Rapport sur les services rendus le 27 janvier 1890
Secours au canot de pêche Ave Maris Stella(1), de Saint-Pierre en Penmarc’h.
Action simultanée du canot de sauvetage de Kérity en Penmarc’h.
Le 27 janvier, le canot de sauvetage Maman Poydenot faisait un exercice et venait de sortir avec la deuxième bordée lorsque vers 10 heures il entendit le coup de canon d’alarme tiré par le sémaphore qui arborait en même temps le pavillon noir, signal indiquant un sinistre dans les environs. Le sous-patron Riou dirigea immédiatement le canot vers le lieu de l’accident, mais arrivé en face du phare il aperçut le pavillon noir amené et apprit que tous les hommes en danger étaient sauvés. Le coup de canon avait été tiré pour l’accident arrivé au canot Ave Maris Stella dont il est question dans le paragraphe suivant.
L’équipage du canot était composé(2) du sous-patron Riou faisant fonctions de patron, du brigadier Tannion et des canotiers Kervarec, Gloagnen, Hélias (Sylvestre), Jigon, Cornec, Biger, Hélias (Alain), Briec, Vrézen et Cloarec.
(1) Trois naufragés recueillis par deux embarcations de Saint-Pierre (cf. rapport de la station de Kérity en date du 27 janvier 1890).
(2) Il s’agit de : Riou Jean, Tanniou François, Kervarec Jean-Marie, Gloaguen Guillaume, Hélias Sylvestre, Jégou Jean, Cornec Michel, Biger Jean-Marie, Hélias Alain, Briec Pierre, Le Drézen Guillaume, Cloarec Jean.
Rapport sur les services rendus le 12 mars 1891
Secours à la chaloupe de pêche La Perle, de Saint-Pierre en Penmarc’h.
Action simultanée du canot de sauvetage de Kérity en Penmarc’h.
Le 12 mars 1891, le canot de sauvetage de Saint-Guénolé est sorti à trois heures et demie du matin aussitôt après avoir entendu le signal d’alarme du sémaphore appelant au secours de la chaloupe La Perle, de Saint-Pierre (Pont-l’Abbé), échouée à peu de distance au sud-ouest du phare. Le canot, qui est resté dans ces parages jusqu’à six heures et demie sans avoir rien trouvé, est rentré au port sans autre incident. Les renseignements parvenus plus tard(1) ont fait connaître que cette chaloupe s’était en effet échouée, mais qu’elle avait pu se dégager au retour du flot.
Le canot, sous les ordres du patron(2) Auffret, avait pour équipage le sous-patron Riou et les canotiers Cornec, Kervarec, Cloarec, Le Berre, Hélias, Drézen, Tanneau, Jégou, Le Pape et Guiriec.
(1) Cf. rapport de la station de Kérity en date du 12 mars 1891.
(2) Il s’agit de : Auffret Louis-Napoléon, Riou Jean, Cornec Michel, Kervarec Jean-Marie, Cloarec Jean, Le Berre Jean-Marie, Hélias Louis, Le Drézen Guillaume, Tanneau Guillaume, Jégou Jean, Le Pape Pierre, Guirriec X…
Rapport sur les services rendus le 2 juin 1892
Action simultanée des canots de Kérity et de Saint-Guénolé au secours de la chaloupe de pêche Marie, de Saint-Pierre.
Quatre personnes sauvées, deux par le canot de Kérity, deux autres par des chaloupes de pêche du pays ; quatre disparus.
Kérity –
Le 2 juin , par mer démontée que soulevait un coup de vent de Sud-Ouest, la chaloupe Marie, de Saint-Pierre en Penmarc’h, revenait de la pêche aux maquereaux, après avoir passé toute la nuit dehors. Bien qu’il fit à peine jour, les guetteurs purent l’apercevoir tout d’un coup soulevée et capotée par une énorme lame ; le signal fut donné aussitôt au canot de sauvetage qui fut rapidement armé, et qui se trouva bientôt sur les lieux où le sinistre s’était produit. Deux des infortunés qui montaient la Marie, les nommés Le Floch (Alain) et Le Floch (Pierre), entraînés par le courant sur les bas-fonds, n’avaient presque plus la force de se soutenir sur l’eau. Confiant dans le sang-froid de ses hommes autant que dans les qualités de son embarcation, et connaissant à souhait les terribles parages dans lesquels il fallait se risquer, notre brave patron Jégou(1) se décida à tenter le sauvetage. En quelques minutes il était au milieu de ces terribles lames dont la volute, en se brisant, entraîne tout avec elle ; calme, inébranlable à son poste, il parvint à leur échapper et aussi à leur enlever les malheureux dont, sans ce secours, la perte était infaillible. Pendant ce temps, deux autres naufragés qui avaient pu se maintenir au large, étaient recueillis par des chaloupes du pays ; malheureusement il en manquait encore quatre qu’il fut impossible de retrouver.
Jégou avait avec lui les marins : Janvier (Théophile), Canévet (Alain), Canévet (René), Le Gall (Alain), Briec (Sébastien), Gourlaouen (François), canotiers titulaires ; Gouléquer(2) (Vincent) fils, Le Gars (Robert), Cloarec (Jean), Le Cléach (Corentin) et Le Garrec (Guillaume), canotiers volontaires.
Saint-Guénolé –
Le canot de sauvetage de Saint-Guénolé, averti en même temps que celui de Kérity, par le coup de canon d’alarme du sémaphore, a pris aussi la mer avec la plus grande promptitude pour se porter au secours de la Marie. Son équipage a montré en cette occasion tant d’énergie et de dévouement, que nous nous faisons un devoir de donner leurs noms aux lecteurs de nos Annales :
Patron Auffret (Louis(3)) ; sous-patron Riou (Jean) ; canotiers : Hélias (Alain), Scullier(4) (Jacques), Hélias (Louis), Briec (Pierre), Guéguen (Alain), Le Corre (Jacques), Tanter (Pierre), Jégou (Joseph), Drezen(5) (Guillaume) et Le Pape (Pierre).
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Gouliquer
(3) Louis-Napoléon
(4) Scuiller
(5) Le Drézen
Rapport sur les services rendus le 26 août 1892
Secours à un bateau de pêche dans le sud-ouest de Saint-Guénolé.
Trois hommes sauvés par l’équipage d’une chaloupe de pêche de Kérity, patron Jégou Jacques.
Maman Poydenot, sur les lieux, n’a pas eu à intervenir.
Kérity –
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de porter à votre connaissance l’émouvant sauvetage que vient d’accomplir notre brave patron Jégou(1). Le 26 août, vers trois heures du matin, le patron Jégou appareillait avec son bateau de pêche, en avant de Saint-Guénolé, lorsque des appels de détresse retentirent soudain dans les brisants du côté Sud-Ouest. Jégou, avec un marin de ses voisins les plus proches, Yéquel (Pierre), et ses trois fils, se porta aussitôt vers le lieu du naufrage, environ à 350 mètres de là, où il aperçut trois hommes accrochés à un mât et un autre engagé dans les filets flottant sur l’eau ; il s’approcha d’eux, au milieu des plus grandes difficultés, et, au moment où il recueillait les naufragés, une lame énorme s’abattait sur son canot, qui fut aux trois quarts rempli. Pendant que les uns secouraient les naufragés, les autres vidaient l’embarcation qui menacait de couler bas ; ils réussirent néanmoins à atteindre le port, où les naufragés furent l’objet de soins empressés chez le patron Auffret(2) de la station de Saint-Guénolé. Le canot de cette station(3) est sorti également à la suite des appels de détresse, mais le sauvetage avait été si rapidement accompli et si heureusement exécuté qu’il n’y avait plus qu’à s’assurer qu’aucun autre canot n’avait besoin de secours, le port de Saint-Guénolé étant fréquenté en ce moment par quelques centaines de bateaux de pêche. Le patron Jégou s’est d’autant plus distingué dans la circonstance que les bateaux qui sortaient en même temps que lui n’ont pas osé se porter dans les brisants pour secourir les naufragés ; Jégou, lui, soutient énergiquement que l’on doit toujours le faire, quitte à rester avec eux. Le patron Jégou, une fois de plus, a fait honneur à la Société centrale de Sauvetage, dont il commande un des canots(4).
Veuillez recevoir, Monsieur le Président, etc., etc.
Courtel Lieutenant des douanes, secrétaire du comité(5)
(1) Jégou Jacques, pour toutes les occurrences
(2) Auffret Louis-Napoléon, patron du canot de sauvetage Maman Poydenot
(3) Equipage non mentionné
(4) Canot de sauvetage de Kérity, Comte et Comtesse Foucher de Saint-Faron
(5) Comité de la station de sauvetage de Kérity
Rapport sur les services rendus le 5 novembre 1892
Action simultanée des canots de Kérity et de Saint-Guénolé au secours du bateau de pêche n° 1245, Cuirassier de Reichshoffen, de Guilvinec, patron Cléach (fils).
Huit personnes sauvées par le canot de Kérity.
Kérity -
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de porter à votre connaissance le rapport ci-joint relatif au sauvetage opéré par le canot de Kérity à la date du 5 novembre 1892, avec petite brise de S.-O., mer très grosse. Ce jour-là, à 1 heure 30 du soir, j’ai aperçu un bateau de pêche chavirant, par une grosse lame, en passant sur les brisants dits le Viller, à un mille au sud du sémaphore. J’ai fait immédiatement tirer un coup de canon et hisser le pavillon de détresse, dans le but de lui envoyer des secours. Le bateau de sauvetage de Kérity, étant le plus rapproché du lieu du naufrage, a été assez heureux pour recueillir les naufragés au nombre de sept hommes d’équipage et un mousse, et les ramener tous à terre sains et saufs. Seul le mousse se trouvait presque inanimé ; il a été aussitôt transporté chez M. Jacq, gérant de l’usine de M. Saupiquet à Kérity, où on s’est empressé de lui donner tous les soins que nécessitait son état. Le bateau naufragé est du port de Guilvinec ; il porte le n° 1245(1), et a pour patron le nommé Cléach (fils).
