le patron Riou(1) et les nommés Gouliquer(2), Lounouarer, Le Pors(3), Gall, Riou (Alain), Jouen, Stéphan(4), Gourlaouen(5), Perven, Le Gars(6) et Riou (Joseph).
(1) Riou Henri
(2) Gouliquer Vincent
(3) Le Pors Paul
(4) Stéphan Nonna
(5) Gourlaouen François
(6) Le Gars Robert

 

Rapport sur les services rendus le 4 janvier 1886
Secours à la chaloupe de pêche Jeanne, de Guilvinec.
Chaloupe secourue par trois bateaux de Saint-Pierre.
Le 4 janvier, par tempête de vent d’ouest, mer grosse, une chaloupe de pêche de Guilvinec, la Jeanne, avec onze hommes d’équipage, ayant touché, vers deux heures du soir, sur une roche dans le chenal de Saint-Pierre, à un mille environ du phare de Penmarc’h, fut secourue par trois embarcations de la localité au moment où le canot de sauvetage de Kérity, averti lui-même du sinistre à deux heures un quart, arrivait, un quart d’heure après, au secours des naufragés. Sa présence n’étant plus utile, le canot revenait à son poste à trois heures et demie.
Dans cette sortie, qui n’a présenté aucun incident, l’armement du canot de sauvetage comprenait : le patron Jegou(1) ; le sous-patron Gouliquer(2) ; le brigadier Loussouarn(3) et les canotiers Stéphan (Noël), Canivet(4) (René), Pennec(5), Cloarec (Alain), Cloarec (Bernard), Brice(6), Tauter(7), Canivet(8) (Alain) et Le Gall (Henri).
En même temps que le canot de sauvetage sortait pour se porter au secours de la chaloupe la Jeanne, ainsi que nous en rendons compte plus haut, les gardiens du phare de Penmarc’h, les nommés Donnart et Colin, se rendaient de leur côté sur le lieu du sinistre, où ils arrivaient à une heure et demie de l’après-midi, munis de fusils porte-amarres et des autres engins de la Société. Montés dans une embarcation, ils ont lancé une flèche qui s’est cassée, puis ont utilisé le hâle à bord, qui a servi au sauvetage, effectué par trois bateaux du port de Saint-Pierre.
(1) Jégou Jacques
(2) Gouliquer Vincent
(3) Loussouarn Jean
(4) Canévet
(5) Pennec Corentin
(6) Briec Sébastien
(7) Tanter Pierre
(8) Canévet

 

Rapport sur les services rendus le 29 octobre 1887
Secours à la chaloupe de pêche Saint Riagat, de Guilvinec.
Équipage, moins un disparu, recueilli par une autre chaloupe de pêche.
Le 29 octobre, la barque de pêche le Saint Riagat de Guilvinec, surprise vers midi et demi à demi-marée, par une violente tempête, mer démontée, alla chavirer dans les brisants à un peu moins d’un mille à l’ouest du phare de Penmarc’h. Aussitôt prévenu, le patron Jégou(1) fit mettre le canot à la mer et se dirigea sur le lieu du sinistre au moment où l’équipage du Saint Riagat, recueilli par une chaloupe de pêche qui se trouvait sur les lieux, était conduit à Guilvinec. Le canot retourna alors à la station où il arriva vers les quatre heures.
Dans cette sortie sans incidents, le patron Jégou était accompagné des canotiers Kerloch(2), Le Normant(3), Le Gall(4), Corre(5), Rion(6) (Honoré), Rion(7) (Thomas), Monfort, Palud, Lecoz(8), Berron(9), Kerisit(10), Jégou (Jean), Hilgouach et Jouvin.
Les gardiens du phare de Penmarc’h avec les appareils de sauvetage dont ils sont pourvus s’étaient également rendus sur le lieu du naufrage pour concourir, au besoin, aux opérations de sauvetage.
À Penmarc’h (Finistère), ce sont les gardiens du phare qui se portèrent le 29 octobre, à onze heures cinquante du matin, au secours de la chaloupe le Saint Riagat de Guilomec(11), qui ayant chaviré par une lame, était allée s’échoir à un mille environ de la côte, dans le chenal Cadout, à leur arrivée à midi. Les gardiens du phare pas plus que le canot de sauvetage de Kérity, comme nous le mentionnons plus haut, n’ont eu à se préoccuper du sort de l’équipage qui venait d’être recueilli par une autre chaloupe qui le conduisit à Guilomec, à l’exception d’un marin qui s’est noyé.
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Kerloch Alain
(3) Le Normant Alain
(4) le Gall Henri
(5) Le Corre Jean
(6) Riou
(7) Riou
(8) Le Coz
(9) Berrou Michel
(10) Kérisit Joseph
(11) Guilvinec, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 10 décembre 1888
Secours au brick-goélette Petit Louis, de Saint-Nazaire.
Cinq marins secourus.
Vers 7 heures et demie du matin, le 10 décembre, le canot de sauvetage, sur l’ordre du patron Jégou(1), fut mis à la mer pour se porter au secours du brick-goélette le Petit Louis de Saint-Nazaire, qui trompé, par la brume, était allé se perdre sur le rocher Menhir, dit le Pellun, à deux milles dans l’ouest du phare de Penmarc’h. – Vers huit heures et demie le canot de sauvetage rencontra les cinq hommes d’équipage réfugiés dans le canot du bord, il les recueillit et les amena à Kérity où ils arrivèrent à dix heures et demie.
L’armement du canot comprenait le patron Jégou, le sous-patron Gouliquers(2), et les canotiers Cloarec(3), Le Gall(4), Sephan(5), Jézégabel(6), Pors(7), Correc(8), Le Normand(9) et Tenter(10) ainsi que le marin volontaire Gourlaouen(11).
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Gouliquer Vincent
(3) Cloarec Alain
(4) Le Gall Henri
(5) Stéphan Nonna
(6) Jézégabel Robert
(7) Le Pors Paul
(8) Correc Joseph
(9) Le Normant Alain
(10) Tanter Pierre
(11) Gourlaouen François

 

Rapport sur les services rendus le 16 novembre 1889
Secours au canot de pêche les Deux Frères.
Le 16 novembre, le canot de pêche les Deux Frères monté par trois hommes d’équipage se trouvait près de la basse de Tohann, rochers des Étaux(1), lorsque vers 2 heures et demie du soir, un aviron étant cassé, le canot a été jeté par une lame sur les brisants à deux milles au sud de Kérity. Prévenu à 4 heures et demie, le sous-patron Gouliquer(2) fit mettre le canot de sauvetage à la mer et se rendit sur le lieu du sinistre où il arriva à 5 heures. Il fit le tour des Étaux et cinq des hommes de l’équipage explorèrent les rochers où ils ne virent que quelques planches et quelques effets sur l’eau sans rencontrer les naufragés, lesquels après avoir gagné les rochers à la nage ont pu rejoindre leur canot qu’une lame avait poussé auprès d’eux. Ils avaient ainsi atteint Kérity au milieu de la brume sans avoir été aperçus par le canot de sauvetage.Celui-ci rentra à Kérity à 6 heures du soir sans autre incident.
Le sous-patron Gouliquer était accompagné dans cette sortie par les canotiers : Janvier (Théophile), Stéphan (Noël), Cloarec (Alain), Normand(3) (Alain), Le Goff (Pierre) et par les marins ne faisant pas partie de l’équipage réglementaire : Durand (Louis), Durand (Jean), Goudébranche (Alain), Talbot (Baptiste), Balch (Joachim), Gourlaouen (François), Le Pape (Jean), Lelgouarch (Pierre), Le Gall (Marie), Le Floch (Bernard), Garrec(4) (Guillaume), Calvez (Jacques) et Balch (Laurent).
(1) Étocs, pour toutes les occurrences
(2) Gouliquer Vincent, pour toutes les occurrences
(3) Le Normant
(4) Le Garrec

 

Rapport sur les services rendus le 27 janvier 1890
Secours au canot de pêche Ave Maris Stella, de Saint-Pierre en Penmarc’h.
Trois marins sauvés par deux embarcations de Saint-Pierre.
Le 27 janvier vers 10 heures, un coup de canon du sémaphore avertissait qu’un sinistre avait lieu en mer . Immédiatement le canot de sauvetage était mis à la mer et il se rendait par un temps douteux, vent d’O.-S.-O., grosse mer, à l’endroit qui lui avait été indiqué. Il s’y trouvait à 10 heures 45, mais déjà le sauvetage avait été opéré. Le canot de la chaloupe de pêche Ave Maris Stella de Saint-Pierre, en Penmarc’h, était à la pêche à lever ses filets à mulets à 500 mètres au sud du phare lorsqu’il fut chaviré par une lame. Deux embarcations de Saint-Pierre sortirent immédiatement et recueillirent les trois naufragés qui étaient à peu de distance soutenus par les avirons de leur canot .
Le patron Jégou(1) était accompagné de Loussouarn(2), brigadier, et des canotiers Stéphan (Noël), Cloarec (Alain), Pors(3) (Paul), Canevet(4) (René), Canevet(5) (Alain), Le Gall (Alain), Le Gall (Joseph), Tauter(6) (Pierre), Correc (Jean), Pennec (Corentin), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François) et Le Pape (Eugène).
(1) Jégou Jacques
(2) Loussouarn Jean
(3) Le Pors
(4) Canévet
(5) Canévet
(6) Tanter

 

Rapport sur les services rendus le 12 mars 1891
Secours à la chaloupe de pêche La Perle, de Saint-Pierre en Penmarc’h.
Action simultanée du canot de sauvetage de Saint-Guénolé en Penmarc’h.
Le 12 mars, le canot s’est porté au secours du bateau de pêche La Perle, de Saint-Pierre (pointe de Penmarc’h), patron Vincent Tannion(1), monté par neuf hommes.
Si la sortie n’a pas été utile à celui-là qui, connaissait bien les rochers, a pu se garer seul après être resté échoué un instant à six cents mètres du phare, il aurait pu en être autrement pour deux autres canots de pêche que l’on croit perdus dans les mêmes parages, ce matin-là même ; l’un d’eux dont on a signalé les épaves recueillies sur la côte de Penmarc’h et en mer, est la chaloupe de pêche Notre Dame de la Joie, de Douarnenez, dont l’équipage de neuf hommes est considéré comme perdu.
Ce bateau était sorti de Guilvinec le 11 au soir par beau temps pour aller, pour la première fois, à la pêche du maquereau, et s’est perdu presque en face de la chapelle de N.-D.-de la-Joie, dont il portait le nom. L’autre bateau est encore inconnu ; on parle d’un pêcheur de Concarneau.
Beaucoup de bateaux de pêche de Penmarc’h étaient sortis la veille et cet ouragan a surpris tout le monde ; comme je vous l’avais annoncé, la sortie du canot de Kérity s’est accomplie dans des circonstances très difficiles : il a bien été tiré un coup de canon d’alarme vers 2 heures du matin, mais la tempête a dû empêcher de l’entendre, et ce n’est qu’à 3 heures que le lancement du canot s’est effectué d’une manière très rapide, au dire des témoins oculaires, et bien que les câbles de lancement se soient rompus pendant la manœuvre ; il n’y avait d’abord que quatre marins et une vingtaine de femmes de pêcheurs qui l’ont mis à l’eau, et il a fallu éviter les mâts du dernier vapeur naufragé que la tempête avait jetés en travers.
Le retour ne s’est pas effectué dans de meilleures conditions : l’équipage, composé principalement de volontaires (il n’y avait que cinq canotiers titulaires), est rentré complètement exténué, et ce n’est qu’à 7 heures du matin que le canot a pu être remisé. Pour donner une idée du dévouement de l’équipage, il suffit de citer les paroles d’un de nos canotiers : « Nous étions tout trempés avant d’embarquer, et ce n’est qu’au jour que nous nous sommes reconnus sur le canot : auparavant chacun de nous savait qu’il avait des camarades près de lui, mais il ignorait leurs noms, bien que ce fussent des voisins. »
Le patron Jégou (Jacques), qui dirigeait cette sortie, avait sous ses ordres les canotiers Pors(2) (Paul), Le Gall (Alain), Stéphan (Noël), Pennec (Corentin), et les volontaires Stéphan (Joseph), Correc (Joseph), Gourlaouen (Jean-Louis), Kerloch (Alexis), Riou (Henri), Durand (Jean), Le Faou (Jean), Drézen (Corentin) et Jégou (Joseph).
(1) Tanniou
(2) Le Pors

 