Voici les noms des canotiers sauveteurs : Jégou (Jacques), patron ; Cloarec (Allain-Yves(2)), brigadier ; Le Gall (Allain(3)), Pors(4) (Paul), Briec (Sébastien), Tanter (Pierre-Jean), Kerloch (Henri), Janvier (Théophile), Cloarec (Allain(5)) et Le Gall (Joseph), canotiers ; Gouliquer (Vincent) fils, Le Gall (Nonna), Gourlaouen (Yves), Jégou (Joseph), Goudebranche (Benjamin), Peigné (Sébastien) et Le Pape (Jean), volontaires.
Saint-Guénolé –
Avertis en même temps que ceux de Kérity, les marins de Saint-Guénolé se sont portés en toute hâte au secours des naufragés, mais malgré la célérité remarquable de la mise à l’eau et du départ, le canot, en raison de la distance à parcourir, (au moins trois milles) n’a pu arriver tout à fait à temps pour coopérer au sauvetage, qui venait d’être heureusement effectué par les sauveteurs de la station plus rapprochée de Kérity.
Les difficultés extrèmes de cette sortie ont fait ressortir, une fois de plus, outre les excellentes qualités du canot, l’habileté et l’énergie de son équipage qui comprenait : le patron Auffret (Louis(6)) et les canotiers Kerloch (Alexis), Cloarec (Jean), Stéphan (Jean), Tanneau (François), Briec (Pierre), Tanneau (Thomas), Baltez (Vincent), Hélias (Sylvestre), Tanter (Pierre), Drezen(7) (Guillaume) et Hélias (Louis).
Rapport de M. Madec, membre du Comité.
(1) Cuirassier de Reichshoffen
(2) Alain-Yves
(3) Alain
(4) Le Pors
(5) Alain
(6)Louis-Napoléon
(7) Le Drézen
Rapport sur les services rendus le 26 février 1893
Secours à trois chaloupes de pêche en détresse à la Torche : le Magicien, n° 1225, de Kérity ; le Sacré-Cœur, n° 751, de Guilvinec ; le Saint Corentin, n° 1882, de Saint-Guénolé.
Vingt-trois marins sauvés.
Monsieur le Président,
Ainsi que le Comité vient d’avoir l’honneur d’en informer télégraphiquement la Société Centrale, une nouvelle sortie de son canot a eu lieu, ce matin à 3 heures précises. Cette sortie lui semblait commandée par l’état d’une mer démesurément grossie sous l’action d’une tempête subite, et conséquemment par la pensée que de nombreux bateaux de pêche sortis la veille au soir devaient se trouver en danger dans la baie. Au reste, les craintes du Comité prenaient vite corps par l’annonce, qui lui arrivait, que deux bateaux, sinon plus, se trouvaient en péril, par le travers de la Torche. Dans cette occurence, et mettant trève à toute nouvelle hésitation, le Comité s’empressa de donner au patron Auffret(1) et à la partie de son équipage, déjà rassemblée, l’ordre de lancer le canot et de le diriger sur le point signalé. Si exténués qu’étaient ces braves, qui arrivaient de leur pêche et qui avaient dû lutter énergiquement contre les éléments, pour leur propre salut, et quelle que fût, d’ores et déjà, leur certitude de ne pouvoir regagner leur port à cause de la violence des vents, en plein contraires pour le retour, aucun d’eux n’hésita (et c’est une justice à leur rendre) devant de nouveaux dangers à courir. Et nonobstant l’état, toujours empiré, de la mer, leur diligence avait même été telle, qu’en moins d’une heure les trois milles les séparant de la Torche, se trouvaient franchis à l’aviron, et qu’ils avaient pu correspondre avec les bateaux compromis. Ces embarcations, au nombre exact de trois désemparées ou de leurs mâts ou de leurs voiles, mouillées, tant bien que mal, à une demi encâblure l’une de l’autre et à 300 mètres environ des brisants, pour elles infranchissables, étaient les suivantes : le Magicien, n° 1225, du port de Kérity, patron Jean Duvrud(2) (équipage total 7 hommes) ; le Sacré-Cœur, n° 751, du port de Guilvinec, patron Yves Guéguen (équipage total 9 hommes) ; le Saint-Corentin, n° 1882, du port de Saint-Guénolé, patron autre Jean Duvrud(3) (équipage total 7 hommes). Les chances et moyens de sauvetage furent bien pesés aussitôt, et à cause de la force de la mer absolument démontée, un essai de mise à terre, en pleine plage, même en pleins brisants, parut le plus praticable de tous (surtout par un bateau plat de varangues, comme l’est le canot de sauvetage) et l’équipage sauveteur, d’accord d’ailleurs avec les sinistrés qui comprenaient que rien ne serait plus dangereux pour eux que de rester dans leurs chaloupes, se mit en devoir de procéder à une première tentative de débarquement. Cette tentative, bien conduite à travers les plus grandes difficultés, fut couronnée d’un plein succès. Il ne restait plus dès lors qu’à la renouveler : c’est ce que firent Auffred(4) et son équipage, et ainsi les naufragés, après mille angoisses, se trouvèrent en sécurité. Quant à nos canotiers ils étaient bien heureux d’avoir réussi, mais épuisés au point que l’on fut obligé de donner des soins actifs à l’un d’eux qui avait perdu connaissance. À 10 heures et après une mise au plein sur la partie la plus sablonneuse de la plage, les sauveteurs remisaient leur bateau par la voie de terre, la seule qui à ce moment fut encore praticable.
Veuillez agréer,
Le Président Aug. Dupouy
Nota : Au moment de leur sortie (il est peut-être bon de le signaler) les sauveteurs ont été assez heureux pour aider de leurs indications et de leur présence, deux bateaux étrangers égarés à l’entrée de la passe, encore alors accessible, mais qu’ils hésitaient à franchir faute de connaissance de la localité.
Le canot était armé par : Auffret (Louis(5)), patron ; Riou (Jean), sous-patron ; Jégou (Jean), Kervarrec(6) (Jean-Marie), Gloaguen (Guillaume), Biger (Jean-Marie), Hélias (Jean-Marie), Hélias (Alain), Tanneau (Guillaume), Stéphan (Jean), Baltez (Vincent), Le Pape (Pierre), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon
(2) Jean Durand ?
(3) Jean Durand ?
(4) Auffret Louis-Napoléon
(5) Louis-Napoléon
(6) kervarec
Rapport sur les services rendus le 17 mai 1893
Assistance à deux bateaux de pêche d’Audierne.
Extrait du rapport du Comité local :
Aujourd’hui 17 mai, vers 6 heures ½ du soir, par très fort vent de S.-E. et mer démontée, la passe est devenue extrêmement dangereuse. Deux bateaux pêcheurs d’Audierne s’y présentèrent : l’un d’eux réussit à la franchir, mais l’autre, mal engagé, était drossé vers les brisants. Le canot de sauvetage se porta aussitôt au-devant de lui pour le secourir ou l’aider dans sa manœuvre, mais il renonça à entrer au port et regagna le large, préférant essayer de retourner à Audierne, malgré le mauvais état du temps. Nos marins, qui ont vaillamment fait leur devoir, sont restés à la mer pendant deux heures ; ce sont les nommés : Auffret (Louis(1) ), patron ; Riou (Jean), sous-patron ; Jégou (Jean), brigadier ; Cloarec (Marc), Cloarec (Guillaume), Tanneau (Thomas), Le Berre (Jean-Marie), Drezen(2) (Guillaume), Durand (Alain), Guéguen (Alain), Jégou (Jean) et Jégou (Joseph), canotiers.
(1) Louis-Napoléon
(2) Le Drézen
Rapport sur les services rendus le 8 décembre 1893
Secours au bateau de pêche n° 1011, patron Le Berre Yves, canotier de Maman Poydenot.
Un marin sauvé ; quatre victimes, dont Le Berre Yves.
Monsieur le Président,
Comme suite au télégramme que j’ai eu l’honneur de vous adresser ce matin, notre canot de sauvetage Maman Poydenot est sorti à 7 heures 20 pour porter secours au bateau de pêche de notre port, n° 1011, patron Le Berre (Yves). Malgré la diligence de nos canotiers et la mise à l’eau à marée basse en moins de dix minutes, nous sommes arrivés trop tard sur le lieu du sinistre. La mer démontée, trois milles environ à parcourir, ont été les seules causes de notre non-réussite. Dans ce sinistre où nous comptons quatre victimes, nous avons à déplorer la mort de Le Berre (Yves), patron du n° 1011, un de nos canotiers, laissant une femme et un enfant. Un seul homme a été sauvé dans les brisants de la Torche par un de nos canotiers resté à terre et par deux autres marins sans le concours desquels ses efforts auraient été inutiles. Comme toujours notre patron Auffret(1), ainsi que son digne équipage, ont été à la hauteur de leur mission.
Veuillez agréer, etc.
Le vice-président du Comité, Rondeau
Le canot était monté par : Auffret (Louis(2)), patron ; Tanniou (François), Hélias (Sylvestre), Cornec (Michel), Tanno(3) (Guillaume), Cloarec (Guillaume), Jégou (Joseph), Briec (Pierre), Baltez (Vincent), Le Berre (Alain), Le Corre (Jacques), le Donge (Jean).
(1) Auffret Louis-Napoléon
(2) Louis-Napoléon
(3) Tanneau
Rapport sur les services rendus le 24 février 1894
Secours aux bateaux de pêche Asile du Pêcheur et Sainte Anne, assistance aux chaloupes rentrant au port.
Seize marins sauvés.
24 février – Hier soir, vers 11 heures, des appels désespérés retentissaient, qui semblaient provenir des abords de la grande passe de notre port. Ces appels, notre vigilant patron, toujours aux aguets, surtout quand le temps menace, les avait entendus. Courir à la station et y convier, par des réitérées sonneries de trompe, le secours des bonnes volontés environnantes, constituer un équipage à l’aide des meilleurs éléments accourus, procéder à la sortie du canot, tout cela n’avait été pour Auffret(1) que l’affaire, du reste habituel, de courtes minutes. Mais à ces difficultés préliminaires devaient malheureusement s’en ajouter d’autres dérivant : 1) de la coïncidence d’une marée extrêmement basse, et partant, de l’éloignement considérablement accru, en pleine nuit, par une pluie cinglante et froide, du travers, qui plus est, d’une plage irrégulière et caillouteuse, de l’endroit ordinaire de la mise à l’eau ; 2) du peu de personnel qu’on avait pu réunir, en l’absence des marins, pour la plupart en mer. Néanmoins, grâce à des efforts qu’on pourrait presque qualifier de surhumains, efforts parmi lesquels se faisaient admirer ceux de femmes, à l’eau jusqu’à mi-corps, comme les hommes ; grâce surtout à la bonne direction d’un patron, d’un sous-patron, admirables d’intelligence et de sang-froid, le lancement qu’on aurait pu croire un moment impossible, s’effectuait enfin, et quelques secondes après (vers 11 heures 30 minutes) sauveteurs et naufragés se trouvaient à portée de voix les uns des autres. Le bateau en péril (l’Asile du Pêcheur, du port de Saint-Guénolé, patron Guillaume Stéphan) déjà à moitié rempli d’eau, mais à bord duquel se trouvait encore son complet équipage de huit hommes, avait été projeté, par une lame énorme, dans une sorte d’impasse, à fond accidenté, formé par l’écueil dit Stervion, impasse absolument inaccessible pour le canot sauveteur, qui dut accéder sur un autre point et y débarquer (ce qu’il fit non sans peine) une partie de son équipage, pour essayer d’établir un va-et-vient, à l’aide duquel, finalement, les huit hommes en péril purent être sauvés jusqu’au dernier. Cette opération, vu sa difficulté, avait duré plus d’une heure ; mais, bien qu’inondés des pieds à la tête et transis jusqu’aux os, nos braves n’admettaient pas que leur tâche fût sitôt finie. (D’autres bateaux se trouvaient, en effet, au large, sur le sort desquels, en raison de l’état presque impraticable de la passe, des craintes étaient à concevoir.) Ces craintes, les événements ne se chargeaient que trop d’en démontrer le bien fondé. Des cris, perceptibles même de terre, s’élevaient vers 1 heure, marquant pour nos intrépides sauveteurs le moment d’un dévouement nouveau. Un autre canot de St-Guénolé, la Ste Anne, patron Durand, venait de sombrer sous voiles, à une faible distance du théâtre du premier sinistre, et à un endroit, si possible, plus dangereux encore – en pleins brisants. C’est en cette circonstance émouvante que l’habileté, le courage devaient, de plus en plus, s’affirmer. Ayant davantage, cette fois, à procéder à un sauvetage difficile, comme à parer, en un endroit peu profond et sillonné de pointes de roches, tant à leur propre sécurité qu’à celle du merveilleux bateau qu’ils montent, nos hommes – patron, équipage – font à qui mieux mieux assaut d’habileté et d’héroïsme : C’est un hasard, aussi bien au dire des naufragés stupéfaits qu’à celui des nombreux initiés, c’est un hasard qu’un tel sauvetage ait pu s’opérer avec un tel bonheur. En résumé, 16 hommes sauvés – 8 de chaque canot – tel est le bilan de cette nouvelle et mémorable nuit du 23/24 février 1894. Cela, grâce à un patron, à un sous-patron dont la Société centrale et le Comité local ont le droit d’être fiers (on peut le proclamer sans relâche) et à un équipage héroïque et discipliné entre tous ! Et, spécialement, l’exploit d’Auffret est d’autant plus méritoire que ce brave, presque au moment de l’accomplir, était malade et alité. « Je dois l’exemple », a-t-il dit simplement, las des objections qui lui ont été opposées. L’exemple, il le donnait tout récemment encore (le vendredi 9 du courant) en se précipitant dans une plate et se jetant ensuite et jusqu’au coup à l’eau pour concourir, l’un des premiers, au sauvetage du canot Charlemagne projeté sur les rochers de la passe S.- O. de notre port.
Le Vice-Président Rondeau, Le Président, Dupouy
P.S. – La présence près de la passe du bateau sauveteur et les indications de son équipage ont, de plus, contribué à sauver d’autres bateaux, dont un surtout allait être brisé.
Le canot était monté par : Auffret (Louis(2)), patron ; Riou (Jean), sous-patron ; Tanneau (Pierre), brigadier ; les canotiers : Tanniou (François), Cloarec (Guillaume), Le Pape (Pierre), Hélias (Sylvestre), Tanneau (Nonna), Stéphant(3) (Vincent), et les volontaires : Berrou (Guillaume), Biger (Jacques) et Cosquéric (Jean).
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Louis-Napoléon
(3) Stéphan
Rapport sur les services rendus le 24 avril 1894
Assistance à une chaloupe de Saint-Guénolé, patron Jégou Jean-Marie et secours aux chaloupes de pêche La Chérie de l’Océan, de Saint-Guénolé, et Félix, de Douarnenez, en détresse dans l’anse de la Torche.
Dix-huit marins sauvés.
24 avril – Ainsi que le Comité a eu l’honneur d’en informer télégraphiquement la Société Centrale, une nouvelle sortie de son canot a eu lieu ce matin, à 6 heures 10. Cette sortie lui semblait commandée par l’état de la passe, état à ce moment tellement empiré, que toute entrée devenait impossible. En effet, une nouvelle tentative d’accès était infructueuse, et il ne restait qu’au bateau qui osa la tenter – une chaloupe de Saint-Guénolé, patron Jégou (Jean-Marie) – que la ressource suprême d’aller se mettre au plein à la grève de Porto-Jean. Ce qu’elle parvint néanmoins à faire, sans perte d’hommes. C’est au secours de ce bateau que couraient à tout hasard les sauveteurs, quand ils en rencontrèrent deux autres, visiblement plus en danger encore. Le premier de ceux-ci, un canot de Saint-Guénolé, La Chérie de l’Océan, patron Jégou-Yannou, 8 hommes d’équipage, déjà désemparé en partie, ne naviguait plus. Son équipage, après l’avoir tant bien que mal mouillé à l’endroit de l’anse de la Torche où il put parvenir (endroit des plus exposés et de tenue très difficile) l’abandonnait d’un commun accord, pour accepter l’offre des sauveteurs de le débarquer au point le plus propice de la côte, opération, qui du reste, réussit pleinement. Débarrassés de ce premier bateau, les sauveteurs s’élançaient au secours de l’autre, visiblement étranger au pays, d’autant plus exposé par conséquent, et auquel, comprenant un péril certain, ils avaient fait des signaux répétés d’attente. Ce bateau se trouvait être le Félix, chaloupe de Douarnenez, patron Quérinnec (Joseph), 10 hommes d’équipage. Après l’avoir rejoint et guidé jusqu’au mouillage le plus sûr de l’anse, les sauveteurs en transbordaient l’équipage, qu’ils débarquaient sans accident, sinon sans péril, au point le plus accessible de la plage. Ce double acte de dévouement des sauveteurs est d’autant plus méritoire, qu’arrivant de la pêche et chassés par la tempête, ils avaient eu, eux aussi, à lutter contre les éléments. Quoiqu’il en soit et heureux d’avoir réussi, nos braves canotiers se trouvaient amplement récompensés par le sentiment du devoir accompli et les témoignages non équivoques d’admiration et de reconnaissance qui leur arrivaient de toute part.
Veuillez, etc., etc.
Le Président du Comité, Aug. Dupouy
P.S. – Le bateau a été remisé ce matin 9 heures 45 par voie de terre, la seule en ce moment praticable.
Armaient le canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(1)), patron ; Riou (Jean), sous-patron ; Tanneau (Pierre) brigadier ; Hélias (Alain), Jégou (Joseph), Biger (Jean-Corentin),Kervarec(Jean-Marie), Tanniou (François), Tanneau (Guillaume), Stéphan (Vincent), Le Donge (Jean), Hélias (Louis) et Tanneau (Guillaume) canotiers.
(1) Louis-Napoléon
Rapport sur les services rendus le 21 janvier 1895
Assistance à un vapeur inconnu en zone dangereuse.
Equipage de Maman Poydenot non mentionné.
La nuit déjà complète, on vit de terre le feu rouge d’un vapeur paraissant courir le cap au sud et approcher la zone dangereuse des brisants. Le canot Maman Poydenot fut aussitôt armé, et gouverna sur le feu dont les changements indiquaient que le navire faisait machine en arrière à grande vitesse. Peu après le feu disparut, sans qu’on en aperçut aucun autre. Les sauveteurs ne pouvant s’expliquer ce fait par un changement de route, car ils auraient dû voir les autres feux, craignirent que le vapeur n’ait été englouti et restèrent sur les lieux jusqu’à 10 heures du soir, mais n’ayant à ce moment rencontré aucun débris et entendu aucun appel, ils regagnèrent Saint-Guénolé. L’absence de toute épave a prouvé que le bâtiment aperçu avait réussi à s’éloigner après avoir reconnu qu’il faisait fausse route, et sans doute aussi était-il moins près de la côte qu’on ne l’avait pensé.
Rapport sur les services rendus le 30 août 1895
Assistance au canot de pêche Ingénieux dont les naufragés furent sauvés par le Saint Joseph.
Equipage de Maman Poydenot non mentionné.
Le 30 août, le canot Maman Poydenot a pris la mer pour se porter au secours du canot l’Ingénieux que la houle et un violent courant entraînaient sur les roches. A son arrivée, les naufragés avaient déjà été secourus par un bateau du pays, le Saint Joseph, patron Biger.
Rapport sur les services rendus le 7 décembre 1895
Assistance à un brick-goélette en difficulté.
Equipage de Maman Poydenot non mentionné, sauf le patron Auffret Louis-Napoléon.
Extrait du rapport de M. Aug. Dupouy, Président du Comité :
Le 7 décembre, alors que la tempête soufflait de l’ouest et que la mer était démontée, le signal fut donné que l’on voyait un brick-goélette dont les manœuvres incertaines laissaient supposer qu’il était en avaries graves. Le canot de sauvetage prit aussitôt la mer, sous la conduite de son brave patron Auffret(1), mais celui-ci vit bientôt le brick rectifier sa route et doubler les Penmarc’h ; il n’avait plus dès lors qu’à rentrer au port. Cette sortie, bien que sans résultats, a été des plus pénibles, à cause de l’état du temps.
(1) Auffret Louis-napoléon
Rapport sur les services rendus le 14 avril 1896
Recherche du bateau de pêche Saint Vio.
Six marins disparus.