Rapport sur les services rendus le 2 juin 1892
Action simultanée des canots de Kérity et de Saint-Guénolé au secours de la chaloupe de pêche Marie, de Saint-Pierre.
Quatre personnes sauvées, deux par le canot de Kérity, deux autres par des chaloupes de pêche du pays ; quatre disparus.
Kérity – Le 2 juin, par mer démontée que soulevait un coup de vent de Sud-Ouest, la chaloupe Marie, de Saint-Pierre en Penmarc’h, revenait de la pêche aux maquereaux, après avoir passé toute la nuit dehors.
Bien qu’il fit à peine jour, les guetteurs purent l’apercevoir tout d’un coup soulevée et capotée par une énorme lame ; le signal fut donné aussitôt au canot de sauvetage qui fut rapidement armé, et qui se trouva bientôt sur les lieux où le sinistre s’était produit. Deux des infortunés qui montaient la Marie, les nommés Le Floch (Alain) et Le Floch (Pierre), entraînés par le courant sur les bas-fonds, n’avaient presque plus la force de se soutenir sur l’eau.
Confiant dans le sang-froid de ses hommes autant que dans les qualités de son embarcation, et connaissant à souhait les terribles parages dans lesquels il fallait se risquer, notre brave patron Jégou(1) se décida à tenter le sauvetage. En quelques minutes il était au milieu de ces terribles lames dont la volute, en se brisant, entraîne tout avec elle ; calme, inébranlable à son poste, il parvint à leur échapper et aussi à leur enlever les malheureux dont, sans ce secours, la perte était infaillible. Pendant ce temps, deux autres naufragés qui avaient pu se maintenir au large, étaient recueillis par des chaloupes du pays ; malheureusement il en manquait encore quatre qu’il fut impossible de retrouver.
Jégou avait avec lui les marins : Janvier (Théophile), Canévet (Alain), Canévet (René), Le Gall (Alain), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François), canotiers titulaires ; Gouléquer(2) (Vincent) fils, Le Gars (Robert), Cloarec (Jean), Le Cléach (Corentin) et Le Garrec (Guillaume), canotiers volontaires.
Saint-Guénolé – Le canot de sauvetage de Saint-Guénolé, averti en même temps que celui de Kérity, par le coup de canon d’alarme du sémaphore, a pris aussi la mer avec la plus grande promptitude pour se porter au secours de la Marie.
Son équipage a montré en cette occasion tant d’énergie et de dévouement, que nous nous faisons un devoir de donner leurs noms aux lecteurs de nos Annales :
Patron Auffret (Louis(3)) ; sous-patron Riou (Jean) ; canotiers : Hélias (Alain), Scullier(4) (Jacques), Hélias (Louis), Briec (Pierre), Guéguen (Alain), Le Corre (Jacques), Tanter (Pierre), Jégou (Joseph), Drezen(5) (Guillaume) et Le Pape (Pierre).
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Gouliquer
(3) Louis-Napoléon
(4) Scuiller
(5) Le Drézen

 

Rapport sur les services rendus le 5 novembre 1892
Action simultanée des canots de Kérity et de Saint-Guénolé au secours du bateau de pêche  n° 1245, Cuirassier de Reichshoffen, de Guilvinec, patron Cléach (fils).
Huit personnes sauvées par le canot de Kérity.
Kérity - Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de porter à votre connaissance le rapport ci-joint relatif au sauvetage opéré par le canot de Kérity à la date du 5 novembre 1892, avec petite brise de S.-O., mer très grosse. Ce jour-là, à 1 heure 30 du soir, j’ai aperçu un bateau de pêche chavirant, par une grosse lame, en passant sur les brisants dits le Viller, à un mille au sud du sémaphore. J’ai fait immédiatement tirer un coup de canon et hisser le pavillon de détresse, dans le but de lui envoyer des secours.
Le bateau de sauvetage de Kérity, étant le plus rapproché du lieu du naufrage, a été assez heureux pour recueillir les naufragés au nombre de sept hommes d’équipage et un mousse, et les ramener tous à terre sains et saufs. Seul le mousse se trouvait presque inanimé ; il a été aussitôt transporté chez M. Jacq, gérant de l’usine de M. Saupiquet à Kérity, où on s’est empressé de lui donner tous les soins que nécessitait son état. Le bateau naufragé est du port de Guilvinec ; il porte le n° 1245(1), et a pour patron le nommé Cléach (fils). Voici les noms des canotiers sauveteurs :
Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Allain-Yves(2)), brigadier ; Le Gall (Allain(3)), Pors(4) (Paul), Briec (Sébastien), Tanter (Pierre-Jean), Kerloch (Henri), Janvier (Théophile), Cloarec (Allain(5)) et Le Gall (Joseph), canotiers ; Gouliquer (Vincent) fils, Le Gall (Nonna), Gourlaouen (Yves), Jégou (Joseph), Goudebranche (Benjamin), Peigné (Sébastien) et Le Pape (Jean), volontaires.
Saint-Guénolé – Avertis en même temps que ceux de Kérity, les marins de Saint-Guénolé se sont portés en toute hâte au secours des naufragés, mais malgré la célérité remarquable de la mise à l’eau et du départ, le canot, en raison de la distance à parcourir, (au moins trois milles) n’a pu arriver tout à fait à temps pour coopérer au sauvetage, qui venait d’être heureusement effectué par les sauveteurs de la station plus rapprochée de Kérity.
Les difficultés extrêmes de cette sortie ont fait ressortir, une fois de plus, outre les excellentes qualités du canot, l’habileté et l’énergie de son équipage qui comprenait : le patron Auffret (Louis(6)) et les canotiers Kerloch (Alexis), Cloarec (Jean), Stéphan (Jean), Tanneau (François), Briec (Pierre), Tanneau (Thomas), Baltez (Vincent), Hélias (Sylvestre), Tanter (Pierre), Drezen(7) (Guillaume) et Hélias (Louis).
Rapport de M. Madec, membre du Comité.
(1) Cuirassier de Reichshoffen
(2)Alain-Yves
(3) Alain
(4) Le Pors
(5) Alain
(6) Louis-Napoléon
(7) Le Drézen

 

Rapport sur les services rendus le 12 novembre 1894
Secours au sloop Noé, d’Audierne.
Équipage secouru
Le sloop Noé, d’Audierne, mouillé sur ses ancres à l’endroit dit La Poire, à cinq cents mètres de terre, attendait le moment favorable pour se rendre à Brest, quand il a été, le 12 courant, assailli par un furieux coup de vent de S.-S.-O. Le capitaine avait cependant pris toutes ses précautions et attendait, confiant dans ses mesures, la fin de la tourmente, lorsque la tempête redouble encore de force : le canot du bord coule et le sloop chasse sur ses ancres. La situation du navire devenait critique : le capitaine fait hisser à mi-mât le drapeau. Le patron du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, à la vue de ce signal, fait aussitôt mettre à l’eau le canot de la Société et atteint le sloop. Après une lutte opiniâtre d’une heure contre la mer et l’ouragan, il est heureux de recueillir sain et sauf l’équipage en danger. Le canot de sauvetage se disposait à regagner le port, quand le vent du S.-O. saute brusquement au N., c’est-à-dire debout, pour revenir ; aussi n’est-ce qu’à 5 heures qu’il put regagner le port. Il a eu quelques avaries, mais très légères. Veuillez recevoir, etc., etc.
Le Président du Comité, Courtois.
Armement du canot : Jégou (Jacques), patron. Les matelots : Kerloch (Henri), Pors(1) (Paul), Jégou (Joseph), Stéphan (Noël), Pichavant (Jean-Félix), Le Pape (Eugène), Cloarec (Alain), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François), Tanter (Pierre-Jean(2)), Gouliquer (Vincent).
(1) Le Pors
(2) Pierre

 

Rapport sur les services rendus le 18 octobre 1895
Secours à la chaloupe de pêche n° 958, de Guilvinec.
Le patron Jégou(1) ayant aperçu, vers les une heure de l’après-midi, une chaloupe de pêche qui était échouée aux Estocs(2), sur le plateau de rochers appelé Lour-Von, et qui faisait des signaux de détresse, s’est empressé de rallier les hommes disponibles pour armer le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. L’armement fut complété par des hommes de bonne volonté, toute la population étant au large, car la matinée avait été très belle et le mauvais temps était venu subitement. Alors que l’on approchait du lieu de l’accident, un changement qui amena une saute de vent et une embellie de la mer permit à la chaloupe en détresse de se déhaler et de réappareiller. C’était le n° 958, du port de Guilvinec. État du temps : grande brise de S.E., mer grosse.
Noms des hommes qui montaient le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Jacques), patron ; Le Gall (Alain), brigadier ; Stéphan (Joseph), Briec (Sébastien), Cloarec (Alain), Janvier (Robert), Tanter (Pierre-Jean(3)), Le Pape (Eugène), Le Garrec (Thomas), Jequel(4) (Pierre), Riou (Henri), Cloarec (Auguste).
(Extrait du rapport adressé par M. Courtois, Président du Comité local.)
(1) Jégou Jacques
(2) Étocs
(3) Pierre
(4) Jéquel

 

Rapport sur les services rendus le 28 mars 1896
Secours à une drôme de goémon et à un canot.
Quatre hommes secourus.
Vers midi, le patron, Jégou(1), se trouvant à la porte de la maison-abri, aperçut des signaux de détresse faits par un homme monté sur une drôme de goémon, que le vent et la marée poussaient au large à 1 mille, S.E., de Kérity ; une tempête du nord régnait à ce moment ; une embarcation montée par trois hommes se trouvait également dans ces parages, désemparée de sa voile par un gros grain, laquelle s’était portée au secours de l’individu précité, dont la situation, à son tour, devenait des plus périlleuses. Aussitôt le patron Jégou, voyant le danger, fit sortir le canot qui, avec l’aide de quelques femmes et des canotiers présents, fut lancé en quelques instants ; se rendre ensuite sur le lieu du sinistre, recueillir d’abord l’homme qui était sur la drôme et qui était sur le point de disparaître et ensuite les trois hommes du canot désemparé, fut fait avec la plus grande célérité, lesquels ont été ramenés à Kérity sains et saufs. Le patron Jégou, dans la circonstance, a donné une nouvelle preuve de sa vigilance et du dévouement dont il est animé pour se porter au secours de son semblable.
Armement du canot : Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Alain), brigadier ; Jégou (Joseph), Taniou(2) (Guillaume), Kerloch (Henri), Cloarec (Alexis), Gourlaouen (François), Canevet(3) (Alain), Stéphan (Joseph) canotiers ; Jézegabel(4) (Robert) et Kerloch (Alexis), volontaires. (Rapport de Monsieur Courtois, Président du Comité de Sauvetage local).
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Tanniou
(3) Canévet
(4) Jézégabel

 

Rapport sur les services rendus le 26 mars 1897
Secours au trois-mâts goélette Sancta Maria, de Dunkerque (Cf. rapport sur les services rendus le 26 mars 1897 par la station de Saint-Guénolé).
Huit marins sauvés par le canot de sauvetage de Saint-Guénolé.
Le patron Jégou(1), ayant été prévenu à 7 heures du matin par le préposé Mazin, de Kérity, qu’un fort navire(2) se trouvait en détresse à la côte, près Saint-Véo(3), s’est empressé de faire sortir le canot qui a été lancé dans un instant, il s’est dirigé pour couper au plus court par le chenal de Gourmily(4) où la mer était démontée et ensuite vers le lieu du sinistre. En arrivant en face de la Torche, il a rencontré le canot de sauvetage de Saint-Guénolé qui venait de recueillir l’équipage du navire naufragé, le patron Jégou demanda au patron Auffret(5) s’il avait sauvé tout l’équipage, ce dernier lui répondit que oui et les deux canots se sont suivis par crainte d’avaries jusqu’au port de Saint-Guénolé où ont été débarqués sains et saufs les huit hommes naufragés. Le canot est rentré à Kérity à 11 heures ¾ sans accident, ni avarie, mais l’équipage était fatigué. Dans la circonstance, le canot en se rendant sur le lieu du sinistre pouvait être d’un grand secours à un moment donné, à celui de Saint-Guénolé ; le sauvetage se trouvant des plus difficiles, surtout au milieu des brisants ; on ne peut donc qu’approuver les prudentes dispositions prises en pareil cas par le patron Jégou.
Veuillez agréer, etc., etc.
Le Secrétaire du Comité local, Lieutenant des Douanes, Marguerie.
Armement du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Jacques), patron ; Le Gall (Alain), brigadier ; Kerloch (Henri), Buhannic (Corentin), Cloarec (Alain), Tanter (Pierre), Pichavant (Jean), Pors(6) (Paul), Stéphan (Noël), Jégou (Joseph), Gourlaouen (François), Le Pape (Eugène), canotiers.
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) il s’agit du trois-mâts goélette Sancta Maria
(3) Saint-Vio
(4) Groumilly
(5) Auffret Louis-Napoléon
(6) Le Pors

 