Le 14 avril, vers minuit, par un temps très sombre et grand vent d’ouest, le patron Auffret(1), du canot de sauvetage Maman Poydenot, fut prévenu que l’on entendait des cris de détresse à l’entrée du port. Il rallia un équipage le plus vite qu’il put et prit le large sans tarder. Jusqu’à 5 heures du matin, la mer fut battue de tous les côtés, sans aucun succès malheureusement, et c’est le désespoir dans le cœur, que les canotiers revinrent à Saint-Guénolé. Le naufrage qui a fait faire cette sortie est celui du Saint Viau(2), patron Le Ley(3) (Noël), qui, revenant de la pêche, voulut donner dans le port malgré le mauvais temps et l’obscurité profonde, alors qu’il n’existe malheureusement aucun feu. Il aura sans doute touché sur une basse(4), et aura rapidement sombré. Aucun des six hommes qui le montaient, n’a été retrouvé ; c’est un grand deuil pour la population et nos sauveteurs sont inconsolables d’avoir été impuissants.
Le Président du Comité, Auguste Dupouy
Armement du canot : Auffret (Louis(5)), patron ; Jégou (Jean), Jégou (Joseph), Tanniou (Pierre-Jean), Stéphan (Isidore), Hélias (Jean-Louis), Le Pape (Pierre), Cloarec (Guillaume), Guéguen (Alain), Calvez (Jean-Marie), Stéphan (Jean), Autret (Daniel), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon
(2) Saint Vio
(3) Le Lay ?
(4) Fond rocheux situé à une faible profondeur
(5) Louis-Napoléon
Rapport sur les services rendus le 26 mars 1897
Secours au trois-mâts-goélette Sancta Maria, de Dunkerque. Intervention sumultanée de la seconde bordée de Maman Poydenot par voie terrestre.
Les huit marins sauvés.
Monsieur le Président,
Ce matin vers 6 h. 30, informé qu’un voilier d’un assez fort tonnage se trouvait à la côte en pleins brisants de Tréguennec (baie d’Audierne), notre patron Auffret(1) après avoir rassemblé ses hommes, se porta en hâte à son secours. Grâce à la célérité déployée et aussi à l’existence de vents portants de S.S.O., notre canot malgré la distance à parcourir (environ 4 milles), arrivait à peine une heure après à proximité du navire naufragé, qui se trouvait coulé, par fond de 6 à 7 brasses(2), à environ deux encablures(3) de la plage, l’étrave face au large et dont la mâture, garnie de ses voiles déjà déchiquetées, émergeait seule. Tout brisait à l’entour et les difficultés de l’accostage étaient grandes : tellement grandes même, qu’il ne fallait pas moins pour les affronter, que le sentiment impérieux du devoir, qui s’alliait, ici, à une pitié immense. Des cris d’appel se percevaient en effet, qui étaient ceux d’hommes réfugiés en groupes sur le même mât, celui de misaine. Bien des tentatives d’accéder furent faites. Les premières devaient être vaines, refoulées qu’elles se trouvaient, à tout bout de champ par des lames énormes. Ce ne fut – abrégeons ! – qu’après trois quarts d’heure d’efforts presque surhumains – trois siècles ! – que les plus tenaces des sauveteurs, certes, parvinrent à arracher à la mort à laquelle ils semblaient voués, les huit hommes formant l’équipage du navire submergé. Grand était, en effet, l’état d’épuisement de la plupart de ces hommes qui luttaient déjà ballottés et transis, depuis près de 5 heures et dont deux – le capitaine entre autres – tout à fait à bout de forces, tombèrent à l’eau, en essayant de s’affaler par le beaupré. En arrivant à terre, les naufragés, tout grelottants encore, ont trouvé de la part de tous, notamment dans la famille du digne Auffret (où la charité s’allie visiblement au courage) les soins les plus dévoués et les plus entendus. J’ai le devoir, quoi qu’en pensent et disent leurs trop modestes auteurs, de porter également ces faits à votre connaissance, Monsieur le Président, d’autant que je suis incité par un capitaine et un équipage émus et profondément reconnaissants.
Veuillez, etc., etc.
Le Président du Comité local. A. Dupouy
P.-S.- J’ajouterai :
1 - Qu’en raison du lieu du sinistre et de sa proximité avec la plage, la seconde escouade du canot, forcément restée à terre, s’est, sous la conduite du sous-patron Riou(4), spontanément transportée si distante qu’elle fût du terrain de Tréguennec et chargée de tous les engins et cordages possibles, à l’endroit où elle pouvait supposer que ses services pussent être utiles ;
2 - Que presque par le travers de Porz-carn(5) (un demi-mille au-delà de Saint-Guénolé), notre canot, en revenant, à rencontré celui de la station voisine de Kérity, qui, le sauvetage se trouvant opéré, est revenu avec lui.
NOTA. – Le navire perdu est le trois-mâts-goélette Sancta-Maria, du port de Dunkerque, armateur M. Boon, jaugeant 214 tonneaux. (il était chargé de phosphates.)
Saint-Guénolé, 30 mars 1897
Monsieur le Président,
Une petite rectification à mon rapport du 26. En parlant du navire coulé je dis, par un lapsus « l’étrave face au large » c’est face à terre que j’aurais dû écrire. Sur la vue du péril, qui ne lui apparut que lorsqu’il le touchait presque, le capitaine avait bien commandé de virer, mais l’opération ne pu complètement se faire et le navire, après avoir talonné, reprit sa direction première vers la terre. Aujourd’hui encore, j’ai eu, en même temps que d’autres personnes (un courtier, le brigadier des douanes), le plaisir d’entendre de la bouche du capitaine, un nouvel hommage de notre merveilleux bateau, de son patron et de ses canotiers : « Nous avons bien vu le canot arriver, mais jamais, avais-je dit à mes hommes – qui partageaient d’ailleurs mon opinion – jamais il ne pourra nous accoster. Et ce n’est que par un prodige d’habileté dont nous ne sommes pas encore revenus qu’il a pu arriver à le faire. » « Que veux-tu ! » - avait d’ailleurs déclaré à l’un de ses canotiers, le brave Auffret qui, malgré le danger, conservait tout son sang-froid – « Que veux-tu ! il faut les sauver ou rester avec eux ! » Les deux canots du trois-mâts naufragé (j’avais encore omis de vous le dire) furent brisés par la première masse d’eau déferlant sur le pont. C’est même à cette circonstance, en apparence fâcheuse, que l’équipage a dû d’abord la vie, car jamais en pareils brisants qui atteignaient la vergue de misaine, ils n’auraient pu se sauver.
Veuillez, etc., etc.
Le Président du Comité local. A. Dupouy
Armement du Maman Poydenot : Auffret (Louis(6)), patron ; Tanneau (Pierre), brigadier ; Tanneau (Thomas), Baltez (Vincent), Cloarec (Guillaume), Le Donge (Jean), Jégou (Jean), Briec (Pierre), Cornec (Michel), Biger (Jean), Hélias (Alain), Kervarec (Jean(7)), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Brasse : 1,66 mètre
(3) Encablure : 120 brasses, soit environ 200 mètres
(4) Riou Jean
(5) Porzh Carn ou Pors Carn
(6) Louis-Napoléon
(7) Jean-Marie
Rapports sur les services rendus les 21 et 24 septembre 1897
Secours aux chaloupes de pêche Joséphine, le 21 septembre, et Souvenir de Dieu, le 24 septembre.
Cinq rescapés (21 sept.) ; trois rescapés, deux disparus, une victime (24 sept.).
Extraits des rapports de M. Dupouy, Président du Comité :
La barque de pêche Joséphine, montée par 5 hommes, a chaviré par assez fort vent de N.-O., au commencement du jusant, sur le Men Stivion, dans la grande passe du port. Le canot de sauvetage Maman Poydenot, sous la conduite d’Auffret(1), et avec son armement ordinaire, s’est porté au secours de l’équipage, mais celui-ci, malgré la situation dangereuse dans laquelle le mettait l’état de la mer, avait, lors de son arrivée, réussi à atteindre la terre par ses propres moyens (21 septembre). Le 24, le canot fut de nouveau lancé sur l’avis qu’une chaloupe venait de sombrer en rentrant au port. Cette chaloupe, appelée le Souvenir de Dieu, était toute neuve, elle faisait sa première sortie et sa perte est un grand désastre. Elle était montée par 6 hommes : Biger, patron-propriétaire et ses deux fils ; Cossu(2), Terilly(3) et Le Pape. Biger et ses fils gagnèrent des roches d’où grâce au dévouement de plusieurs personnes du pays, ils purent parvenir au rivage ; Cossu(4) et Terilly(5) disparurent aussitôt et ne purent être secourus ; Le Pape fut recueilli par le canot de la Société, mais il avait reçu contre les roches des blessures si graves qu’il ne tarda pas à expirer. Après l’avoir déposé dans l’abri, le Maman Poydenot était revenu explorer le lieu du sinistre dans l’espoir de retrouver les deux disparus et il y resta jusqu’à une heure avancée de la nuit, mais ce fut en vain.
Armement du canot de Sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(6)), patron ; Kervarec (Jean-Marie), Le Drézen (Guillaume), Gloaguen (Guillaume), Baltès(7) (Vincent), Tanneau (Pierre), Le Pape (Pierre), Hélias (Jean-Marie), Jégou-Yannou (Jean), Jégou (Joseph), Briec (Pierre), Stéphan (Isidore), Riou (Sébastien), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon
(2) Cossec ?
(3) Tirilly ?
(4) Cossec ?
(5) Tirilly ?
(6) Louis-Napoléon
(7) Baltez Rapport sur les services rendus le 25 avril 1898
Assistance aux bateaux dans les passes du port de Saint-Guénolé. Secours dans l’anse de la Torche aux canots de pêche, patrons Sébastien Riou et Corentin Le Brun.
Treize marins sauvés.