Rapport sur les services rendus le 8 août 1898.
Secours à une chaloupe de pêche.
Deux mousses sauvés.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous rendre compte de la sortie effectuée, ce matin, 8 août, par le canot de notre station Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. À 8 heures, ce matin, j’ai été prévenu par Jégou (Joseph), canotier, qu’une chaloupe de pêche se trouvait en perdition entre Guilvinec et Kérity. Je me rends aussitôt à la maison-abri, pour donner ordre de mettre le canot de sauvetage à la mer ; le patron Jégou(1), prévenu par Gourlahouen(2) (Jean-Louis), auxiliaire du canot, hâtait au plus vite les préparatifs de départ. En moins de cinq minutes, le canot était lancé ; la mer était démontée, le vent soufflait avec fureur et il tombait une pluie torrentielle. Après les plus pénibles efforts, nos hommes réussirent à atteindre la chaloupe. Il était temps. Déjà elle talonnait sur le rocher Méléned ; il n’y avait à bord que deux jeunes mousses. Ces pauvres enfants avaient à peu près perdu connaissance croyant que tout était fini pour eux. Ramenés à Kérity, ils y ont reçu les soins les plus empressés et n’ont pas tardé à revenir à eux. Ce sont les nommés Berrou (Pierre), et Gloaguen (Hervé).
Armement du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Jacques), patron ; Jégou (Joseph), Pors(3) (Paul), Gouliquer (Vincent), Tanter (Pierre), canotiers ; Gourlahouen (Jean-Louis), Le Guen (Jean), Drézen (Baptiste), Berrou (Michel), Gloaguen (Louis), Correc (Joseph), auxiliaires. (Extrait du rapport de M. Collin, Président du Comité local.)
(1) Jégou Jacques
(2) Gourlaouen, pour toutes les occurrences
(3) Le Pors

 

Rapport sur les services rendus le 4 novembre 1898
Secours à la chaloupe de pêche n° 1514, de Lesconil.
Équipage sauvé par un canot de Saint-Pierre, patron Le Clech François.
Équipage du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Jacques et le canotier Jégou Joseph.
Monsieur le Président,
Comme suite à mon télégramme d’hier, j’ai l’honneur de vous rendre compte de la sortie du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, de la station de Kérity-Penmarc’h. A 5 heures moins 1/4 du soir, je fus prévenu par un pêcheur, qui venait de la baie d’Audierne faire la pêche à la sardine, qu’une chaloupe de pêche montée par six hommes et un mousse venait d’être jetée par une lame sourde sur le rocher Le Coër en face du phare d’Echmül(1). Le vent était O, la mer très grosse et une brume épaisse empêchaient certainement les marins de Kérity de voir la chaloupe sur le rocher Le Coër. Ayant confiance dans le rapport que me fit Durand (Jean), pêcheur, je fis mettre immédiatement le canot de sauvetage à l’eau en indiquant bien au patron Jégou(2) l’endroit où se trouvait la chaloupe en perdition. La mise à l’eau du canot de sauvetage n’a demandé que 5 minutes à peine. Le courage, l’énergie à la pensée de pouvoir sauver leurs semblables, étaient écrits sur la figure de chacun des braves qui montaient le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. Bien que la mer fut très grosse et la brume très épaisse, ce qui devait gêner leurs recherches, j’avais pleine confiance en voyant partir nos canotiers avec tant d’entrain. Le patron Jégou et son fils Jégou (Joseph), connaisseurs à fond de notre côte si accidentée, furent bientôt hors de danger et arrivèrent en moins d’une demi-heure au rocher Le Coër. Ils trouvèrent la chaloupe de pêche complètement démolie, firent plusieurs tours autour du rocher, cherchant et écoutant ; ne voyant rien, n’entendant rien, il fit route sur Saint-Pierre. Là il demande quelques renseignements et il apprend que le sauvetage de l’équipage de la chaloupe n° 1514, patron Le Roux, de Lesconil, a été opéré par un canot de Saint-Pierre monté par Le Clech (François), de Saint-Pierre. Cinq minutes plus tôt, c’était le canot de sauvetage de Kérity qui opérait. Le canot de sauvetage est rentré à Kérity une heure et demie après sa sortie, sans accident. Les canotiers étaient fatigués mais regrettaient surtout de n’avoir pu opérer le sauvetage.
Veuillez, etc., etc.
Le Président du Comité de sauvetage, Collin.
(1) Eckmühl
(2) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 25 décembre 1898
Assistance au vapeur La Marie, du Havre.
Dans la soirée du 25 décembre, par temps très noir, le patron Jégou(1) et M. Colin, négociant, membre du Comité, prévenus qu’un vapeur venait de se mettre au plein sur les rochers du Gribec, à un mille au S.E. de Guilvinec, firent armer le canot de sauvetage. Le lancement fut long et très difficile, parce que l’on était au bas de l’eau. Arrivés à l’endroit indiqué les sauveteurs reconnurent que le navire était La Marie, de la maison Worms et Cie, du Havre, allant de Bordeaux au Havre, ayant 20 hommes à son bord. Le capitaine ne voulant pas croire à la perte totale, demanda comme il l’avait fait au canot de Lesconil, qui l’avait rejoint déjà, de rester auprès de lui et de l’aider dans ses tentatives de déséchouage. Ce ne fut qu’à 6h. du matin que, reconnaissant que tout espoir était perdu, il se décida à l’abandon. Lui et son équipage embarquèrent alors dans les embarcations de La Marie, et escortés par les deux canots de sauvetage, ils regagnèrent le port de Guilvinec.
Armement du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Jacques), patron ; Le Gall (Alain), Cloarec (Alain), Pors(2) (Paul), Buhannic (Corentin), Canévet (René), Stéphan (Joseph), Jégou (Joseph), Gourlaouen (François), Kerloch (Henri), Coïc (Corentin), Tanniou (Guillaume).
(Extrait du rapport de M. Marguerie, lieutenant des Douanes, secrétaire du Comité local.)
(1) Jégou Jacques
(2) Le Pors

 

Rapport sur les services rendus le 7 février 1899
Secours à la chaloupe de pêche La Biche, de Kérity.
Huit marins sauvés.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous faire connaître les détails du sauvetage opéré hier 7 février par le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron de la station de Kérity. À onze heures 5 minutes du matin je fus prévenu par un marin du port de St-Pierre, qu’une chaloupe de pêche faisait des signaux de détresse dans les parages du Menhir de Pelem. Le patron Jégou (Jacques) prévenu aussitôt, fait appel aux canotiers qui arrivent en courant à la maison-abri. À 11 h. 15 le canot était à flot, partant dans la direction indiquée par le marin Jacques Stéphan, qui était venu exprès nous donner connaissance du sinistre. La mer était démontée, le vent de sud-ouest soufflant avec furie ; enfin une tempête comme on en voit peu. J’ai suivi le canot de sauvetage à l’œil nu, tant que j’ai pu, mais malheureusement, comme je l’ai dit plus haut, la mer était tellement démontée que, dans moins de 15 minutes, je l’ai perdu dans les lames blanchies par la tempête. Le patron, Jégou Jacques, dont le courage et le dévouement ne manquent jamais, encourage les canotiers le plus qu’il peut, en disant : « Courage, mes enfants ! J’aperçois là-bas la chaloupe, il faut arriver. Courage ! ». En effet, après avoir ramé pendant 45 minutes dans une mer affreuse, le patron Jégou(1) arrivait à portée de voix de la chaloupe en détresse qui naviguait sans gouvernail depuis 9 heures du soir jusqu’à midi le lendemain, heure où est arrivé le canot de sauvetage à accoster la chaloupe en détresse. Le patron et les marins qui montaient la chaloupe La Biche n° 1280 du port de Kérity, étaient rendus à bout. La fatigue était devenue maîtresse de ces pauvres gens qui n’en pouvaient plus ; aussi, quand les sept hommes et le mousse de la chaloupe La Biche aperçurent le canot de sauvetage arrivé le long de leur bord, et le patron Jégou Jacques donner des instructions au patron Tancret Louis, pour rentrer dans le port de Saint-Pierre, ils sentirent le courage leur revenir. La mer était trop grosse et le vent trop fort pour que le canot de sauvetage prenne la chaloupe à la remorque, mais les instructions du brave praticien Jégou ont été très bien suivies, car celui-ci se tenait à quelques mètres de la chaloupe dans les passes dangereuses jusqu’à Saint-Pierre, toujours en donnant des ordres au patron de la chaloupe La Biche, dans la crainte qu’il arrive un accident. La mer brisait partout. Les canotiers du canot de sauvetage arrivés dans le port de Saint-Pierre en même temps que la chaloupe La Biche ont sauté à bord de celle-ci, ont amené la voile et mouillé ancre et grappin et ont mis le bateau hors de danger. La corvée terminée, les marins et les canotiers ont embarqué à bord du canot de sauvetage, et notre brave patron Jégou nous a conduit les huit naufragés dans un état inquiétant. Les uns pleuraient, d’autres tremblaient de fièvre, de froid et de fatigue, car ils étaient mouillés jusqu’aux os, ces malheureux.
Le Président du Comité local, Collin.
Armement du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Allain(2)), brigadier ; Buhannic (Corentin), Stéphan (Joseph), Kerloch (Allain(3)), Fontaine (Paul), Tanter (Pierre), Cloarec (Allain-Yves(4), Le Pape (Eugène), Coïc (Corentin), Gouliquer (Vincent), Briec (Sébastien).
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Alain
(3) Alain
(4) Alain-Yves

 

Rapport sur les services rendus le 25 mai 1899
Secours à un dundée en difficulté.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Jacques.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous rendre compte que le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, a été mis à l’eau à 11 h. 15 du matin après avoir entendu le coup de canon d’alarme du sémaphore de Saint-Pierre. À 11 h. 25, M. Riou, guetteur du sémaphore est venu nous informer qu’un dundée avait son pavillon en berne non loin des rochers de l’île Nona(1), à l’ouest du phare d’Eckmühl, demandant du secours. Les indications et les points que le guetteur m’a fournis, m’ont permis de donner des instructions au patron Jégou(2) qui quittait déjà le port de Kérity. Le vent était O.-N.-O. mer grosse et courant debout ; aussi les canotiers pour couper au plus court et essayer d’arriver au plus vite sur le lieu du sinistre, furent obligés de ramer. Il y avait déjà une heure que le canot de sauvetage luttait contre le vent et le courant, quand le patron Jégou fit remarquer à ses hommes que le dundée avait son embarcation devant lui, essayant de le remorquer. Enfin, Dieu a voulu qu’il réussit à échapper aux rochers, car aidé par son embarcation et faisant de bonnes manœuvres, il a pu quitter cet endroit dangereux et mauvais, où un quart d’heure de plus, il allait peut-être rester. Le patron Jégou ne pouvant croire à l’adresse des matelots du dundée, encourageait toujours ses canotiers en disant : « Courage enfants nous arriverons peut-être assez tôt pour aider ces malheureux ». Le vent donnait de plus en plus fort, la mer grossissait ; les matelots du dundée redoublèrent de courage enfin ils réussirent après tous leurs efforts et tous leurs moyens à échapper aux mauvais rochers, en faisant voile vers le S.-E., c’est-à-dire fuyant grand largue et prenant le large. Le patron Jégou et les canotiers trop éloignés encore, n’ont pu voir le nom du dundée, car celui-ci fuyait les rochers de l’île Nona maintenant sans avoir la pensée même d’amener le pavillon qui était resté en berne. Les canotiers jugeant que le dundée était hors de danger, firent route vers le port de Saint-Pierre, pour prendre quelques renseignements ; personne n’a pu leur en donner d’autres que ceux fournis le matin à 11 h. 25 par le guetteur Riou. Le temps devenait de plus en plus mauvais, il ventait tempête ; le patron Jégou dit à ses canotiers : « Mes enfants ! il est temps de nous dégager de ce port et d’attraper Kérity ». En effet, à une heure, quand le canot de sauvetage est rentré à Kérity, le vent avait doublé et la mer grossi de moitié. Une véritable tempête se déchaînait sur nos côtes. Le canot a été remonté en arrivant au port et à trois heures, après avoir subi son nettoyage, sa visite et son inspection habituelles, il a été monté sur son chariot, et rentré dans l’abri. Veuillez, etc…
Le Président du Comité local, Collin.
(1) Nonna, pour toutes les occurrences
(2) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 28 décembre 1899
Secours au canot Dieu du Pays.
Trois marins secourus.
Monsieur le Président,
Comme suite à mon télégramme du 28 décembre, je vous confirme la mise à l’eau du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron pour porter secours à un canot de douze pieds, monté par six hommes, partant à la dérive et ne pouvant gagner le vent pour attraper le port de Kérity. Le vent était ouest, mer très grosse, tempête ; le canot de sauvetage a été mis à l’eau à trois heures moins quinze ; comme le vent était très fort et ouest, il avait vent arrière pour faire route sur le canot qui partait à la dérive vers les rochers de Guilvinec, aussi les canotiers voyant le danger qu’il courait ont-ils mis tout leur courage et leur énergie pour tirer sur les avirons. En quelques instants, le Dieu du Pays, tel est le nom de ce canot, fut rejoint par les sauveteurs. Les hommes qui le montaient étaient exténués de fatigue et mouillés jusqu’aux os ; aussi trois marins sur six n’ont pas hésité à embarquer à bord du canot de sauvetage. Les trois autres ont refusé d’embarquer malgré insistance du patron Jégou Joseph fils qui leur démontrait le danger qu’ils couraient en restant à bord de ce petit bateau. Jégou(1) ayant tout dit pour les décider à abandonner la petite embarcation et ne pouvant vaincre leur obstination ordonna à trois canotiers d’embarquer à bord du petit canot de doubler les amarres et de le mettre à peu près en sûreté. Lorsque cette opération fut faite, Jégou demanda pour la dernière fois : « voulez-vous ou ne voulez-vous pas embarquer à bord du canot de sauvetage ? » ces trois insensés répondirent : « si le canot se perd nous succomberons avec lui, vous pouvez nous quitter nous n’embarquerons pas avec vous. » Ce que voyant, Jégou manoeuvra pour se rendre à Kérity conduire les trois naufragés recueillis à son bord. Ceux-ci ne se sont pas fait prier, ils étaient sur les avirons depuis plus d’une heure luttant contre le vent sans réussir, reculant plus vite qu’ils avançaient, mouillés jusqu’aux os ; aussi étaient-ils rendus, c’est à peine, tant leur fatigue était grande, s’ils ont pu répondre quand le canot de sauvetage est arrivé le long de leur bord. Les trois malheureux ont été reçus par leur famille sur la grève de Kérity et conduits immédiatement à leur domicile où ils ont reçu tous les soins nécessaires. Le canot a été remonté plus tard, le patron Jégou se tenant toujours sur le qui-vive avec son équipage au moindre signal fait par les 3 marins restés à bord du canot. Enfin, comme la mer baissait et le vent était tombé au Nord-Ouest le petit canot a pu résister jusqu’à marée basse où les trois hommes restant à bord ont pu, en se mettant à l’eau, venir à terre. Le canot de sauvetage a été remonté et rentré dans son abri à cinq heures moins un quart sans avaries ni accidents.
Veuillez agréer, etc.
Le Président du Comité local, Collin.
Armement du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph) fils, patron ; Loussouarn (Jean), sous-patron ; Pichavant (Jean), Coïc (Correntin(2)), Pors(3) (Paul), Fontaine (Paul), Gouliquer (Vincent), Stéphan (Noël), Le Pape (Eugène), Tanniou (Guillaume), Janvier (Robert), Kerloch (Allain(4)), Gourlahouen(5) (François), canotiers.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Corentin
(3) Le Pors
(4) Alain
(5) Gourlaouen

 

Rapport sur les services rendus le 30 décembre 1899
Secours au vapeur Saint Jean du Havre.
Neuf marins sauvés. Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
Monsieur le Président,
À neuf heures moins dix, j’étais prévenu par M. Salou, chef guetteur du sémaphore de Penmarc’h, qu’un vapeur(1) était coulé entre Guilvinec et Kérity. J’ai l’honneur de vous rendre compte que le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron a effectué une sortie le 30 décembre à neuf heures du matin, pour se porter au secours d’un navire à vapeur coulé sur un plateau de roches situé à environ deux milles sud du Guilvinec. Le patron Jégou (Joseph) fils est parti dans la direction donnée avec les renseignements fournis par M. Salou. Le canot de sauvetage a été mis vivement à l’eau, a quitté le port de Kérity et est arrivé sur le lieu du sinistre à neuf heures vingt. Quelques hommes de l’équipage du vapeur étaient cramponnés dans la mâture, exténués de fatigue et demandant du secours ; quatre de ces pauvres marins étaient à moitié nus. Ils furent recueillis les premiers, et on leur donna les premiers soins ; les cinq autres furent recueillis quelques minutes après.
(1) Il s’agit du Saint Jean, du Havre

 

Rapport sur les services rendus le 14 mai 1900
Secours à la chaloupe de pêche Saint Joseph, de Guilvinec.
Sept marins sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
Comme suite à mon télégramme du 14 mai, j’ai l’honneur de vous donner des détails sur la sortie du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron de la station de Kérity-Penmarc’h. Je fus averti à six heures quarante-cinq du matin par Guichaoua, pilote à Penmarc’h qu’une chaloupe de pêche faisait des signaux de détresse avec un pavillon noir attaché à moitié mât dans la direction du Sud de Kérity non loin des rochers appelés les Étocs. Le patron Jégou (Joseph), prévenu en même temps que moi du sinistre, accourut bien vite à l’abri. Un cri suffit pour réunir un certain nombre de canotiers et avec l’aide d’une quinzaine de marins le canot de sauvetage fut lancé à la mer en moins d’un quart d’heure. Le canot de sauvetage quitta le port de Kérity à sept heures du matin et se dirigea vers les Étocs. Le vent était d’Est, très fort et grosse mer (tempête). Le patron, après avoir fait ramer au vent pendant quelque temps, fit mettre à la voile, afin d’arriver plus vite sur les lieux du sinistre. À sept heures quarante-cinq, le canot de sauvetage arriva le long de la chaloupe de pêche Saint Joseph, n° 1597, du port de Guilvinec, patron Bideau (Auguste). La chaloupe montée par six hommes et un mousse, était complètement désemparée : le mât de misaine cassé, les voiles en lambeaux. Elle revenait de la pêche aux merlus. Les marins de cette pauvre chaloupe étaient mouillés et grelottaient de froid ; la frayeur la plus grande pour ces pauvres malheureux, a été de passer la nuit près de si mauvais voisins (les Étocs). « Il aurait suffi, disait Bideau(1) au patron Jégou(2), que le filin qui nous tenait là manque pour que la chaloupe se brise le long des rochers et alors plus d’espoir, la mort était certaine pour nous. Aussi quel changement s’est opéré en nous lorsque nous vîmes le canot de sauvetage venir, ma première idée pour remercier Dieu a été avec mes hommes de dire notre prière. » Aussitôt que le canot de sauvetage eut accosté la chaloupe, le patron Jégou donna ordre à quelques canotiers d’embarquer dans celle-ci ; ceux-ci aidèrent les pauvres pêcheurs à embarquer dans le canot de sauvetage, ensuite doublèrent les amarres, et cette opération faite quittèrent la chaloupe en emportant les six hommes et le mousse. À huit heures et demie, le canot de sauvetage déposait sur les roches appelées La Poire les pauvres malheureux qui avaient peine à se tenir debout, tellement ils étaient mouillés et avaient froid. À chaque instant le patron de la chaloupe, Bideau, tournait la tête et ses yeux restaient fixés sur son bateau qu’il venait d’abandonner. « C’est dur, disait Bideau au patron Jégou, de quitter son bord. Oui, répondit celui-ci, maintenant vous êtes hors de danger, vous êtes sur un terrain ferme et sûr ; marchons, les enfants, dans quelques minutes nous serons à Kérity où l’on vous donnera de quoi vous sécher et vous réchauffer et tantôt si le temps est calme nous vous conduirons à votre bord, on vous prêtera mât et voile et on vous mettra en mesure de retourner chez vous. » Vers une heure de l’après-midi, le vent tomba un peu, Jégou et son équipage embarquèrent dans le canot de sauvetage un mât et une voile, firent monter les pêcheurs et le canot infatigable fit route vers la chaloupe abandonnée cinq heures auparavant. Les canotiers aidèrent les pêcheurs à établir mât et voile et bientôt on leva l’ancre. Le vent était plein debout pour rentrer au port du Guilvinec, mais les canotiers étaient là, souhaitant bonne chance et bon courage à leurs camarades qu’ils avaient sauvés quelques moments avant. Le canot de sauvetage est rentré à Kérity, à trois heures cinquante de l’après-midi, comme d’habitude après avoir été bien nettoyé et inspecté, il a été rentré dans l’abri.
Le Président du Comité local,
(1) Bideau Auguste, pour toutes les occurrences
(2) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 19 octobre 1901
Assistance au brick René par les trois canots de sauvetage de Penmarc’h.
Équipage sauvé par les douaniers de Plovan.
Dans la matinée du 19 octobre, par un gros temps de N.-O. accompagné de grains de pluie, l’alarme fut donnée à la fois dans les trois stations avoisinant la pointe de Penmarc’h, qu’un brick avait fait naufrage dans la soirée précédente à Kermen sur la côte de Tréguennec, et que plusieurs naufragés avaient été recueillis dans les fermes du voisinage. Supposant que des marins se trouvaient encore sur l’épave, les canotiers prirent la mer et s’en approchèrent autant que le permettaient les brisants qui déferlaient avec fureur sur les récifs. Apprenant que les derniers survivants du naufrage, accrochés à la mâture, avaient été sauvés par les engins de va-et-vient organisés par les douaniers de Plovan, les trois canots après avoir acquis la certitude qu’aucun homme ne restait à sauver sur le « René » regagnèrent leurs stations respectives.
Équipages des canots(1) : Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Pennec (Jean-Marie), faisant fonctions de patron ; Peigne(2) (Louis), Jégou (Jean), Cossec (Yves), Perron (Corentin), Gueguen(3) (Jean), Faou (Jean-Marie), Cloarec (Jean), Balch (Jacques), Guichaoua (Louis), Le Floc’h (René), Stéphan (Michel), canotiers.
(1) Seul l’équipage du canot de Kérity est ici mentionné
(2) Peigné
(3) Guéguen

 

Rapport sur les services rendus le 13 novembre 1901
Assistance au brick-goélette morutier Saint Nicolas par les trois canots de sauvetage de Penmarc’h.
Le 13 novembre dans la matinée, les sémaphores de la côte de Penmarc’h signalèrent un navire en détresse et aussitôt les trois stations les plus voisines lancèrent leurs canots. Il faisait gros temps de N.-O. à grains, mer houleuse. Le canot de Kérity, plus rapproché que les deux autres, arriva le premier sur le lieu du sinistre, à un mille environ au sud-est du petit phare du Guilvinec et se trouva en face d’un brick-goélette morutier de Granville, le « Saint Nicolas », échoué sur un fond dur, depuis trois heures du matin. Grâce à d’habiles manœuvres opérées sous la direction d’un pilote du Guilvinec, le navire put se tirer par miracle de la situation dangereuse dans laquelle il se trouvait, en se frayant un chemin à travers une mer démontée, semée d’écueils. Les trois canots ne rentrèrent au port qu’après s’être assurés que le « Saint Nicolas » ne faisait pas d’eau et ne courait aucun danger.
Équipages des canots(1) : Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Pors(2) (Paul), Stéphan (Noël), Jégou (Thomas), Gourlahouen(3) (François), Canevet(4) (René), Briec (Sébastien), Pichavant (Jean), Gouliquer (Vincent), Kerloch (Allain(5)), Kerloch (Henri), Fontaine (Paul), canotiers.
(1) Seul l’équipage du canot de Kérity est ici mentionné
(2) Le Pors
(3) Gourlaouen
(4) Canévet
(5) Alain

 

Rapport sur les services rendus le 16 décembre 1901
Secours au trois-mâts, de 3000 tonneaux, Prisia, de Bremen. Équipage (vingt-deux marins) porté disparu.
Monsieur le Président,
Le 16 décembre, à quatre heures dix du soir, après avoir entendu les coups de canon du sémaphore de Saint-Pierre, nous avons fait mettre le canot de sauvetage à l’eau ; l’opération n’a demandé que cinq minutes et aussitôt le patron Jégou(1) fit route avec son équipage vers le navire que l’on apercevait à peine tant le temps était mauvais : pluie, vent, grosse mer, forte tempête du sud-ouest. Nos intrépides canotiers ramèrent contre le vent de toutes leurs forces, ce qui leur permit d’arriver les premiers le long du trois-mâts qui était complètement désemparé, les voiles en lambeaux. Seul, restait en place et en état un petit foc, avec lequel ce grand trois-mâts de 3000 tonneaux fuyait devant la tempête. Le patron Jégou qui se trouvait à une petite distance de cette grosse masse et sous le vent, héla plusieurs fois sans pouvoir obtenir de réponse, le navire paraissant abandonné. À l’intérieur on n’apercevait que de l’eau de l’avant à l’arrière. Toutefois on fit deux fois le tour sans entendre de réponse aux cris poussés par les canotiers. C’était le Prisia de Bremen. Les canotiers revinrent à Kérity mouillés par la pluie et les coups de mer, les mains pleines d’ampoules. À peine une heure après que le canot de sauvetage de notre station avait quitté le Prisia, celui-ci se jetait sur les rochers de l’île Noma(2), et dix minutes plus tard, les mâts étaient tombés et le grand navire partagé en deux. La nuit continua à être mauvaise, et dans la crainte qu’un ou plusieurs naufragés soient restés sur l’épave, je fis conduire le canot de nouveau à une heure du matin devant l’île Noma où il était échoué. Mais on ne trouva que des débris et une quantité de barils d’essence de térébenthine et de résine jetés à la côte. Malheureusement les 22 hommes d’équipage du navire l’avaient abandonné, sans quoi nous les aurions sauvés.
Veuillez agréer, etc.
Le Président du Comité local, Collin.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Loussouarn (Jean), sous-patron ; Kerloch (Henri), Canevet(3) (René), Fontaine (Paul), Cloarec (Allain(4)), Stéphan (Noël), Tanniou (Guillaume), Stéphan (Joseph), Gourlahouen(5) (Louis), Gourlahouen(6) (François), Garrec (Adolphe), matelots du canot de sauvetage.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Nonna, pour toutes les occurrences
(3) Canévet
(4) Alain
(5) Gourlaouen
(6) Gourlaouen