Monsieur le Président,
En vous confirmant mes télégrammes de ce matin, j’ai l’honneur de vous informer de la nouvelle sortie que vient d’effectuer notre canot dans les circonstances suivantes. Une forte tempête de S.-S.-O. s’étant élevée en pleine nuit, et, des craintes étant à concevoir sur le sort de nombreuses barques de pêche non encore rentrées, le patron Auffret(1) aux aguets, comme toujours, rassemblant tous les éléments hommes, femmes, qui se trouvaient sous sa main, fit mettre préventivement et dès la pointe du jour, le canot à la mer. Ses craintes ne tardèrent pas à se justifier. On put voir, en effet, qu’après de vains efforts pour doubler l’île Norma(2) par le côté du large et dégager son point d’attache, un bateau de Saint-Pierre (port situé à deux milles du nôtre) essayait de rebrousser chemin. Franchissant alors la petite passe, notre canot se porta, à toute éventualité, à la rencontre du bateau en péril, lequel, trouvant une embellie en même temps que la certitude d’un secours, le cas échéant, et se risquant, dès lors, à reprendre sa première idée, s’engagea dans l’un des étroits et périlleux chenaux de l’Est de l’île, et qu’il put heureusement franchir. Du coup, le danger pour ce bateau (que nous sûmes être bientôt celui du nommé Carval) se trouvait écarté. En revenant, Auffret fit la rencontre d’un second bateau, celui-ci de Saint-Guénolé, patron Alain Le Floch, lequel fortement engagé dans l’étroit chenal de Groumilly et dans les brisants ou presque, naviguait à peine, sous sa seule misaine, dont tous les ris étaient pris. La plus mince avarie, la plus petite rupture et c’était la fin ! Heureusement que cela ne se produisit pas.(Auffret n’abandonnait du reste ce bateau qu’après l’avoir escorté et mis en sûreté dans notre port.) Mais il s’en fallait que, pour nos braves, tout fût terminé. Des signaux venant de terre leur indiquaient qu’une embarcation (peut-être plusieurs) se trouvait en péril, cette fois dans la direction du Nord. Franchissant à nouveau la passe, nos braves ne tardaient pas à apercevoir une barque de faible tonnage, à moitié désemparée, qui, après efforts vains pour gagner Saint-Guénolé, essayait de se diriger vers la Torche au risque de n’y pouvoir atterrir. C’est là que notre canot, qui s’était mis en devoir de la suivre, la rejoignit. A cet endroit, se trouvait déjà, mais en très mauvaise posture, presque sans possibilité d’accostage, à cause de son fort tirant d’eau, ainsi que de l’état de la mer et du vent en plein debout, et même sans aucune certitude de tenue, un autre canot, patron Sébastien Riou, du port de Saint-Guénolé, 8 hommes d’équipage, lequel équipage se hâtait d’invoquer l’aide du canot sauveteur. Il ne lui fit pas défaut : ce dernier, après avoir débarqué, non à terre, certes, mais aussi près de terre, à l’endroit périlleux, le moins profond, que son propre tirant d’eau lui avait permis d’atteindre, les 5 hommes, tous particulièrement exténués et à bout de force, du patron Corentin Le Brun, se hâta de venir prendre, pour le déposer à peu près au même endroit, l’équipage du patron Riou. Essaierai-je de vous dire, maintenant, monsieur le Président, la difficulté d’un lancement opéré par marée basse et sous une pluie battante, avec une assistance à première vue insuffisante (trente personnes au plus, dont la moitié était des femmes), le dévouement de ces braves gens, tous dans l’eau jusqu’aux aisselles, et de particulièrement vous peindre l’état des canotiers, ainsi mouillés et transis sept grandes heures ? Ils m’en voudraient de le tenter. Aussi bien, un réconfort n’est-il pas là pour eux, qui est le sentiment du devoir accompli ?
Veuillez, etc.
Le Président du Comité local, Dupouy.
Armement du Maman Poydenot : Auffret (Louis(3)), patron ; Jégou (Jean), Ballez(4) (Vincent), Cornec (Michel), Le Drézen (Guillaume), Le Rape(5) (Pierre), Tanneau (Thomas), Stéphan (Jean), canotiers ; Kersalé (Jean), Hélias (Jean-Louis), Cosquéric (Jean), Tirilly (Alain), canotiers supplémentaires.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Nonna
(3) Louis-Napoléon
(4) Baltez
(5) Le Pape |
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Rapport sur les services rendus le 31 octobre 1898
Secours au bateau de pêche n° 1660, patron Jacques Tanniou ; marins sauvés par deux chaloupes de Kérity.
Assistance aux bateaux rentrant au port.
Extrait du rapport de M. Dupouy, Président du Comité local
Monsieur le Président,
Ce matin vers 11 heures ½ le bateau de pêche n° 1660, patron Tanniou (Jacques), en voulant rentrer, sa pêche faite, au port de Saint-Guénolé, chargé par une lame, a sombré sous voiles, un peu en avant de la grande passe, à 100 mètres S.-O. environ de la roche dite Bass-du(1). Aux cris poussés par des témoins de l’accident, les canotiers disponibles, sous la conduite de leur patron Auffret(2), se hâtèrent de mettre leur embarcation à l’eau, opération dont la difficulté se trouvait considérablement accrue par l’état de la marée, presque complètement basse. Au moment où ils arrivaient à la passe, le sauvetage des naufragés venait d’être accompli par deux chaloupes de Kérity, qui, sous la protection du canot de sauvetage, purent pénétrer dans le port malgré les brisants qui commençaient à en obstruer l’entrée. Les lames déferlaient sur toutes les roches avoisinantes, sur celles mêmes qui n’affleurent pas aux plus basses mers, et il était visible que l’étroit chenal serait bientôt impraticable. C’est précisément ce qui donna l’idée à Auffret malgré le sauvetage pourtant accompli, de franchir de nouveau la passe et de se tenir à quelque 300 mètres au large, pour avertir les bateaux encore nombreux qui, pour la plupart, ignorant l’accident et l’état réel de la passe, se disposaient à la franchir. Aimant mieux prévenir qu’avoir à secourir, Auffret les engagea à faire les chenaux qui conduisent à la petite passe, avis que tous s’empressèrent, et avec raison, de suivre. Car la mer était devenue et resta démontée tout le temps que le canot se maintint dans ces parages – quatre grandes heures. Vers quatre heures donc, toutes les barques étant rentrées, le bateau s’en revint lui-même, après avoir, selon toute vraisemblance, empêché plus d’un sinistre.
Armement du canot de sauvetge Maman Poydenot : Auffret (Louis(3)), patron ; Tanneau (Pierre), Tanneau (Thomas), Gloaguen (Joseph), Le Corre (Jacques), Hélias (Louis), Briec (Pierre), Baltez (Vincent), Riou (Sébastien), Jégou (Jean), Sylvestre (Jean-Marie), Le Pape (Pierre), canotiers.
(1) Basse noire
(2) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(3) Louis-Napoléon
Rapport sur les services rendus les 27 et 28 janvier 1900
Assistance à un vapeur à deux mâts dans la baie d’Audierne.
Monsieur le Président,
Hier samedi, vers quatre heures et demie du soir et entre deux grains, nous aperçûmes, en pleine baie d’Audierne, par le travers de Plozévet et à une distance approximative de 3 milles de cette côte, un vapeur d’un assez fort tonnage qui semblait être à l’ancre. La présence si insolite d’un navire en pleine tempête et à un tel endroit étant un indice peu rassurant, nos canotiers, ralliés par Auffret(1), se mirent en devoir de courir à l’abri pour tenter de voler vers ceux qui leur paraissaient en péril. Malheureusement, nos braves sauveteurs avaient bien plus compté sur leur courage que sur l’état de la mer et des vents. Déjà retardés par les difficultés d’un lancement à marée basse et l’impossibilité de franchir la passe Nord, pour eux la plus directe, ils se trouvaient en pleine nuit dans l’étroit chenal de Groumilly, à l’extrémité duquel éléments et ténèbres combinés les mettaient si bien dans l’impossibilité d’avancer, qu’ils durent revenir et revinrent, non sans avoir dix fois manqué de chavirer. Momentanément impuissants, mais escomptant une accalmie, Auffret, en congédiant ses hommes leur recommanda d’être là au premier signal. Cette embellie survint vers cinq heures du matin. Bien avant l’aube donc, et cette fois pleins d’espoir, nos canotiers auxquels, sur sa demande, s’était joint un pilote de Kérity, M. Alexis Kerloch, effectuaient une deuxième sortie, en se dirigeant sur le point repéré de la veille et dans la direction duquel, et par intermittences un feu de navire avait été vu encore en pleine nuit. Ce feu, néanmoins, ne se distinguait plus. Après une navigation assez rapide, nos hommes aperçurent au petit jour, à environ un mille et demi en avant et babord à eux, un vapeur à deux mâts, de médiocre importance et en cap au S.S.O. presqu’immobile tant sa marche était lente et sur lequel ils se dirigèrent en hâte. Mais, à leur grande surprise, ce vapeur modifiant alors sa route, fit cap au Sud-Est, c’est-à-dire sur la pointe de Penmarch(2) et derrière laquelle, -trois heures après,- il finit par disparaître. L’inutilité de leurs efforts leur étant ainsi démontrée, nos canotiers, rebroussant chemin, atteignirent le port vers les huit heures et demie. Une heure après, le canot réintégrait l’abri sans accidents, ni avaries. Avant de clore, Monsieur le Président, je tiens à établir : 1) Que, flairant un danger très sérieux et une quasi impossibilité de sauver par les moyens de son seul canot un équipage peut-être nombreux, le Comité en adressant à la Société Centrale son premier télégramme, envoyait en même temps à la station de Kérity, un exprès pour solliciter son secours ; 2) Qu’en vue d’un échouage sur la côte, toutes les mesures étaient prises, sur l’inspiration d’Auffret, pour porter, au moyen de la deuxième escouade et avec cordages et bouées, secours, par terre, aux naufragés.
Veuillez agréer, etc.
Le Président du Comité local, Dupouy.
Armement du canot « Maman Poydenot » Auffret (Louis(3), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Kervarec (Jean-Marie), Tanneau (Thomas), Drézen(4) (Guillaume), Le Corre (Jacques), Baltez (Vincent), Le Floch (Alain), Hélias (Louis), Tanniou (François), Cornec (Michel), Hélias (Alain), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Penmarc’h
(3) Louis-Napoléon
(4) Le Drézen
Rapport sur les services rendus le 6 août 1900
Secours au canot de pêche Bernadette, n° 377, de Douarnenez.
Le patron Le Gall Emile et ses deux fils (onze et huit ans) sauvés.