 

Rapport sur les services rendus le 25 novembre 1902
Secours à la chaloupe de pêche Angélique 1654, de Kérity.
Cinq marins sauvés.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous confirmer mes télégrammes du 25 courant, au sujet de la sortie que le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron a effectué en se rendant au secours d’une chaloupe de pêche en perdition, à deux milles environ du port de Kérity, par une tempête affreuse, un vent d’Ouest soufflant avec furie, une mer démontée et une pluie torrentielle. Me trouvant depuis quelques instants près de la maison-abri, regardant la mer et fouillant l’horizon, j’aperçus une chaloupe dont la manœuvre était incertaine et la route dangereuse. Sans hésiter, je donnai l’ordre de mettre le canot de sauvetage à la mer, ce qui fut vite fait, grâce au dévouement de tous et en particulier du patron Jégou(1). Trente-cinq minutes plus tard, malgré la tempête, la grosse mer, la pluie et le vent, le canot atteignit la chaloupe. Jégou héla l’homme de barre qui croyait sa dernière heure arrivée n’ayant pas vu le canot de sauvetage s’approcher. Les marins composant l’équipage de la chaloupe, blottis dans les fonds et désespérés, furent non moins surpris par l’arrivée des sauveteurs. Nos canotiers les trouvèrent grelottants et mouillés jusqu’aux os, ayant perdu tout espoir et incapables de lutter davantage contre la mer. « Hardi les enfants ! leur cria Jégou, amenez votre voile, démâtez et envoyez-nous une bonne remorque. » La voix du patron leur rendit courage, mais il fallut faire embarquer quatre canotiers pour les aider à la manœuvre. Trois quarts d’heure après, le canot de sauvetage rentrait dans le port de Kérity avec les cinq naufragés, laissant derrière eux la chaloupe qu’ils avaient bien mouillée dans un endroit très sûr, à un demi-mille environ du port. Ce n’est pas sans peine que le canot de sauvetage avait effectué son retour. À tout moment les embruns le couvraient de part en part ; la mer était très grosse et le vent debout. Une grande partie de la population du pays l’attendait et salua d’acclamations le retour des canotiers. Le bateau sauvé est la chaloupe Angélique 1654 du port de Kérity, quartier de Quimper, jaugeant 5 ton. 20, faisant la pêche aux filets. Nom des hommes sauvés : Le Brun (Guillaume), patron, cinquante-huit ans, père de famille ; Lellegouach (Jean), marin, cinquante ans, père de famille ; Ribouchon (Julien), trente-huit ans, marié ; Le Brun (Henri), dix-neuf ans, célibataire ; Lellegouach (Jean), seize ans, mousse.
Veuillez agréer, etc., etc.
Le Président du Comité local, Collin.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Jégou (Thomas), Gourlahouen(2) (Louis), Gourlahouen(3) (François), Le Pape (Eugène), Stéphan (Noël), Stéphan (Joseph), Buannic (Correntin)(4), Jégou (Jean), Fontaine (Paul), Kerloch (Allain(5)), Gouliquer (Vincent), canotiers.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Gourlaouen
(3) Gourlaouen
(4) Buhannic Corentin
(5) Alain

 

Rapport sur les services rendus le 7 janvier 1903
Secours au trois-mâts Breteuil, de Fécamp.
Monsieur le Président,
Comme suite à mon télégramme du 7 courant, vous donnant connaissance de la sortie du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, pour se porter au secours d’un navire en détresse à trois milles environ du port de Kérity, j’ai l’honneur de vous fournir les détails ci-dessous de ladite sortie : Le patron Jégou (Joseph), dont l’activité est bien connue, lorsque le temps n’est pas certain et que la mer est grosse, fait jour et nuit la faction sur le port observant les brisants et les alentours des récifs. La nuit du 6 au 7 janvier avait été très mauvaise ; vers sept heures du matin, il aperçut dans le lointain une masse noire offrant les apparences d’un navire allant au gré du vent. Jégou(1), pour bien se rendre compte du fait prit une longue-vue et distingua un navire dont la voilure était complètement en lambeaux, qui se laissait aller au gré du vent et dont le pavillon était en berne. En moins de dix minutes, le canot de sauvetage fut lancé et fit route vers le trois-mâts qui s’en allait grand train poussé par le vent de Sud-Ouest, vers les roches les plus traîtresses de notre côte. Le vent soufflait avec violence, la pluie tombait en abondance et la mer très grosse formait des brisants blancs, ressemblants à des montagnes de neige. Le canot de sauvetage monté par nos intrépides et courageux canotiers avait à lutter contre une mer démontée. À neuf heures et demie, la tempête redouble de force, le trois-mâts se rapproche des terribles rochers qui, un quart d’heure plus tard, l’eussent mis en morceaux. Heureusement le canot de sauvetage arrive et parvient à accoster le navire sous le vent. C’était le Breteuil, de Fécamp, dont le capitaine accueille les sauveteurs avec joie. Le patron Jégou s’empresse de faire renaître la confiance et promet avec l’aide de ses canotiers de sortir le navire du danger, si les matelots du trois-mâts veulent aider et obéir, ce qui est admis immédiatement. Jégou fait monter un canotier à bord du navire lui donnant ordre de prendre la barre ; le canot de sauvetage avance, on lui passe une remorque et s’aidant de ses voiles et de ses avirons, réussit au bout de deux heures à sortir le trois-mâts de cette situation périlleuse. Enfin, le vent change tout à coup, et saute à l’Ouest, la Providence vient à l’aide de nos braves canotiers qui sont presque à bout de force. Nos sauveteurs n’ont plus de doute, ils vont triompher et arracher à l’Océan le Breteuil et ses seize hommes d’équipage. À midi, le trois-mâts est complètement hors de danger, Jégou monte à bord, fait savoir au capitaine qu’il lui laisse le canotier Kerloch (Alexis) comme pilote. Le capitaine très ému, adresse ses remerciements au patron Jégou et aux braves sauveteurs. Jégou fait toutes ses recommandations au capitaine et quitte le navire ; nos braves canotiers arrivent au port de Kérity heureux et contents d’avoir encore une fois rendu service à l’humanité. Ils débarquent à deux heures et demie entourés de leurs femmes et de leurs enfants qui veulent connaître le résultat de la sortie, mais ces pauvres sauveteurs sont tellement fatigués et mouillés qu’ils ne pensent qu’à rentrer chez eux pour changer de vêtements. Le trois-mâts Breteuil a été conduit par le pilote canotier au port de Bénodet où il va faire les réparations nécessaires pour se rendre à Fécamp. Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Jégou (Thomas), brigadier ; Kerloch (Henri), Janvier (Robert), Pichavent(2) (Jean), Kerloch (Alexis), Coïc (Corentin), Canevet(3) (René), Cloarec (Allain(4)), Gourlahouen(5) (François), Stéphan (Noël), canotiers.
Veuillez agréer, etc., etc.
Le Président du Comité local, Collin.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Pichavant
(3) Canévet
(4) Alain
(5) Gourlaouen

 

Rapport sur les services rendus le 21 février 1905
Secours à un petit canot en détresse.
Deux hommes sauvés.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous informer qu’hier, 21 février, vers 1 h de l’après-midi, un vent N.-E. soufflait en tempête sur nos côtes, et il devint tellement violent que les plus solides embarcations ne pouvaient qu’avec peine regagner la terre. Vers 2 heures, deux hommes accoudés sur la jetée aperçurent un faible canot qui faisait des signaux de détresse ; ils prévinrent le patron Jégou(1), qui aussitôt donna l’alarme, et, avec l’aide des canotiers, et au prix de beaucoup de difficultés, car la mer était basse, le canot de sauvetage fut mis à l’eau. Après une pénible lutte contre la mer en furie, les courageux sauveteurs accostèrent l’embarcation en détresse, qui contenait deux hommes, le père et le fils : Le Berre, père de 8 enfants, et son fils, qui le matin étaient allés à la pêche, pour subvenir aux besoins de leur famille. Ces deux malheureux, menacés d’une mort imminente, étaient à bout de fatigues et n’en pouvaient plus, lorsqu’ils furent recueillis par le canot sauveteur ; quelques secondes plus tard, leur frêle embarcation coulait à pic. La marée montante, le vent debout redoublant de force rendaient le retour plus pénible ; mais nos braves canotiers luttèrent
courageusement pendant trois heures pour regagner le port, où ils reçurent pour premier prix de leur dévouement les chaleureuses félicitations de la foule et les remerciements de la famille de ceux qu’ils venaient d’arracher à la mort.
Poirier, Maire, Membre du Comité local.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Stéphan (Noël), brigadier ; Stéphan (Joseph), Gourlaouen (Louis), Gourlaouen (François), Fontaine (Léopold), Briec (Sébastien), Le Gars (Jean), Garrec (Adolphe), Kerloch (Henri), Buannic(2) (Corentin), matelots du canot de sauvetage, et Drézen (Guillaume), volontaire.
(1) Jégou Joseph
(2) Buhannic

 

Rapport sur les services rendus le 30 avril 1905
Recherche d’une épave.
En fait, il s’agissait d’un énorme cétacé.
Monsieur le Président,
Le 30 avril, vers 9 heures du matin, le patron Jégou(1) fut prévenu par le sieur Guichaoua qu’une épave ressemblant à un navire échoué et sur lequel on croyait apercevoir des hommes se trouvait à l’ouest des Étocs. Le patron Jégou lança le bateau Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. Il ventait forte tempête du S.-O. Arrivé près de la roche Men Laou, l’équipage s’aperçut que ce que l’on croyait un navire n’était qu’un énorme cétacé, une baleine qui s’échoua quelques heures plus tard sur la côte de Penmarc’h. le canot rentra au port à 11h30.
Le Maire, Membre du Comité local, Poirier.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Loussouarn (Jean), sous-patron ; Kerloch (Henri), Buannic(2) (Corentin), Garrec (Adolphe), Gourlaouen (François), Le Pape (Eugène), Stéphan (Noël), Stéphan (Joseph), Tanniou (Guillaume), matelots du canot de sauvetage.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Buhannic

 

Rapport sur les services rendus le 26 décembre 1905
Secours à un vapeur en détresse.
Équipage secouru par le canot de sauvetage de Guilvinec.
Monsieur le Président,
Hier matin, à 3 heures, le patron Jégou(1) entendit de son lit le son d’une sirène de bateau à vapeur ; il se leva, se rendit sur la cale, il ne vit ni n’entendit plus rien. À 5 heures, nouveaux coups de sirène. Jégou examina inutilement l’horizon, la nuit était noire et une brume épaisse couvrait la mer. Ce ne fut qu’à 6 heures qu’il aperçut une fusée rouge dans la direction des Fourches, rochers très dangereux qui se trouvent au sud de Guilvinec. Le patron Jégou fit lancer immédiatement le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. La mer était basse, une fois le bateau à l’eau, l’équipage dut débarquer et pousser à bras le canot qui s’échouait par moment sur les bancs de sable ; il fut ainsi poussé jusqu’à La Poire, sur un parcours de plus de 500 mètres. L’équipage mouillé jusqu’au cou rembarqua et fit force de rames pour gagner le navire naufragé, malgré la grosse mer, le vent et le courant contraire ; le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron ne mit qu’une heure un quart pour parcourir les cinq milles qu’il y a entre Kérity et le lieu du naufrage. Arrivé près du navire naufragé, le patron vit l’Alexandre Van Maseyk, canot de sauvetage de Guilvinec, embarquer les derniers naufragés. Il le suivit alors jusqu’à Guilvinec afin de parer à toute éventualité. Le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron est rentré à 11 heures. L’équipage qui le montait était transi de froid. Je suis heureux de vous signaler la conduite de M. Le Bihan, brigadier des douanes, et de M. Béliard, préposé. Ces messieurs se mirent bravement à l’eau pour aider au lancement du canot. Notre patron a été courageux comme d’habitude. Jégou a, depuis une quinzaine de jours, une forte bronchite ; cela ne l’a pas empêché d’être au guet dès 3 heures du matin, de se jeter à l’eau pour mettre le canot à flot et de rester ainsi mouillé pendant cinq heures sans pouvoir faire d’efforts musculaires qui eussent pu le réchauffer.
Le Maire, Président du Comité local, Poirier.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Cloarec (Alain dit Touche), Briec (Sébastien), Fontaine (Léopold), Garrec (Adolphe), Gourlaouen (François), Le Gall (Alain), canotiers, et Kerloch (Alexis), Cléach (Corentin), Cloarec (Jean), Gloaguen (Louis), volontaires.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 14 décembre 1908
Secours au canot de pêche Notre Dame de la Joie.
Deux hommes secourus par le canot de pêche Eugénie.
Monsieur le Président,
Lundi dernier, vers 8 heures du matin, les marins qui se trouvaient sur le port de Kérity virent disparaître le canot Notre Dame de la Joie, n° 1513, patron Drézen (Baptiste), et monté par un homme. En même temps ils aperçurent une embarcation qui se portait au secours des naufragés. Mais la mer était tellement démontée, le vent soufflant en forte brise du S.-O., que le patron Jégou(1) donna l’ordre de lancer le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. Les canotiers firent diligence, puisque 20 minutes après que l’ordre de lancement avait été donné ils étaient arrivés sur le lieu du naufrage, à un mille et demi du port de Kérity ; malgré le vent portant, aucune embarcation à voile ne put distancer le canot de sauvetage, Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, qui arriva dans le brisant au moment où le patron Tanneau (Jean), du canot de pêche Eugénie, prenait à son bord les deux naufragés. Le canot de sauvetage s’établit convoyeur, de l’Eugénie, dans ces mauvais parages, car la mer brisait de partout. C’est une vieille embarcation très lourde, et qui eût coulé au premier coup de mer. Le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron rentra au port à 8 h. 50 ; il fut nettoyé et remisé à l’abri.
Le Président du Comité local, Dr Plouzané, Conseiller général. Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Coïc (Corentin), sous-patron ; le Gars (Jean), Le Gal(2) (Alain), Canevet(3) (René), Stéphan (Joseph), Stéphan (Noël), Buannic(4) (Corentin), Jégou (Thomas), Loussouarn (Robert), Le Goff (Pierre), Janvier (Robert), canotiers.
(1) Jégou Joseph
(2) Le Gall
(3) Canévet
(4) Buhannic