Monsieur le Président,
Dans l’après-midi d’hier, lundi 6 août, les canotiers de notre station ont accompli l’émouvant sauvetage dont je vous relate ici les circonstances : Vers deux heures trente, la mer se trouvait très houleuse sous l’action d’une violente tempête d’O.-S.-O., et les chaloupes, par crainte du temps, étaient rentrées au port, quand Auffret(1) et quelques pêcheurs, qui rôdaient le long de la grève pour s’assurer qu’il ne restait pas de canot en baie, en aperçurent un à environ un mille de la côte. Il s’efforçait de gagner le port, mais n’y pouvait entrer de sa bordée. C’était un canot de Douarnenez, le Bernadette n° 377, de 13 pieds, avec un équipage composé d’Emile Le Gall, patron, et de ses deux fils, âgés l’un de onze ans, l’autre de huit à peine (le dernier n’y était qu’accidentellement). Le canot s’était attardé à la pêche des maquereaux à la ligne. Il avait des ris amarrés à son unique voile, qu’il dut bientôt amener au grain. Il dérivait vers les roches. C’est alors qu’Auffret se décida à mettre à l’eau le canot de sauvetage. Il était environ trois heures. Cependant la barque en détresse avait hissé de nouveau sa voile et s’approchait rapidement du port, mais trop sous le vent pour y entrer, et dans une mer où elle semblait disparaître à tout moment. Une foule de marins, de femmes et de touristes, s’était portée sur la falaise et suivait les péripéties du drame. Péniblement, le canot de sauvetage franchissait la passe qui brisait, presque à chaque lame, dans toute sa largeur. Une lame déferla sur lui avec violence et le fit reculer. Il allait aux avirons, le vent n’étant guère portant, et la mer trop agitée pour que la voile servit. La passe franchie, il prit un peu au large pour doubler les brisants de la Basse noire et des Pierres Borgnes ; cependant le bateau douarneniste, incapable, avec ses 4 ris, de gagner bord sur bord, s’approchait des roches à faire trembler, malgré les grands signes qu’on lui faisait de la côte et du canot. Ce fut seuleument à quelques mètres des « Pierres Borgnes » qu’après avoir manqué un virage au vent il put virer vent arrière, dans l’écume, et retourner vers la baie. La houle d’ailleurs était plus forte au large que sur les roches, et à peine plus saine, brisant parfois en dehors des bancs. Comme à environ trois cents mètres au large de la roche appelée Talifern, le canot de sauvetage rejoignait le douarneniste, une lame énorme creva sur lui, le lança en l’air et le roula (le canot de sauvetage) de sorte que du rivage on le crut chaviré. Trois avirons furent désarmés du coup. Le sauvetage fut rapide et habile, malgré les grandes difficultés de l’abordage par cette mer et ce vent furieux. Sur le conseil d’Auffret, Le Gall amena sa voile, mouilla son grappin, et amena le mât. Un cordage lui fut jeté et c’est ainsi qu’avec ses enfants il put embarquer à bord de la « Maman Poydenot ». La mer n’ayant cessé de grossir, Auffret jugea prudent de ne pas revenir par la grande passe, d’autant plus que le jusant en rétrécissait encore l’intermittent chenal. Il fit le grand tour, le long des Groumili(2) et par la petite passe. L’accostage eut lieu vers quatre heures vingt. Les marins étaient exténués et ruisselants. Le Gall et ses enfants, dont l’âiné s’était presque évanoui de peur, de fatigue et de froid, furent conduits chez Mme Auffret qui, à son ordinaire, s’empressa autour d’eux. Par ses soins et ceux du Vice-Président, M. Rondeau, de vigoureuses frictions à l’eau-de-vie camphrée ranimèrent les bambins transis. Chez Auffret, ils reçurent du linge, des vêtements, un lit et du vin chaud. Ce matin ils sont bien, et Le Gall a pu ramener au port sa barque, qui, par bonheur, avait pu tenir au mouillage, en se chargeant d’eau. Sans le secours de la « Maman Poydenot » les trois malheureux, découragés déjà, auraient sans doute péri dans l’impossibilité où était la barque de gagner bord sur bord, et dans l’ignorance relative où se trouvait Le Gall de ces dangereux parages que les marins du pays même, évitent d’affronter par des tempêtes semblables.
Veuillez agréer, etc.
Le Président du Comité local, Dupouy
Armement du canot « Maman Poydenot » Auffret (Louis(3)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Tanneau (Pierre), Le Corre (Jacques), Tanniou (François), Cornec (Michel), Hélias (Alain), Baltez (Vincent), Le Donge (Jean), Jégou (Joseph), Le Pape (Pierre), Le Lay (Pierre), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Groumilly
(3) Louis-Napoléon
Rapport sur les services rendus le 19 octobre 1901
Assistance au brick René par les trois canots de sauvetage de Penmarc’h.
Equipage sauvé par les douaniers de Plovan.
Dans la matinée du 19 octobre, par un gros temps de N.O. accompagné de grains de pluie, l’alarme fut donnée à la fois dans les trois stations avoisinant la pointe de Penmarc’h, qu’un brick avait fait naufrage dans la soirée précédente à Kermen sur la côte de Tréguennec, et que plusieurs naufragés avaient été recueillis dans les fermes du voisinage. Supposant que des marins se trouvaient encore sur l’épave, les canotiers prirent la mer et s’en approchèrent autant que le permettaient les brisants qui déferlaient avec fureur sur les récifs. Apprenant que les derniers survivants du naufrage, accrochés à la mâture, avaient été sauvés par les engins de va-et-vient organisés par les douaniers de Plovan, les trois canots après avoir acquis la certitude qu’aucun homme ne restait à sauver sur le « René » regagnèrent leurs stations respectives.
Equipages des canots(1) : Le « Maman Poydenot » (station de Saint-Guénolé) : Auffret (Louis(2)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Drézen(3) (Jean-Guillaume), Le Corre (Jacques), Hélias (Allain(4)), Le Pape (Pierre), Kervarrec(5) (Jean-Marie), Tanniou (François), Le Donge (Jacques), Larnicol (Jean), Rional(6) (Jean-Louis), Cossec (René), canotiers.
(1) Seul l’équipage du canot de Saint-Guénolé est ici mentionné (2) Louis-Napoléon
(3) Le Drézen
(4) Alain
(5) Kervarec
(6) Rioual
Rapport sur les services rendus le 13 novembre 1901
Assistance au brick-goélette morutier Saint Nicolas par les trois canots de sauvetage de Penmarc’h.
Le 13 novembre dans la matinée, les sémaphores de la côte de Penmarc’h signalèrent un navire en détresse et aussitôt les trois stations les plus voisines lancèrent leurs canots. Il faisait gros temps de N.-O. à grains, mer houleuse. Le canot de Kérity, plus rapproché que les deux autres, arriva le premier sur le lieu du sinistre, à un mille environ au sud-est du petit phare du Guilvinec et se trouva en face d’un brick-goélette morutier de Granville, le « Saint Nicolas », échoué sur un fond dur, depuis trois heures du matin. Grâce à d’habiles manœuvres opérées sous la direction d’un pilote du Guilvinec, le navire put se tirer par miracle de la situation dangereuse dans laquelle il se trouvait, en se frayant un chemin à travers une mer démontée, semée d’écueils. Les trois canots ne rentrèrent au port qu’après s’être assurés que le « Saint Nicolas » ne faisait pas d’eau et ne courait aucun danger.
Equipages des canots(1) : Le « Maman Poydenot » (station de Saint-Guénolé) : Auffret (Louis(2)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Hélias (Allain(3)), Briec (Pierre), Tanniou (François), Baltez (Vincent), Cornec (Michel), Le Corre (Jacques), Riou (Sébastien), le Pape (Corentin), Souron (Jean), Boënnec (Vincent), canotiers.
(1) Seul l’équipage du canot de Saint-Guénolé est ici mentionné
(2) Louis-Napoléon
(3) Alain
Rapport sur les services rendus le 16 décembre 1901
Secours au trois-mâts, de 3000 tonneaux, Prisia, de Bremen.
Equipage (vingt-deux marins) porté disparu.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous confirmer mon télégramme d’hier soir, vous informant de la sortie du canot. Il s’agissait de secourir un trois-mâts qui se voyait vaguement près de la pointe de Penmarc’h, malgré une pluie cinglante. A peine le second coup de canon tiré, le canot était à l’eau et partait sous la conduite du brave Tanneau(1), sous-patron, à défaut d’Auffret(2), malade et alité. Le navire lors de l’arrivée de nos braves , n’était plus qu’à une encâblure de l’îlot de Noma(3), sur lequel rempli d’eau d’ailleurs jusqu’aux bastingages et visiblement abandonné de son équipage, il ne tardait pas à s’échouer. Notre canot est rentré vers six heures quinze et il a été aussitôt réintégré à son abri.
Armement du canot de sauvetage « Maman Poydenot » : Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Drézen(4) (Guillaume), Le Floch (Allain(5)), Guéguen (Pierre), Cornec (Pierre), Guéguen (Allain(6)), Le Pape (Pierre-Allain(7)), Le Pape (Guillaume), Calvez (Ambroise), Volant (Pierre), Bescond (Yves), Lucas (Michel), matelots du canot de sauvetage.
Le Président du Comité local, Dupouy.
(1) Tanneau Guillaume
(2) Auffret Louis-Napoléon
(3) Nonna
(4) Le Drézen
(5) Alain
(6) Alain
(7) Pierre-Alain
Rapport sur les services rendus le 15 janvier 1903
Recherche d’un bateau de pêche, Notre Dame de Rumengol(1), entre Saint-Guénolé et Saint-Pierre.
Monsieur le Président,
Hier soir, vers sept heures, sur le signal du canon de Saint-Pierre, le patron Auffret(2) et une partie de ses canotiers s’empressaient de mettre le canot à l’eau. Au moment juste de cette opération, rendue difficile par une nuit des plus noires, arrivaient deux marins de Saint-Pierre. Des cris s’entendaient de terre, disaient-ils, provenant vraisemblablement de l’équipage d’un bateau de Saint-Pierre, parti le matin pour la pêche et non encore rentré. Malgré mes craintes d’arriver trop tard, crainte dont la légitimité ne tardait pas à devenir manifeste, le canot étant d’ailleurs à l’eau, nous ne pouvions hésiter. Il partit donc, se dirigeant sur Saint-Pierre. Mais malgré les plus minutieuses investigations poussées jusqu’à l’entrée même de ce port et dans tous les chenaux le séparant de l’île Nonna, nul autre bruit que celui de la mer furieuse, ne se faisant entendre, les canots des stations de kérity et de Saint-Pierre restant également invisibles. Le patron Auffret devant l’inutilité manifeste de plus longues recherches se décida à donner l’ordre de la rentrée, laquelle s’effectua à neuf heures quarante-cinq. Nos hommes déjà affaiblis par les privations arrivaient exténués et sans un fil de sec. Nous leur fîmes donner des réconfortants.
Veuillez agréer, etc., etc.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(3)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Tanneau (Pierre), brigadier ; Kervarec (Jean-Marie), brigadier(4) ; Baltez (Vincent), Le Floch (Allain(5)), Jégou (Jean), Guéguen (Pierre), Le Pape fils (François), Le Pape (Guillaume), Le Floch (Jean-Marie), canotiers.
Le Président du Comité local, Dupouy.
(1) Le nom du bateau a été retrouvé par recoupement avec le rapport de la station de Saint-Pierre
(2) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(3) Louis-Napoléon
(4) Deux brigadiers ?
(5) Alain
Rapport sur les services rendus le 1er février 1903
Assistance du canot à une chaloupe de pêche de Saint-Guénolé, patron Sébastien Riou, et recherche sur la côte, par trois escouades.
Monsieur le Président,
La tempête d’hier soir, déjà très marquée vers les six heures, prenait tout à coup une intensité telle qu’il devenait manifeste que la rentrée de deux de nos bateaux, encore dehors et pris d’ailleurs, par vent debout dans un chenal étroit, ne pouvait avoir lieu que par une sorte de miracle. Dans cette conjoncture, le devoir du Comité était tout tracé : courir au canot. Mais il y avait été devancé par Auffret(1), toujours aux aguets et que nous trouvions déjà à l’abri. Le lancement allait s’effectuer quand nous crûmes devoir y surseoir sur cette affirmation d’un assistant « qu’une voile s’entrevoyait vers la cale ». Nous y courûmes aussi. Une barque atterrissait : son patron, en nous contant ses propres difficultés et ses transes, nous informait qu’il venait de dépasser tout contre l’entrée, mais encore en dehors, une autre barque du port (patron Riou(2)), voiles à bas et en avaries très probablement, mais de laquelle en tous cas, ne lui était parvenue nulle demande d’un secours qu’à tout risque il aurait tenté de lui rendre. Entre temps et la chaloupe retardataire ne s’annonçant toujours pas, notre canot était parti à sa rencontre. Mais, le louvoyage par vent debout, dans un chenal de 120 mètres de long sur seulement 15 de large – tel celui qui était à franchir – lui étant d’ailleurs impossible. C’est en vain qu’Auffret avait cru compter sur ses avirons : là encore, en dépit des efforts – vingt fois renouvelés mais refoulés vingt fois – de poignets pourtant exercés et vigoureux, rien ne devait réagir contre la supériorité manifeste d’un vent et d’un courant du diable. - Les bras meurtris – le cœur davantage – nos braves durent reculer pour tout de bon, ce qu’ils ne firent qu’après quarante minutes de lutte. Toutefois, un grand espoir restait à ces braves gens, à la foule assemblée, à nous mêmes. Malgré la proximité apparente du lieu du sinistre, 200 mètres environ des sauveteurs, 500 mètres de terre, nul appel ne s’était fait entendre. Pour des oreilles exercées n’était-ce pas là un indice des plus fortifiants. Si désemparée que pu se trouver sa barque, le jeune Riou, patron avisé, s’il en fût, après ses tentatives infructueuses de rentrée, n’avait-il pu, se dégageant, songer à un échouage à la Torche, les vents étant bons pour cette direction, si la mer restait énorme. Mû par cette pensée, le Comité, n’avait pas manqué, en même temps que se lançait le canot, d’expédier à Porz-Carn(3) (pointe S. de la Torche – 1800 m de la station) une première escouade de coureurs munis de câbles, et de la faire suivre d’une seconde, à trente minutes d’intervalle. Et si, à vrai dire, les investigations infructueuses de toutes ces estaffettes, venaient une heure après diminuer notre espoir, elles ne suffisaient pas pour le détruire (à telles enseignes qu’une troisième colonne, organisée tôt après par le Comité et par lui conduite, avait la joie de rencontrer, en pleine baie, une barque brisée, il est vrai et déjà ensablée, mais un équipage sauf.) Toutefois il l’avait échappé belle. Surpris à la rentrée par une rafale énorme, les vergues de misaine cassées du coup, les voiles crevées, drossé contre les roches, à moitié rempli d’eau, il n’était plus resté à son patron d’autre ressource que de gagner la Torche. En raison des simples lambeaux de toiles dont disposait Riou, l’opération ne pouvait qu’être hasardeuse et longue. Elle faillit se terminer tragiquement, - l’embarcation ayant touché à l’extrême pointe de Porz-Carn ; mais de puissants efforts réunis l’amenaient au plein, sur la partie sablonneuse de l’anse où l’équipage put débarquer. Il était alors neuf heures. Moins d’une heure après la barque de Riou était disloquée par les brisants, énormes en cet endroit.
Veuillez agréer, etc., etc.
Le Président du Comité local, Dupouy.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(4)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Tanneau (Pierre), brigadier ; Kervarec-Riou(5) (Jean-Marie), brigadier(6) ; Tanneau (Thomas), Stéphan (Vincent), Biger (Corentin), Tanniou (François), Baltez (Vincent), Guéguen (Pierre), Hélias (Allain(7)), Cornec (Michel), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Riou Sébastien, pour toutes les occurrences
(3) Porzh Carn ou Pors Carn, pour toutes les occurrences
(4) Louis-Napoléon
(5) Kervarec
(6) Deux brigadiers
(7) Alain
Rapport sur les services rendus le 29 septembre 1903
Secours au bateau de pêche Saint Charles
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous informer que notre canot Maman Poydenot a été lancé le 29 septembre à 7 heures du matin pour aller au secours du bateau de pêche Saint Charles, qui était à la côte à la Torche. Malgré le peu de canotiers dont nous disposions, on fit mettre le canot à l’eau, mais le patron Auffret(1) qui se trouvait également à la pêche se fit mettre au plus vite à terre et arriva assez à temps pour prendre son commandement. Lorsqu’il fut en dehors de la passe, il aperçut un canot à la remorque d’un bateau de Guilvinec, le Saint Raphaël, patron Charlot, qui avait recueilli les naufragés. Auffret se décida à rentrer, voyant qu’il n’y avait rien à faire ; il était en ce moment 8 heures.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(2)), patron ; Kervarec (Jean-Marie), brigadier ; Stéphan (Isidore), Briec (Pierre), Hélias (Alain), Hélias (Nonna), Kervarec(3) (Jean-Marie), Tanter (Guillaume), Lantredou(4) (Jean), Pape(5) (Corentin), Stéphan (Paul), Coïc (Jean), matelots du canot de sauvetage.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité de sauvetage, Le Calvez.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Louis-Napoléon
(3) Kervarec (Jean-Marie), cité deux fois ?
(4) Lautrédou
(5) Le Pape
Rapport sur les services rendus le 5 novembre 1903
Secours à un bateau en détresse.
J’ai l’honneur de prévenir Monsieur le Président que notre canot est sorti hier pour porter secours à un bateau en détresse ; mais au moment où il arrivait sur le lieu du sinistre, l’équipage en danger venait d’être recueilli par le canot Dieu sauve les Pêcheurs, patron Loussouarn. Un des naufragés était blessé à la tête. Quand j’aurai fait mon enquête j’en signalerai le résultat à M. le Président, s’il y a lieu.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Stéphan (Isidore), canotier faisant fonction de patron ; Jegou(1) (Jean), brigadier ; Nedellac(2) (Henri), Tanter (Lao(3)), Durand (Jean), Jégou (Joseph), Kersalé (Jean), Barière(4) (Auguste), Stéphan (Nonna), Cossec (Pierre), Tannière(5) (Vincent), Cosquéric (Jean), aides-canotiers.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
(1) Jégou, pour toutes les occurrences
(2) Nédélec
(3) Lao ?
(4) Bariou
(5) Tanniou
Rapport sur les services rendus le 8 juillet 1904
Secours au bateau de pêche Marie.
Monsieur le Président,
Notre canot de sauvetage Maman Poydenot, dont j’ai eu l’honneur de vous signaler par télégramme la sortie, a été lancé à 2 h. 45 pour aller au secours du bateau de pêche Marie n° 2276 qui avait été complètement rempli dans la passe par une lame sourde. Quoique la mer fût basse, en moins de trois minutes, grâce au bon état du matériel et à l’activité du patron, des canotiers et riverains, le canot fut mis à l’eau ; mais arrivé à 100 mètres du bateau naufragé, le patron Auffret(1) vit l’équipage sauvé par le patron du bateau Maria et son équipage. Auffret, alors voyant le canot naufragé, seul gagne-pain du patron Loussouarn, aller à la dérive, le prit à la remorque et le fit échouer. Nous n’avons pas pu arriver à temps pour sauver l’équipage ; mais, malgré tout, nos braves canotiers ont montré, comme toujours d’ailleurs, un dévouement digne d’éloges.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis-Napoléon), patron ; Kervarec (Jean-Marie), brigadier ; Riou (Sébastien), Tanter (Pierre), Stéphan (Vincent), Stéphan (Nonna), Hélias (Jean), Boënnec (Vincent), Favre (Sébastien), Loussouarn (René), Durand (Jean), Bodéré (Jean), matelots du canot de sauvetage.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
Rapport sur les services rendus le 6 septembre 1904
Secours aux bateaux de pêche Volonté de Dieu et Saint Jean puis, assistance à d’autres chaloupes.
Un disparu ; cinq marins sauvés par deux bateaux de pêche ; six hommes sauvés par Maman Poydenot.
Equipage du canot de sauvetage non mentionné, sauf le patron Auffret Louis-Napoléon.