 

Rapport sur les services rendus le 26 mai 1909
Secours des trois stations à la chaloupe de pêche Albertine, de Guilvinec.
Un marin sauvé par Maman Poydenot. Trois disparus.
Monsieur le Président,
Ce matin, vers 8 heures, le sémaphore de Penmarc'h tirait le canon d'alarme pendant que le pavillon noir était hissé au mât de signaux. Le patron du canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron lança immédiatement l'embarcation de sauvetage. La mer était affreuse. Ce n'était qu'un brisant. Mais notre brave patron Jégou(1) connaît à merveille tous les recoins, plus ou moins abrités, de la côte; favorisé, en outre, par la mer, presque haute en ce moment, et grâce aussi à l'endurance de nos canotiers, le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron arriva sur le lieu du naufrage, près de Cadorec, roche distante de Kérity d'environ 3 milles 1/2, après trois quarts d'heure d'efforts. En ce moment, le canot de sauvetage de Saint-Guénolé, Maman Poydenot, embarquait un naufragé. Malgré les recherches effectuées au milieu des brisants par les trois canots de Penmarc'h (Papa Poydenot se trouvait aussi sur les lieux), on ne put retrouver les trois autres personnes qui montaient l'embarcation chavirée(2). Le Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron est rentré au port vers 11 h. 30, avec son équipage trempé jusqu'aux os.
Le Président du Comité local, Dr Plouzané, Médecin de 1re classe de réserve de la Marine, Conseiller général.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Coïc (Corentin), sous-patron ; Fontaine (Paul), Le Gall (Alain), Gars(3) (Jean), Buannic(4) (Corentin), Cloarec (Alain), Briec (Sébastien), Janvier (Robert), Loussouarn (Robert), Kerloch (Henri) et Gourlaouen (Louis), canotiers.
(1) Jégou Joseph
(2) Chaloupe de pêche Albertine, de Guilvinec
(3) Le Gars
(4) Buhannic

 

Rapport sur les services rendus le 15 avril 1910
Action simultanée des trois canots de sauvetage de Penmarc’h au secours du canot de pêche Piquer, vers la Jument.
Deux marins sauvés par le Santa Lucia de Léchiagat ; un disparu.
Monsieur le Président,
Vendredi 15 avril, le temps était à forts grains. Le vent soufflait du Sud-Sud-Ouest ; par moments la mer était affreusement démontée. Depuis le phare du Menhir jusqu’aux Étocs de Penmarc’h, ce n’était qu’un brisant. Vers 4 h. 30 du soir, le canot de pêche Piquer n° 2841, du quartier de Quimper, sombra entre la Jument et la roche Men-Laou, endroit tristement célèbre par le nombre de sinistres qui s’y sont produits. Le patron du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, averti immédiatement par un marin témoin de l’accident, fit sortir le canot. Jamais lancement n’a été fait aussi promptement, au dire des nombreux témoins et du garde maritime de Saint-Guénolé présents à l’opération. Malgré les montagnes d’eau qui parfois couvraient d’un bout à l’autre l’embarcation de sauvetage, nos braves canotiers furent bientôt sur le lieu du sinistre. En ce moment le canot de pêche Santa Lucia n° 2220, de Léchiagat, embarquait deux naufragés. Après avoir assisté le bateau sauveteur, car la mer déferlait de tous côtés, le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron revint explorer minutieusement l’épave du n° 2841 qui se voyait nettement entre deux eaux. Toutes les recherches furent inutiles, le troisième naufragé avait dû couler. Le canot de sauvetage resta en permanence en cet endroit dangereux pour indiquer aux embarcations de pêche les passages qu’elles devaient prendre pour éviter les dangers. Lorsqu’il n’y eut plus d’embarcation en vue à l’horizon, notre brave patron se décida à revenir au port, où il arriva à 7 h. 30. L’équipage était complètement trempé et harassé. À 8 h. 15, tout le matériel était remis au poste.
Le Secrétaire du Comité local, Coquelin, instituteur.
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Jégou (Joseph), patron ; Coïc (Corentin), sous-patron ; Kerloch(1), Fontaine (Paul), Le Goff (Pierre), Stéphan (Noël), Le Pape (Eugène), Stéphan (Joseph), Cloarec (Alain), jeune, canotiers ; Cloarec (Jean), Nédellec (Paul), Talbot (Eugène), auxiliaires.
(1) Kerloch Henri

 

Rapport sur les services rendus le 25 décembre 1911
Secours aux chaloupes de pêche Princesse Alice, Saint Joachim et au canot P.T.
Onze hommes sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph.
Lundi matin 25 décembre, le temps était épouvantable. La mer était démontée et des grains de vent d’Ouest, au milieu desquels il était impossible de rester debout à terre, se renouvelaient fréquemment. Plusieurs pêcheurs avaient leurs filets en dedans des Étocs. La veille, la pêche avait été fructueuse, le poisson s’était bien vendu, aussi, malgré le mauvais temps, les pêcheurs démarrèrent-ils. Le canot Princesse Alice, patron Leijour, eut sa voile déchirée près des îles Noires. C’est alors que le patron Jégou(1) fit lancer le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron. La Princesse Alice fut rejointe vers 10 heures et le canot de sauvetage la convoya jusqu’à ce qu’elle fut à l’abri des roches et hors de danger. C’est alors que le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron aperçut le Saint Joachim désemparé de ses mâts et voiles par une rafale. Il se dirigea aussitôt vers la barque en péril. Il était temps d’arriver, le canot Saint Joachim allait se briser sur Menn-Daniel(2). Notre patron ordonna de lancer un grappin à bord du Saint Joachim. La manœuvre réussit, ce qui permit au canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron d’opérer le sauvetage des quatre hommes du Saint Joachim dans un endroit moins dangereux. Plus loin, à un demi-mille dans l’Est de Menn-Daniel, le canot P.T., monté par deux hommes, était en dérive, il avait aussi son mât et ses voiles enlevés. Le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron le rejoignit et le suivit jusqu’au Guilvinec. Il était à ce moment 2 heures de l’après-midi. Les canotiers du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron étaient trempés et exténués. La tempête faisait toujours rage ; néanmoins nos braves marins partirent de Guilvinec à 3 h. 30 avec vent et courant debout et arrivèrent à Kérity à 6 h. 30. De nombreux volontaires donnèrent la main à remonter le canot et à 7 heures il était remisé à l’abri. On peut dire que le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron s’est bien comporté et qu’il a sauvé d’une mort certaine onze hommes.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, instituteur.
(1) Jégou Joseph
(2) Men Daniel, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 6 janvier 1912
Secours des trois canots de sauvetage de Penmarc’h et du poste des douanes de Kérity au trois-mâts Antoinette.
Équipage sauvé par un va-et-vient terre-navire.
Samedi soir, vers 3h moins le ¼, je vis passer sur la route le canot de sauvetage de Saint-Pierre Papa Poydenot. Je courus aussitôt m’enquérir de ce qu’il y avait. Le patron Kerloch(1) m’avertit qu’un 3 mâts était à la côte à Pors-Carn(2) et qu’un homme était allé prévenir la station de Kérity. Quand j’arrivai à l’abri le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron était dehors commandé par le sous-patron Coïc(3). Je fis chercher des chevaux et en attendant qu’ils fussent harnachés le canot fut traîné sur la route par l’équipage. Nous arrivâmes à 3h à Pors-Carn distant de 2 milles de Kérity. Là étaient aussi les canots des stations de Saint-Pierre et de Saint-Guénolé (Papa et Maman Poydenot). Il était d’ailleurs impossible de lancer le canot à cet endroit tant la mer déferlait avec des vents S.O. D’ailleurs on n’apercevait plus le navire naufragé. Je fis laisser un homme de garde à bord du canot et le reste de l’équipage prit les engins de sauvetage nécessaires pour opérer sur la côte, en cas de besoin. À ce moment le canon porte-amarre de Kérity arrivait. Je demandai au sous-brigadier Le Brec Léon s’il avait besoin d’aide. « Ce n’est pas de refus » me dit-il et les canotiers de l’équipage du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, s’attelèrent au canon porte-amarre et à son fourgon. Il n’y avait aucune route, on marchait sur la dune, on tombait dans les ravins, on escaladait les buttes, on traversait les ruisseaux. À certains endroits l’eau était assez profonde. Le fourgon chavira. D’un coup d’épaules de nos marins et de nos volontaires, il fut redressé. Le chargement fut repêché et vite mis en place. Après 2 km sur ce chemin, nous rencontrâmes le Syndic des gens de mer et le brigadier des douanes de Saint-Guénolé. Nous leur demandâmes des renseignements sur le lieu du naufrage. Ils nous répondirent : « Nous ne savons où est le navire ; nous venons de Saint Viau(4) et nous n’avons rien vu. Le navire doit être probablement de l’autre côté de Penhors sous Plozévet ; inutile d’aller plus loin. » Le sous-brigadier Le Brec commande halte et nous nous consultons sur ce qu’il y avait à faire. Je demandai au sous-brigadier Le Brec s’il y avait un canon à Plovan ; sur sa réponse négative je lui dis que j’étais d’avis d’aller jusqu’à Plovan car avec la mer houleuse il n’y avait que le canon porte-amarre capable de porter secours aux naufragés. Le sous-brigadier Le Brec fit reprendre la marche et après 3 km d’un parcours extrêmement difficile et pénible le douanier de Saint-Pierre tomba dans une crevasse. Au matin on le trouva mort de froid et d’inanition. C’est dire à quel point fut pénible ce retour dans la nuit obscure et dans la tempête d’hommes trempés et exténués. En arrivant à Kérity je fis donner du bouillon aux naufragés et du vin chaud à l’équipage et aux volontaires. À 11h environ le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron était remisé à l’abri et prêt à reprendre la mer en cas de besoin. Je m’occupai ensuite de faire loger les naufragés qui trouvèrent chez les habitants de Kérity le plus dévoué concours et la plus généreuse assistance. Les plus grands éloges sont à adresser au sous-brigadier Le Brec, aux préposés Kermorvan et Cariou qui ont déployé en la circonstance un sang-froid incroyable, un dévouement admirable, une connaissance approfondie de la manœuvre du canon porte-amarre. Ils furent d’ailleurs admirablement secondés par les canotiers et les volontaires. Citons en particulier : M. Coïc Corentin, sous-patron du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, de Kérity ; M. Riou Sébastien, patron du canot de sauvetage de Saint-Guénolé Maman Poydenot ; M. Kerloch, patron du canot de sauvetage de Saint-Pierre Penmarc’h ; M. Paul Guéguen, marin pêcheur à Kérity qui se tint constamment à l’eau à côté du sous-brigadier Le Brec et au 1er rang ; M. Gourlaouen Louis, patron d’un homardier L’Aurore ; M. Tannion(5) Baptiste ; M. Le Moigne Paul ; M. Briec Noël ; et une quantité d’autres hommes que je ne pus reconnaître dans l’obscurité.
Le Secrétaire du Comité, Coquelin, instituteur
Armement du canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron : Coïc (Corentin), patron ; Jégou (Jean-Marie), Canévet (René), Le Pape (Eugène), Fontaine (Paul), Cloarec (Allain(6)), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François), Le Gall (Allain(7)), Stéphan (Noël), canotiers ; Gourlaouen (Jean-Louis), volontaire ; Jégou (Jacques), ancien patron.
(1) Kerloch Yves-Joseph
(2) Porzh Carn ou Pors Carn, pour toutes les occurrences
(3) Coïc Corentin
(4) Saint Vio
(5) Tanniou
(6) Alain
(7) Alain