Dans la journée du 6 septembre, vers les 7 h. ¼ du matin, l’on prévint le patron Auffret(1), de notre station, qu’un bateau de pêche était en danger et venait de chavirer. Auffret se rend au plus vite à l’abri et fait sortir notre bateau Maman Poydenot. Le temps était beau, petite brise du Sud-Ouest, et mer démontée ; le canot, s’avançant péniblement dans la passe, put arriver sur le lieu du sinistre ; là, le patron sut que c’était le bateau de pêche Volonté de Dieu, n° 1651, de notre port, monté par six hommes d’équipage, dont le patron Le Lay (Isidore). Par bonheur le bateau Persévérance, patron Lelgouarch (Vincent) et son équipage, après mille difficultés avaient réussi à sauver trois hommes dans les brisants ; le bateau Dieu sauve les Pêcheurs, patron Loussouarn (René), avait pu également dans les mêmes circonstances en sauver deux ; malheureusement un père de famille manquait : c’était le nommé Le Corre (Jean-Marie), âgé de 31 ans, qui avait disparu. Ces braves pêcheurs sont dignes de tous éloges et se sont dévoués au risque de leur vie pour sauver leurs camarades. Aussitôt les naufragés à terre, nous leur fîmes donner les soins nécessaires. Le brave Auffret et ses canotiers fouillent partout dans les brisants pour chercher Le Corre au risque de se perdre eux-mêmes. Mais, hélas ! rien. Tout d’un coup des cris viennent à lui ; c’était le Saint Jean, n° 2050, patron Maréchal (Jean), monté par six hommes d’équipage, qui allait également se livrer à la pêche de la sardine, qui venait de chavirer complètement et de jeter dans les brisants les six hommes dont un matelot Guéguen (Jean) était blessé. Auffret et ses canotiers voyant cela, bravant tout danger, passant dans ces récifs, malgré la fureur de la mer, arrivent assez à temps pour sauver ces six malheureux ; il jette un bout de corde que le mousse saisit avec les dents et se tourne au cou ; les autres furent sauvés avec la gaffe et autres engins. Il était temps ; deux minutes plus tard, nous aurions eu à déplorer six victimes. Le sauvetage était très périlleux, car il fallait manœuvrer avec sang-froid et énergie pour tenir le bateau debout à la lame ; car si malheureusement une fausse manœuvre l’avait fait venir en travers, tout était perdu. Par bonheur, tout s’est bien passé et Auffret a ramené à terre les sauvés, auxquels nous avons fait donner des réconfortants. La passe devenant de plus en plus mauvaise, Auffret retourne au large, pour s’assurer s’il n’y avait pas d’autres bateaux dehors, et ne rentre qu’à 5 heures du soir. A peine accosté, une voile parut, faisant route sur le port ; Auffret repart vivement et était déjà rendu en dehors prêt à porter secours, mais ce bateau avait viré de bord. Nous connaissons déjà la valeur et la bravoure de nos canotiers et patron ; aussi nous sommes heureux de vous signaler encore ce haut fait, ainsi que les deux braves équipages cités plus haut.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
Rapport sur les services rendus le 27 septembre 1904
Secours au bateau de pêche n° 839 et assistance à cinq autres chaloupes, ces six bateaux de Douarnenez.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous informer que notre bateau Maman Poydenot a été lancé à 8 heures du soir le 27 courant, pour aller au secours d’un bateau de pêche de Douarnenez, n° 839 qui s’était échoué sur un rocher. La nuit était sombre et on ne savait dans quelle direction ni dans quelle situation se trouvait le bateau. Quand le Maman Poydenot arriva sur les lieux, le 839 avait pu être renfloué par ses propres moyens, n’ayant qu’une légère avarie à la quille. Par la même occasion, le bateau a pu piloter cinq autres pêcheurs de Douarnenez qui ne trouvaient pas l’entrée et risquaient d’aller dans les brisants.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(1)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Riou (Sébastien), Stéphan (Isidore), Durand (Louis), Souron (François), Hélias (Jules), Le Coz (Corentin), Loussouarn (Alain), Tanneau (Pierre-Marie), Barriou(2) (Pierre-Jean), Biger (Jacques fils), canotiers.
(1) Louis-Napoléon
(2) Bariou
Rapport sur les services rendus le 22 octobre 1904
Assistance à plus de cent bateaux de pêche rentrant au port de Saint-Guénolé.
Monsieur le Président,
Samedi 22 octobre vers 6 heures du soir, notre brave patron Auffret(1), qui est toujours de veille, vint nous prévenir que la passe était impraticable, que la mer baissait et qu’il n’y aurait plus bientôt assez d’eau pour entrer par la petite passe. Plus de 100 bateaux se trouvaient encore dehors avec leur pêche et cherchaient à gagner notre port. Après nous être consultés, il fut décidé de lancer immédiatement le canot de sauvetage Maman Poydenot pour aller, en dehors de la passe, les prévenir de ne pas rentrer et être sur les lieux en cas d’accident. Le canot resta au large jusqu’à 11 h. ½ du soir et accompagna le dernier bateau. La mer ayant monté, le patron se décida à rentrer. Grâce à cette initiative, nous n’avons pas eu de malheurs à déplorer. Le patron Auffret, après avoir mouillé son canot, y est resté jusqu’au lendemain matin, moment où ce dernier put être remis dans son abri.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(2)), patron ; Tanneau (Pierre) sous-patron ; Tanniou (François), Drézen(3) (Guillaume), Gloaguen (Guillaume), Hélias (Alain), Riou (Bastien(4)), Durand (Alain), Stéphan (Vincent), Kersalé (Yves), Tirilly (Alain), Donge(5) (Jean), canotiers.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Louis-Napoléon
(3) Le Drézen
(4) Sébastien
(5) Le Donge
Rapport sur les services rendus le 24 octobre 1904
Secours à une chaloupe en difficulté puis, assistance aux bateaux rentrant au port de Saint-Guénolé.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous adresser un rapport sur la sortie de notre canot Maman Poydenot. Dans la soirée du 24 courant, le temps devint très brumeux et le ciel si noir qu’on n’y voyait plus du tout. Plusieurs bateaux se trouvaient encore au large, le patron Auffret(1), comme toujours, était sur le qui-vive. Vers les 6 h. 1/2 , on entendit des cris, et une rumeur se répandit qu’un bateau était en danger. Le canot fut lancé au plus vite ; une chaloupe dont on ignore le nom avait touché une roche et s’était renflouée par ses propres moyens. Auffret vint alors se mettre en faction à l’entrée de la passe, qui était encore grosse et il fit bien, car dans la brume, l’équipage entendant parler fit force de rames dans la direction des voix et arriva juste à temps pour arrêter un bateau de Concarneau qui allait donner dans les brisants. Nous sommes forcés de veiller constamment ayant une grande quantité de bateaux étrangers chez nous et qui ne connaissent pas la passe si dangereuse de Saint-Guénolé.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(2)), patron ; Riou (Bastien(3)), brigadier ; Gloaguen (Jean-Guillaume), Le Pape (Pierre), Hélias (Alain), canotiers ; Bescond (Yves), Morzadec (Pierre), Kersalé (Yves), Coïc (Jean), Souron (Joseph), Le Floch (Nonna), Souron (Pierre), volontaires.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Louis-Napoléon
(3) Sébastien
Rapport sur les services rendus le 26 février 1905
Secours au bateau de pêche Alexandre.
Retour du canot par terre au moyen d’un attelage de six chevaux..
Monsieur le Président,
Hier 26 février, vers les 8 heures du matin, le patron Auffret(1), comme toujours en veille, vit un bateau de pêche recevoir un tel paquet de mer qu’il eut sa misaine défoncée. N’étant plus maître de ses manœuvres, ce dernier se dirigea sur la baie de la Torche. Voyant le danger, Auffret courut immédiatement lancer le bateau. La barre était extrêmement mauvaise et notre canot eut les plus grandes difficultés à la franchir ; il y réussit cependant, au prix des plus énergiques efforts de nos canotiers. Le bateau en détresse était l’Alexandre n° 1927 : bien que mouillé, il continuait à dériver vers la côte, son ancre n’ayant aucune tenue. Un des hommes embarqua dans le canot de sauvetage, les autres refusèrent de quitter leur bateau. Le retour du canot de sauvetage s’est effectué par terre, au moyen de six chevaux attelés au chariot, car la barre était devenue infranchissable.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
Armement du canot de sauvetage Maman Poydenot : Auffret (Louis(2)), patron ; Tanneau (Guillaume), sous-patron ; Tanniou (François), Ballez(3) (Vincent), Durand (Alain), Donge(4) (Jean), Cornec (Michel), Jégou (Joseph), Tanneau (Thomas), Hélias (Alain), Jégou (Jean), Biger (Jean-Correntin(5)), matelots du canot de sauvetage.
(1) Auffret Louis-Napoléon, pour toutes les occurrences
(2) Louis-Napoléon
(3) Baltez
(4) Le Donge
(5) Jean-Corentin
Rapport sur les services rendus le 14 septembre 1906
Assistance aux bateaux de pêche rentrant au port de Saint-Guénolé et secours aux chaloupes Saint Nicolas et Aventure de Guilvinec.
Equipage de Maman Poydenot non mentionné.
Monsieur le Président,
Le 14 septembre, vers 6 heures et demie du matin, deux bateaux furent remplis par une lame et coulèrent. Les équipages jetés dans les brisants du chenal de Gourmilly(1) doivent la vie à l’assistance d’un groupe de bateaux de pêche qui se sont réellement dévoués. Les bateaux coulés sont le Saint Nicolas n° 2203, de Guilvinec, patron Prat (Jean), et Aventure, de Guilvinec, patron Monfort (Pierre-Jean). Les hommes sauvés sont au nombre de sept. Les bateaux sauveteurs sont : Boer n° 2429, patron Kerloch (Yves-Joseph), patron du canot de Saint-Pierre et ses 5 hommes. Saint Nonna n° 1579, patron Le Floch (Nonna) et ses 5 hommes d’équipage. Espérance n° 2165, patron Le Roux (Vincent) et ses 6 hommes d’équipage. Adolphe Augustine n° 1850, patron Tanneau Thomas et ses 5 hommes d’équipage. La Biche n° 2204, patron Canévet (René) et ses 5 hommes d’équipage. Marie Augustine n° 1797, patron Tanniou (Alain) et ses 5 hommes d’équipage. (Ce dernier, paraît-il, a été plus exposé que les autres.) Notre canot est arrivé trois minutes trop tard, comme je l’ai indiqué dans l’autre rapport ; il était en surveillance à l’entrée de la grande passe. J’ai félicité tous ces gens en votre nom et en mon nom personnel, et ai avisé l’autorité supérieure maritime.
Le Syndic des Gens de mer, Secrétaire du Comité local, Le Calvez.
(1) Groumilly
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