Rapport sur les services rendus le 31 mai 1912
Secours au canot de pêche Yole. Un homme sauvé.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné.
Le 31 mai, dans l’après-midi, le nommé Cossec (Yves) relevait ses casiers à homards avec son embarcation Yole lorsqu’il fut projeté sur un des cailloux du Sud-Est des Etves (groupe Réor Egen).L’embarcation fut broyée et Cossec eut de la peine à se cramponner à la roche. Le patron Le Palud du Daniel et Lazarre (Jacob) du Saint Pierre virent l’accident se produire ; ils se rendirent sur le lieu mais ils ne purent approcher du naufragé tant le vent et la mer faisaient rage. Voyant l’inutilité de ses efforts et le danger croissant pour le naufragé (la mer et le rocher étaient balayés à chaque lame), Lazarre se décida à venir demander l’assistance du canot de sauvetage de Kérity. Le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron fut lancé à 2 h. 20. Le vent était à grain du Sud-Sud-Ouest, la mer houleuse avec du ressac près des roches. Après une demi-heure de nage vigoureuse, nos canotiers se trouvèrent sur le lieu du naufrage ; mais ce n’était pas facile d’accoster le naufragé tant il y avait de mer et de ressac ! Trois fois le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron fut obligé de fuir dans le brisant pour ne pas être écrasé sur les rochers. À la quatrième reprise nos canotiers purent approcher assez près du naufragé et ils lui lancèrent la ligne plombée. Un va-et-vient fut installé ; on envoya à Cossec une bouée de sauvetage et le malheureux put être amené à bord, transi de froid et de peur, blessé à la jambe. Sans l’intelligence et l’énergie de notre brave patron(1), le courage et l’obéissance de l’équipage il y eût eu aujourd’hui une famille de plus en deuil à Kérity. À 6 heures du soir, le canot était remisé et prêt à toute éventualité.
Le Secrétaire du Comité de Sauvetage, Coquelin, instituteur.
(1) Il s’agit de Jégou Joseph

 

Rapport sur les services rendus le 20 mars 1914
Secours aux chaloupes de pêche Cyclamen et Sainte Catherine, de Kérity.
Deux marins du Cyclamen et l’équipage du Sainte Catherine sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph. Le canotier Le Cloarec Jean-Marie, non cité, est titulaire d’un diplôme.
Pendant la nuit du 19 au 20 mars, le vent soufflait du Sud-Ouest en tempête, grains de grêle et sautes de vent. La flottille de pêche de Penmarc’h et de Guilvinec travaillait à l’entrée de la baie d’Audierne. À 8 heures du matin 3 chaloupes manquaient au port de Kérity. Toute la population se trouvait sur la grève et scrutait l’horizon pour tâcher d’apercevoir les voiles des embarcations attendues. À 9 heures la chaloupe Cyclamen, patron Le Palud, louvoyait dans le chenal du Toulliec et embarquait deux hommes dans son annexe mouillée au Nord-Ouest de Locarec. Le Cyclamen manoeuvra pour venir prendre son embarcation, mais une rafale le désempara de sa voilure, le patron dut alors pour sauver le reste de son équipage abandonner les deux hommes dans son annexe et fuir devant le temps pour essayer d’entrer à Guilvinec. La tempête redoublait, le vent sauta à l’Ouest, puis au Nord-Ouest ; la mer était affreuse ; les malheureux abandonnés, n’ayant même pas un aviron, étaient couverts à chaque instant par des lames qui brisaient sur eux. C’est alors que le patron Jégou(1) fit mettre à l’eau le canot de sauvetage. Après avoir essuyé nombre de difficultés pour s’approcher des naufragés, Jégou put les faire saisir au moment où leur frêle coque de noix sombrait sous leurs pieds. Au même instant la chaloupe Sainte Catonisse(2), patron Tanniou, était obligée de mouiller à un demi-mille au vent ; elle avait ses mâts cassés et ses voiles en lambeaux. L’équipage fit des signaux de détresse. Le canot de sauvetage se dirigea vers la Sainte Catonisse. Le vent devenait de plus en plus violent et la mer de plus en plus affreuse ; toute la côte sur une largeur de plus de 3 milles n’était qu’un brisant ; l’air était obscurci par une brume formée de la crête des lames que le vent emportait dans son tourbillon avec une vitesse vertigineuse. De la cale nous n’apercevions plus ni l’embarcation en détresse, ni le canot de sauvetage ; nous étions anxieux. Enfin le canot de sauvetage apparut sur une énorme montagne d’eau, à l’endroit où il avait opéré le sauvetage des 2 hommes. Malgré les encouragements du patron et le courage de 10 canotiers, notre embarcation ne pouvait gagner sur les éléments déchaînés. Il fallut 1 h. 30 d’efforts inouïs pour atteindre la Sainte Catonisse. L’accostage fut laborieux et le sauvetage des hommes difficile. À ce moment à 2 milles dans le Sud-Ouest la mer rasait une tonnelle(3) en ciment armé édifiée il y a cinq ans dans la Jument. Le retour au port fut pénible, le patron Jégou pour ne pas être obligé de fuir au Guilvinec, dut, à l’aide des naufragés, faire doubler les hommes aux avirons. À midi, sauveteurs et sauvés, débarquaient, complètement mouillés et exténués. J’ai dû faire remettre le canot sur le chariot par le 2e équipage.
Le Secrétaire Trésorier du Comité de Sauvetage, Coquelin.
(1) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(2) Sainte Catherine, pour toutes les occurrences
(3) Tourelle ?

 

Rapport sur les services rendus le 13 février 1915
Secours au canot de pêche le Tamerlan.
Trois marins sauvés.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Jégou Joseph, rédacteur du rapport.
Le 13 février, les pêcheurs de Kérity sont allés lever leurs casiers et leurs filets ; il ventait forte brise d’Ouest, mer houleuse. Comme la marée était basse ils furent obligés de mouiller en rade pour attendre que l’eau monte dans le port. Le vent fraîchissait toujours ; à midi, c’était une vraie tourmente et la mer était complètement démontée. Vers 14 heures, le patron du Tamerlan essaya de rentrer au port ; il appareilla, mais la misaine fut enlevée ; il dut mouiller. L’avarie fut réparée et la chaloupe appareillée de nouveau. Le patron tira sept bords, mais au lieu de gagner le port, il s’en éloignait. Voyant qu’il ne pouvait fuir vent arrière à Guilvinec parce que le chenal brisait de toutes parts, il mouilla. Le Tamerlan dériva dans les brisants de Peunivic(1). Le voyant en perdition, le patron Le Gall fit des signaux de détresse qui furent aperçus par l’équipage du canot de sauvetage en veille. Le canot de sauvetage fut lancé. La tempête alors était épouvantable, la mer bouleversée, le vent enlevait en tourbillon la crête des vagues ; dans les grains, nous ne voyions plus le Tamerlan. Nous avons eu bien du mal à approcher de cette embarcation et à sauver les trois hommes qui la montaient. Nous avons essayé de revenir à Kérity mais ce fut impossible, le temps était plus fort que nous. Nous avons mis le cap sur Guilvinec ; plus nous nous approchions de ce port, plus la mer devenait mauvaise ; ce n’était que brisants partout. Sur la barre chacun des brisants nous couvrait d’un bout à l’autre ; je fis mon possible pour tenir mon canot au milieu du chenal, mais un brisant nous enleva et nous transporta à 500 mètres en avant. Nos avirons blancs furent désarmés et deux partirent emportés par une vague. Les deux canotiers qui nageaient à bâbord derrière ont été enlevés de leur place et jetés sur l’avant. Nous sommes arrivés à Guilvinec à 16 heures trempés et exténués. Nous avons mouillé le canot au fond du port et j’ai prié mon collègue Garo de veiller dessus, puis nous avons pris le train pour rentrer chez nous. Le lendemain le temps étant plus maniable, nous avons été prendre notre canot, nous sommes rentrés à Kérity à 17 heures.
Jégou (Joseph), Patron du canot de sauvetage.
(Rapport transmis par M. Coquelin, instituteur, Secrétaire du Comité de Sauvetage.)
(1) Pennivic

 

Rapport sur les services rendus le 23 mai 1925
Secours des canots de sauvetage des stations de Kérity et Saint-Pierre aux bateaux de pêche Saint Louis et Berceau de Saint Pierre.
Vingt-sept victimes dont quinze canotiers (sept de Kérity et huit de Saint-Pierre).
Secours des canots de sauvetage relaté dans les annales du sauvetage maritime par le Vice-Amiral, président de la S.C.S.
Le temps était beau dans la matinée du 23 mai 1925 et de nombreux bateaux étaient sortis pour la pêche. Vers midi une tempête s’éleva, soufflant du Sud, aussi brusque que violente. Toutes les barques prirent, aussi promptement que possible, le chemin du retour. De terre, plusieurs personnes, notamment le guetteur du sémaphore, qui observaient des yeux ou à la jumelle la rentrée des bateaux, virent l’un de ceux-ci chavirer à proximité de la tourelle de la Jument. Il était exactement 13 heures ; le bateau était le Saint Louis, patron Dupouy(1), cinq hommes d’équipage. La mer montait depuis environ deux heures et le courant de flot portait au N.N.E., c’est-à-dire vers la terre. L’alarme fut immédiatement donnée aux canots de sauvetage ; le sémaphore hissa le pavillon noir et tira deux coups de canon. Les canots Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, de Kérity, et Léon Dufour, de Saint-Pierre-Penmarc’h, furent armés aussitôt. Comme un certain nombre de canotiers titulaires étaient en mer, des volontaires s’offrirent pour les remplacer, de sorte que l’équipage du canot de Kérity comprenait quatre volontaires sur douze hommes et celui de Saint-Pierre sept sur douze. La mer n’avait pas encore assez monté pour que les canots pussent flotter dans ces petits ports ; néanmoins, les femmes elles-mêmes des marins se mettant à l’eau jusqu’à la ceinture pour pousser les chariots vers la mer, le lancement se fit rapidement, et à 13 h. 20, les deux équipages faisaient force de rames et se dirigeaient vers le lieu du naufrage du Saint Louis. Au même moment (13 h. 20), une autre barque, le Berceau de Saint Pierre, montée par sept hommes, patron Jean Larnicol, faisait naufrage au même endroit que le Saint Louis.
Canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, de Kérity
.
Ce canot mit d’abord le cap sur la Tourelle de Runiec (distance 1500 mètres au Sud) où le patron Jégou(2) croyait apercevoir un naufragé. En approchant, il ne le vit plus, mais il rencontra la barque de pêche Arche d’Alliance qui revenait du large et qui lui dit d’avancer dans la direction du S.-O. où les naufrages s’étaient produits. Le canot Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, qui, jusqu’ici, avait, grâce à la protection des récifs, navigué dans une mer relativement maniable, trouva, en s’engageant dans la passe entre le récif de Men Laou au Nord et la Tourelle de la Jument au Sud, une mer absolument déchaînée, telle que les sauveteurs déclarent n’en avoir jamais vu de pareille. Faisant route à peu près au S.-O. avec le vent de bâbord, une mer hachée venant de plusieurs directions, mais principalement de tribord, le courant de flot portant au N.-N.-E., le canot arrive presque sur l’alignement Men Laou-Jument, et aperçoit des épaves. À ce moment vient sur lui une grosse lame brisante qu’il surmonte parfaitement ; presque aussitôt après, une seconde lame encore plus forte, prenant le canot légèrement par tribord devant, le couche sur bâbord et précipite à la mer la moitié environ de l’équipage dont le patron Jégou. Les hommes restés à bord aident leurs camarades à remonter, mais tandis que chacun est occupé à regagner son poste, une nouvelle lame énorme assaille par le flanc tribord le canot qui, cette fois, fait un tour complet sur lui-même, rejetant au dehors tous les canotiers, à l’exception d’un seul qui s’est cramponné à son banc, et qui, d’ailleurs, lui aussi, fut rejeté par la lame suivante. Il était 13 h. 50 quand ce nouveau sinistre se produisit. Le canot, entièrement vidé de son équipage et ayant encore fait un ou deux tours sur lui-même, est poussé rapidement vers la terre par le vent et le courant ; il vient s’échouer sur la basse Men-Talec (à 400 mètres du rivage) où des volontaires partis dans des youyous le prennent et le ramènent au port. Sur douze hommes d’équipage, cinq seulement survivent : le patron Jégou, trois canotiers dont un volontaire, et le sous-patron Coïc(3). Les quatre premiers ainsi que deux autres hommes qui n’ont pas survécu ont été recueillis par le bateau de pêche l’Arche d’Alliance, patron Larnicol(4). Le sous-patron Coïc, dont la belle conduite sera mentionnée tout à l’heure, fut recueilli par l’annexe du Gérald Samuel.
Armement du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron(5) : Jégou (Joseph), patron ; Coïc (Corentin), sous-patron ; Cloarec (Thomas)†(6), Coupa (Laurent)†, Gourlaouen (François), Jézégabel (Henri)†, Kérisit (Joseph), Kerloch (Henri)†, Le Gars (François)†, Stéphan (Nonna), Stéphan (Yves)†, Tanniou (Pierre)†, canotiers.
Canot Léon Dufour, de Saint-Pierre-Penmarc’h.

Le Léon Dufour, parti de Saint-Pierre également à 13 h. 20, prit une route convergente avec celle du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron et vint se ranger dans ses eaux. Il se trouvait à 120 mètres environ en arrière, c’est-à-dire dans le Nord-Est de celui-ci lorsqu’il fut abordé par la même lame qui, quelques secondes auparavant, avait causé le sinistre des canotiers de Kérity. Sous l’effort de cette lame, on le vit se dresser, l’avant en l’air, presque verticalement. L’équipage tout entier fut précipité à la mer par l’effet d’une telle inclinaison, puis le canot retombé sur sa quille, vidé de ses hommes, dériva vers la terre comme l’autre et vint faire côte à 300 mètres dans l’Est de la petite jetée de Kérity. Des douze canotiers, quatre seulement furent sauvés, grâce à la petite annexe du bateau du patron de pêche Le Gall(7) qui recueillit également les corps inanimés du patron Berrou(8), du sous-patron Tanniou(9), et, comme il a été dit, le sous-patron Coïc. Il m’a semblé que je ne pouvais mieux faire que vous lire le rapport étudié et précis rédigé après enquête sur ce drame dont la grandeur même dépasse l’éloquence de tout commentaire. J’ai réuni les deux sinistres qui se sont suivis de si près dans le temps et dans l’espace. Aucun de ces canotiers n’a mesuré l’immensité des forces auxquelles ils s’attaquaient. On les a appelés, ils sont partis courbés sur leurs avirons, ne songeant qu’à une chose : deux bateaux avaient chaviré, peut-être arriveraient-ils à temps pour sauver quelques-uns de leurs camarades.
Armement du Léon Dufour(10): Berrou (Jean)†, patron ; Tanniou (Vincent)†, sous-patron ; Bouguéon (Michel), Calvez (Alain)†, Calvez (Laurent)†, Carval (Pierre)†, Cossec (Guillaume)†, Drézen (Corentin), Larnicol (Jean)†, L’Helgouarch (Jean)†, Stéphan (Thomas), Tanneau (Pierre), canotiers.
Complément : Intervention des bateaux de pêche l’Arche d’Alliance et Gérald Samuel.
Les canots de sauvetage de Kérity et de Saint-Pierre, sortis à peu près à la même heure, 13 heures 20, avaient fait route et s’étant rencontrés aux environs de Runiec, un peu dans l’Est, se tenaient là sur les avirons (pendant cinq minutes, disent les guetteurs du sémaphore). Le patron Larnicol(11) qui croisait entre Runiec et le Spéis leur fit signe que les bateaux naufragés devaient être au vent à lui dans la direction de la Jument, et les canots de sauvetage repartirent de l’avant, passérent au vent de Larnicol qui les vit naufrager dans les brisants alors très violents, ou plutôt qui s’aperçut tout à coup que les canots avaient perdu leur équipage. Larnicol chercha alors à s’approcher de l’un d’eux pour le réarmer avec son équipage qui était de six hommes et un mousse, lui compris ; mais, apercevant des hommes des canots de sauvetage dans l’eau et qui faisaient des signes, il abandonna sa première idée et fit route vers eux qui dérivaient au N.-E. du lieu du sinistre. Le premier homme approché par Larnicol fut le sous-patron Coïc qui lui dit : « Moi, je tiens, va prendre les hommes qui sont sous le vent et qui demandent du secours. » Larnicol entra alors dans ces parages où la mer était encore assez dure et la manœuvre délicate au milieu des roches, et recueillit successivement Stéphan Nonna, Kérisit Joseph, tous deux canotiers du canot de sauvetage de Kérity, puis Jégou Joseph, patron du même canot, environ 150 mètres au Nord-Ouest, et enfin Gourlaouen(12) un peu plus à terre en face la pointe Devillen. Puis il se remit à croiser, aperçut Coupa Laurent(13) sous l’eau, mais au moins un bras passé dans un gilet de sauvetage ; en essayant de le prendre à la gaffe, la bretelle céda et Coupa disparut. Jégou lui ayant dit : « Il n’y a personne au vent. », il continua à croiser sous le vent et près de Men Dru recueillit à la main Tanniou Pierre, flottant inanimé. Lui voyant encore un peu de vie, et n’apercevant plus personne, Larnicol rentra rapidement pour faire donner à Pierre Tanniou les soins nécessaires, malheureusement inutiles. Le bateau de pêche Gérard Samuel(14), patron Eugène Le Gall, était au mouillage dans le N.-O. de Locarec, quand ayant vu le vent fraîchir Le Gall se décida à partir de terre avec son annexe pour aller le changer de mouillage vers midi 30. Au moment où l’annexe arrivait près du Gérard Samuel, un annexe voisin lui cria : « Un bateau vient de chavirer près de la Jument ». Le Gall une fois à bord prit aussitôt les dispositions d’appareillage, vit un deuxième bateau chavirer au moment où il appareillait, et fit aussitôt route en louvoyant pour s’approcher du lieu des sinistres ; obligé de virer de bord plusieurs fois, dont une près des Firbichons, il arrive près de Runiec, et à ce moment, voit le bateau de Kérity dans les brisants, n’ayant plus d’équipage, puis il voit le canot de Saint-Pierre à pic sur une lame, sans équipage non plus. Il continue à s’élever au vent, et se rendant compte que les naufragés dérivent au N.-E., voyant Larnicol aller les chercher, il fait embarquer quatre de ses hommes : Le Gars Joseph(15), Le Gall Louis, Riou Pierre et Guegalen Louis, dans son annexe, parce que le Gérard Samuel était un trop grand bateau pour aller dans les roches vers lesquelles dérivaient les naufragés. Le Gall tint alors à croiser aussi près que possible de son annexe, manoeuvrant son grand cotre avec le seul mousse Le Pape Baptiste. Sous les ordres de Le Gars l’annexe fit le tour de Runiec par l’Est et le Nord pour venir se mettre debout aux lames qui se gonflaient et même brisaient sur les petits fonds, et recueillit alors trois canotiers du canot de Saint-Pierre qui se tenaient sur un des mâts du Léon Dufour, savoir Tanneau Pierre, Stéphan Thomas et Bouguéon Michel. Ensuite il recueille Drézen Corentin qui flottait avec son gilet de sauvetage, puis Tanniou Vincent, sous-patron, et Berrou Jean, patron du canot de sauvetage de Saint-Pierre, qui tous deux flottaient inanimés, et enfin Coïc, sous-patron du canot de sauvetage de Kérity. Voyant Berrou et Tanniou inanimés, et ce dernier ayant encore de l’écume à la bouche, l’annexe déjà assez chargée fit route vers la terre où Berrou et Tanniou ne purent être rappelés à la vie. Le patron Le Gall, en croisant au milieu des bas-fonds rocheux avec son seul mousse, toucha, perdit son gouvernail, et dut alors fuir vent arrière pour ramener son bateau.
Complément : État des deux canots.
Nous avons demandé immédiatement à M. Normand, constructeur de nos canots au Havre, d’envoyer deux spécialistes sur les lieux pour procéder à une visite complète des deux canots. Voici les résultats de l’examen auquel il a été procédé : Le canot de Kérity est aisément réparable sur place. Il n’a que des avaries superficielles et légères, et aucune dans les œuvres vives. Les dômes de redressement sont aussi intacts que si le canot n’était pas sorti de son abri. Le canot de Saint-Pierre a une rupture d’étambot et quelques autres avaries moins importantes ; cela nécessite son passage dans les chantiers de construction, où il est expédié d’urgence. Ce canot, qui est du type à grande stabilité, n’a pas chaviré, mais en dérivant jusqu’à terre il a dû passer sur des récifs où il aura fortement talonné.
(1) Dupuis Julien
(2) Jégou Joseph, pour toutes les occurrences
(3) Coïc Corentin, pour toutes les occurrences
(4) Larnicol François, pour toutes les occurrences
(5) Rubrique ajoutée par l’association Papa Poydenot
(6) † signifie « victime du sinistre », pour toutes les occurrences
(7) Le Gall Eugène, pour toutes les occurrences
(8) Berrou Jean, pour toutes les occurrences
(9) Tanniou Vincent, pour toutes les occurrences
(10) Rubrique ajoutée par l’association Papa Poydenot
(11) Larnicol François, pour toutes les occurrences
(12) Gourlaouen François
(13) Coupa Laurent, pour toutes les occurrences
(14) Gérald Samuel
(15) Le Gars Joseph, pour toutes les occurrences

 

Rapport sur les services rendus le 27 février 1929
Secours à la goélette à moteur Édith.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le sous-patron Briec Noël.
Le 27 février 1929, à 6 heures du matin, la goélette à moteur Édith, mouillée à 500 mètres sud du môle de Kérity-Penmarc’h, brûlait une torche demandant secours immédiat. Le sous-patron Briec Noël, de la station de Kérity-Penmarc’h donnait l’alarme et le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron, monté par 4 canotiers et 8 volontaires, était immédiatement mis à la mer. L’opération fut difficile et dangereuse, car il soufflait un fort vent ouest-sud-ouest et les vagues rejetaient le canot sur la plage. Néanmoins le canot arrivait à 6 h. 45 près de la goélette qui chassait sur les roches de la Poire, ayant brisée deux grosses chaînes de corps-mort et les deux chaînes du bord. Le canot se tint près de la goélette qui réussit à mettre son moteur en marche et dut venir s’échouer sur la plage, toujours accompagnée du canot de sauvetage. Le canot a été rentré à 8 h. 30 sans avaries.
Le Président du Comité de Sauvetage, Jouin, Directeur d’école.

 

Rapport sur les services rendus le 29 décembre 1929
Secours au trois-mâts Pomorze avec les canots des stations de Saint-Pierre, Saint-Guénolé, Guilvinec.
Équipage sauvé.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf le patron Loussouarn Jean. Le Cloarec Jean-Louis, non cité, est titulaire d’un diplôme.
Dimanche matin, 29 décembre, vers les 10 heures, j’ai alerté l’équipage pour porter secours à un trois-mâts(1) qui dérivait vers l’ouest des Étocs. À 10 h. 15, le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron était à l’eau et nous nous sommes dirigés vers le Reuniec ; mais vu l’état de la mer, forte tempête du S.-S.-O., nous n’avons pu dépasser cet endroit et avons mouillé. Pendant ce temps, le trois-mâts avait réussi à mouiller entre la Jument et le Reuniec, près des Étocs. Nous restons ainsi avec les autres canots de sauvetage jusqu’à 18 heures et rentrons au port pour nous changer et nous restaurer, puis, vers les 19 heures, nous repartons à l’est du Reuniec, où nous restons à attendre une accalmie jusqu’à 5 heures du matin. Entre temps, le trois-mâts avait dérivé dans le chenal du Branquet, au sud, et son arrière était à une dizaine de mètres des roches. Lundi 30, nous repartons à 6 h. 30 et reprenons la position d’attente dans le chenal du Branquet, à environ 300 mètres du trois-mâts, mais les lames, déferlant avec furie, nous empêchent d’avancer et nous rentrons vers 13 h. 30 après avoir essuyé un terrible grain à 11 heures. Le mardi 31, nous repartons à 4 h. 30 et prenons le chenal de la Jument, croyant trouver une accalmie, mais impossible de passer ; nous revenons par la grande passe en dehors des Étocs et nous dirigeons le plus vite que nous pouvons vers le bateau naufragé. Entre temps, le canot de sauvetage à moteur du Guilvinec nous dépasse et, quand nous arrivons au trois-mâts, les naufragés commencent à embarquer dans le canot de Guilvinec.
Le Patron du canot de Sauvetage, Loussouarn(2).
(Rapport transmis par M. Jouin, directeur d’école, Président du Comité de Sauvetage).
(1) Il s’agit du Pomorze, trois-mâts polonais
(2) Loussouarn Jean

 

Rapport sur les services rendus le 3 octobre 1938
Action simultanée des canots de sauvetage des stations de Kérity et Saint-Pierre, au secours du canot de pêche Blandine.
Deux marins sauvés par la pinasse Marie Roger.
Équipage du Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron non mentionné, sauf Tanniou Jean-Guillaume faisant fonction de patron.
Le 3 octobre, vers 10 heures, le sémaphore de Saint-Pierre-Penmarc’h tire cinq coups de canon pour alerter les stations de sauvetage afin de porter assistance à un bateau en danger. Immédiatement, le canotier Tanniou (Jean-Guillaume) réunit les canotiers disponibles. Sous son commandement le canot de sauvetage Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron est armé et prend la mer. Le vent souffle du S.-O. en tempête. Arrivé devant Saint-Pierre, le patron, ayant appris que sa présence n’est plus utile, reprend la route de la station.
Le chef de poste des Douanes, Plouzennec